Yvette Roudy(1929 — ?)
Yvette Roudy
France
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Femme politique française, militante féministe et première ministre des Droits de la femme (1981-1986) sous François Mitterrand. Elle a fait voter la loi contre le sexisme et renforcé la loi Veil sur l'avortement.
Citations célèbres
« La liberté des femmes est la condition de la liberté de tous. »
Faits marquants
- 1981 : nommée première ministre des Droits de la femme de l'histoire de France par François Mitterrand
- 1983 : fait adopter la loi Roudy sur l'égalité professionnelle entre hommes et femmes
- 1985 : fait adopter une loi contre le sexisme dans la publicité
- Traductrice de Betty Friedan (La Femme mystifiée) en français dès 1964
- Députée européenne et maire d'Lisieux, poursuivant son engagement politique au-delà de son ministère
Œuvres & réalisations
Première traduction française du texte fondateur du féminisme américain de la deuxième vague ; cette initiative contribue à diffuser en France les idées sur l'émancipation des femmes et constitue le point de départ de l'engagement public d'Yvette Roudy.
Mesure législative portée par Yvette Roudy permettant aux femmes sans ressources d'accéder à l'avortement légal sans frais ; extension décisive et sociale de la loi Veil de 1975.
Texte législatif majeur obligeant les entreprises à négocier des plans d'égalité femmes-hommes ; première loi française imposant des obligations concrètes aux employeurs en matière d'égalité salariale et d'accès aux postes de responsabilité.
Récit autobiographique dans lequel Roudy revient sur ses années au gouvernement, ses combats féministes et les résistances rencontrées, y compris au sein de la gauche socialiste.
Ouvrage dans lequel Yvette Roudy dresse un bilan critique de l'inaction politique sur les droits des femmes après les années Mitterrand et appelle à un renouveau du féminisme institutionnel.
Anecdotes
En 1964, Yvette Roudy traduit en français 'La Femme mystifiée' de l'Américaine Betty Friedan, un ouvrage qui analyse comment la société confine les femmes au foyer. Cette traduction, peu connue à l'époque, contribue à éveiller les consciences féministes en France et amorce l'engagement politique de Roudy.
Le 22 mai 1981, François Mitterrand nomme Yvette Roudy ministre déléguée aux Droits de la femme, une première dans l'histoire de la Ve République : jamais un gouvernement français n'avait consacré un ministère entier à la condition féminine. Roudy confie plus tard qu'elle a failli refuser le poste, estimant ses marges d'action trop étroites dans un gouvernement majoritairement masculin.
En 1982, Yvette Roudy obtient le remboursement de l'avortement par la Sécurité sociale, une avancée que la loi Veil de 1975 n'avait pas prévue. Des milliers de femmes défavorisées peuvent dès lors exercer leur droit à l'IVG sans contrainte financière, ce que Roudy considère comme sa victoire la plus concrète.
En 1983, Yvette Roudy propose un projet de loi contre le sexisme, calqué sur la loi Pleven de 1972 contre le racisme. Le texte déclenche une levée de boucliers dans la presse satirique, les milieux publicitaires et même chez certains socialistes. La loi est finalement abandonnée, mais le débat qu'elle suscite sensibilise durablement l'opinion publique à la discrimination fondée sur le sexe.
Après avoir quitté le gouvernement en 1986, Yvette Roudy reste engagée sur le terrain et devient maire de Lisieux (Calvados) en 2001, à 72 ans. Elle y exerce son mandat jusqu'en 2014, prouvant qu'un engagement féministe et politique peut durer toute une vie.
Sources primaires
Les employeurs et les représentants du personnel sont tenus d'engager chaque année une négociation sur les objectifs d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans l'entreprise, ainsi que sur les mesures permettant de les atteindre.
J'ai été ministre des Droits de la femme dans un gouvernement socialiste. J'avais pensé que les hommes de gauche seraient mes alliés naturels. J'ai découvert que le sexisme ne connaissait pas les frontières politiques.
Il ne s'agit pas de donner des droits supplémentaires aux femmes, il s'agit de faire respecter les droits qu'elles ont déjà et que la réalité économique continue de leur refuser.
L'interruption volontaire de grossesse est prise en charge par les caisses d'assurance maladie dans les conditions définies par voie réglementaire.
Lieux clés
Ville natale d'Yvette Roudy, née le 10 mars 1929. Son origine dans une famille modeste de la banlieue bordelaise forge son ancrage à gauche et sa sensibilité aux inégalités sociales et de genre.
Lieu de travail d'Yvette Roudy de 1981 à 1986, premier ministère entièrement dédié à la condition féminine en France ; c'est depuis ce bureau qu'elle pilote la loi sur l'égalité professionnelle et le remboursement de l'IVG.
Palais-Bourbon où Yvette Roudy siège comme députée socialiste et défend ses projets de loi ; c'est ici qu'elle affronte les oppositions les plus vives lors des débats sur l'égalité professionnelle et le sexisme.
Ville normande dont Yvette Roudy est élue maire en 2001 à l'âge de 72 ans. Elle y exerce son mandat jusqu'en 2014, incarnant la durabilité d'un engagement politique au service des citoyens.
Métropole proche de Pessac où Yvette Roudy effectue une partie de sa formation et commence à fréquenter les cercles militants de gauche dans l'après-guerre, avant de monter à Paris.
