Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Achille

par Charactorium · Achille · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Le soleil décline sur la plaine de Troie. Sous une tente vaste où brillent des armes de bronze, un guerrier au regard de braise aiguise sa lance. Il accepte de parler, lui que les Achéens nomment le plus rapide, le plus terrible — Achille, fils de Thétis.

Avant la guerre, avant Troie, qui vous a façonné en guerrier ?

Je suis né en Thessalie, à Phthie, du roi Pelée et de Thétis, la néréide aux pieds d'argent — une mère sortie des flots, un père mortel, et moi entre les deux, ni tout à fait homme, ni tout à fait dieu. Très jeune, on m'a confié au centaure Chiron, là-haut sur les pentes où l'on chasse le cerf à mains nues. Il m'a appris la lance avant la parole, le pansement des plaies avant les chansons, la lyre entre deux courses. Un centaure ne ment pas à l'enfant qu'il élève : il m'a dit que mon sang divin ne me dispensait de rien, qu'un demi-dieu doit gagner sa place parmi les hommes par ses actes. J'ai grandi à cheval sur cette vérité-là. Quand j'ai quitté la montagne pour les vaisseaux, je n'emportais pas l'orgueil d'un fils de déesse, mais la rudesse d'un élève de Chiron.

Un centaure ne ment pas à l'enfant qu'il élève.

On raconte que votre mère a tout tenté pour vous soustraire à cette guerre. Comment l'avez-vous vécu ?

Ma mère savait. Les néréides voient sous la surface des choses comme sous celle de la mer, et Thétis avait lu mon destin : une vie longue et obscure à Phthie, ou une vie brève couronnée de gloire devant Troie. Elle m'a caché, enfant, là où nul ne penserait chercher un guerrier. Mais on ne cache pas un feu sous un voile. Je voulais partir. Je le voulais comme on veut respirer. Une mère qui pleure d'avance la mort de son fils, et un fils qui court vers cette mort les yeux ouverts — voilà le premier combat que j'ai livré, et il n'a pas eu lieu sur un champ de bataille. J'ai choisi les vaisseaux. J'ai choisi le bronze et le sel. Thétis n'a pas pu me retenir ; elle a seulement obtenu des dieux que mon armure, quand viendrait l'heure, soit forgée par Héphaïstos lui-même.

On ne cache pas un feu sous un voile.

Parlons de votre querelle avec Agamemnon. Qu'est-ce qui vous a poussé à déposer les armes ?

Agamemnon se croyait roi de ma colère comme il était roi des rois. Il m'a pris Briséis, ma part d'honneur, la captive que mon bras avait gagnée. Comprenez-moi : ce n'était pas une femme qu'on m'arrachait, c'était ma timè, mon honneur rendu visible aux yeux de toute l'armée. Un guerrier sans honneur n'est qu'un boucher. J'ai donc retiré ma lance et mes Myrmidons du combat, et je suis resté sous ma tente pendant que les Troyens repoussaient les Achéens jusqu'aux navires. Qu'ils meurent, ai-je pensé, qu'ils sentent ce que coûte le mépris d'un seul homme. On me dira que j'ai laissé périr les miens par orgueil. Je réponds : sans l'honneur, pourquoi un homme accepterait-il de mourir loin de chez lui, sur une plage étrangère ? Ma colère, celle que les aèdes chantent encore, n'était pas un caprice. C'était le prix de ma dignité.

Un guerrier sans honneur n'est qu'un boucher.

Cette colère vous a coûté cher. Avec le recul, la regrettez-vous ?

On chante que ma colère fut funeste, qu'elle précipita aux Enfers tant de guerriers vaillants et laissa leurs corps en pâture aux chiens. C'est vrai. Mais regrette-t-on d'être ce que l'on est ? Je suis fait de cette flamme. Là où je nuance, c'est sur le prix : j'ai cru ne perdre que des Achéens anonymes, des hommes d'Agamemnon. Je me trompais. Ma colère a fini par me prendre l'être que j'aimais le plus, Patrocle, parti combattre sous mon armure parce que je refusais d'y aller moi-même. Voilà ce que j'ai compris trop tard : la rancune ne frappe pas seulement celui qu'elle vise. Elle revient, elle te trouve dans ton propre lit. Si je regrette quelque chose, ce n'est pas d'avoir tenu tête au roi. C'est d'avoir laissé mon ami payer ma querelle.

La rancune ne frappe pas seulement celui qu'elle vise. Elle revient, elle te trouve dans ton propre lit.

La mort de Patrocle vous ramène au combat. Que s'est-il passé en vous ce jour-là ?

Quand on m'a dit que Hector avait tué Patrocle et dépouillé mon armure de son cadavre, quelque chose s'est éteint et quelque chose s'est allumé. Je n'ai plus dormi. J'ai poussé un cri qui, dit-on, a fait reculer les Troyens sur le rempart. Plus de Briséis, plus d'Agamemnon, plus de querelle : il ne restait qu'un nom à effacer du monde. Héphaïstos, à la prière de ma mère, m'a forgé une armure nouvelle, un bouclier où tenait l'univers entier, les villes en paix et les villes en guerre. Je l'ai revêtue comme on revêt sa propre mort. Car je le savais — un oracle me l'avait dit : tuer Hector, c'est sceller ma fin prochaine. Je suis quand même monté sur mon char. La vengeance d'un ami vaut bien qu'on raccourcisse sa vie de quelques saisons.

Je l'ai revêtue comme on revêt sa propre mort.
Augustins - Portrait de femme - Achille Lauge (61 10 1)
Augustins - Portrait de femme - Achille Lauge (61 10 1)Wikimedia Commons, Public domain — Didier Descouens

Le duel contre Hector reste le sommet de l'Iliade. Comment décririez-vous cet affrontement ?

Il a couru. Hector, le rempart de Troie, le seul de leur sang qui valût le mien, a fui trois fois autour des murailles de sa propre ville avant de me faire face. Je ne lui en veux pas d'avoir couru : un homme sage flaire la mort. Mais le destin l'attendait là où il s'arrêterait. Nous nous sommes battus sous les yeux de son père sur les remparts, et ma lance a trouvé la gorge, le seul défaut de l'armure qu'il m'avait volée. Ensuite — je ne le cache pas — la fureur m'a tenu : j'ai attaché son corps à mon char et l'ai traîné dans la poussière autour de la cité. Les dieux m'ont blâmé pour cela. Mais ce jour-là, je ne cherchais ni leur approbation ni la mesure. Je cherchais le klèos, la gloire qui survit à l'homme, et le sang qui paie le sang.

Un homme sage flaire la mort.

À quoi ressemblait une journée ordinaire sous votre tente, loin du fracas des duels ?

Je me levais avec l'aube, avant même que le camp ne s'ébroue. Le corps d'un guerrier est son premier outil : course sur le sable, lance lancée et reprise cent fois, l'épée tournoyée jusqu'à ce que le bras brûle. Mes Myrmidons s'exerçaient avec moi, et souvent Patrocle à mon côté. L'après-midi appartenait au combat ou au butin. Mais le soir, sous la toile, c'était autre chose : la viande de bœuf grillée sur les braises, le vin coupé d'eau dans les coupes, et parfois un aède qui chantait les exploits des hommes d'autrefois. Étrange métier que d'écouter chanter la gloire des morts en sachant qu'on sera demain la matière d'un autre chant. Ma lance Xanthos reposait contre le mât, mon armure luisait dans l'ombre. Je dormais peu. Un homme qui a vu son destin a du mal à fermer les yeux.

Étrange métier que d'écouter chanter la gloire des morts en sachant qu'on en sera demain la matière.
Beaux-Arts de Carcassonne - Portrait de Madame Astre (1892) - Achille Laugé 198x133 Salon de 1894
Beaux-Arts de Carcassonne - Portrait de Madame Astre (1892) - Achille Laugé 198x133 Salon de 1894Wikimedia Commons, Public domain — Didier Descouens

Vos armes ne sont pas des objets comme les autres. Que représentent-elles pour vous ?

Mon armure n'est pas sortie d'une forge d'homme. C'est Héphaïstos, le dieu boiteux, qui a battu le bronze de mon bouclier, et il y a gravé le monde entier : la mer, les danses, les moissons, les procès sur la place publique. Je porte la paix des hommes ordinaires sur le bras avec lequel je fais la guerre — l'ironie ne m'échappe pas. Ma lance Xanthos ne se manie qu'à deux mains ; nul autre Achéen ne sait la lever. Le casque, les jambières, la cuirasse : tout cela pèse, et ce poids est une promesse. Quand un guerrier revêt des armes que les dieux ont touchées, il accepte un marché : protégé au-delà des autres, il devra aussi frapper au-delà des autres. On ne reçoit rien des Olympiens sans une dette. La mienne, je l'ai payée en sang, le mien comme celui des Troyens.

On ne reçoit rien des Olympiens sans une dette.

Tout le monde connaît votre talon. Comment vivez-vous avec ce seul point faible ?

Quand j'étais nourrisson, Thétis m'a plongé dans les eaux noires du Styx, le fleuve qui ceint le royaume des morts, pour me rendre invulnérable. Le bronze glisse sur ma peau, les flèches s'émoussent contre moi. Mais elle me tenait par le talon, et là, à l'endroit de sa main, l'eau n'a pas touché. Un seul point, large comme un doigt, où je reste mortel comme n'importe quel berger. Y penser ? Non. Un guerrier qui guette sa blessure a déjà perdu. Mais je sais ceci, que mon maître Chiron m'aurait approuvé de dire : il n'existe pas d'homme tout entier invincible. Les dieux veillent à laisser à chacun sa faille, fût-elle de la taille d'un talon. C'est leur façon de nous rappeler que nous sommes nés pour mourir, même nous, les fils des néréides.

Les dieux veillent à laisser à chacun sa faille, fût-elle de la taille d'un talon.

Vous saviez votre fin proche en venant ici. Que diriez-vous à ceux qui chanteront votre nom après vous ?

On me prédit une flèche. Pâris, le ravisseur d'Hélène, ce prince qui préfère l'arc au corps-à-corps, me frappera au talon — guidé, dit-on, par la main d'Apollon. Mourir ainsi, par le seul défaut de mon corps, après avoir terrassé Hector et la reine des Amazones Penthésilée : voilà le tour que me garde le destin. Je ne m'en plains pas. J'avais le choix entre vieillir oublié à Phthie et tomber jeune devant Troie en laissant un nom qui ne meurt pas. J'ai choisi le nom. Si l'on me chante encore quand mes os seront poussière, alors mon marché était bon. Que ceux qui m'évoqueront retiennent ceci : un héros n'est pas celui qui échappe à la mort, mais celui qui la regarde venir et avance quand même. Le reste — l'honneur, la colère, le talon — n'est que le chemin par lequel on y va.

Un héros n'est pas celui qui échappe à la mort, mais celui qui la regarde venir et avance quand même.
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Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Achille. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.