Dialogue imaginaire entre Oprah Winfrey et Aishwarya Rai
par Charactorium · Aishwarya Rai (1973 — ?) · Spectacle · 5 min de lecture

C'est dans un studio feutré de Chicago, sous les lumières chaudes d'un plateau de télévision, que Oprah Winfrey retrouve Aishwarya Rai en cette année 2005. Sur la table basse, une tasse de thé masala fume encore, et le sari de soie turquoise de l'actrice capte chaque reflet des projecteurs. Les deux femmes se connaissent : Oprah l'a présentée à son public américain comme la plus belle femme de la planète, et elle vient aujourd'hui chercher, derrière l'icône de Bollywood, la jeune fille de Mangalore. L'entretien s'ouvre comme une conversation entre deux femmes que le monde regarde.
—Aishwarya, avant d'être cette star que j'ai présentée à mon public, tu étudiais l'architecture. Comment cette couronne de 1994 a-t-elle tout bouleversé ?
Oprah, j'avais vingt et un ans et je dessinais des plans à ma table d'étudiante. Quand mon nom a résonné à Sun City, en Afrique du Sud, j'ai eu l'impression que le sol se dérobait. J'étais la cinquième Indienne à porter cette couronne de Miss Monde, et tu ne peux pas imaginer la vague qui a déferlé sur mon pays. Dès mon retour, des millions d'Indiens me regardaient comme si je portais leurs rêves. J'avais choisi cette scène pour parler d'éducation des femmes, de paix — et voilà que Bollywood ouvrait ses portes à une fille qui n'avait jamais rêvé du cinéma. Cette couronne n'était pas une fin, c'était un commencement que je n'avais pas prémédité.
Cette couronne n'était pas une fin, c'était un commencement que je n'avais pas prémédité.
—En 2002, tu es entrée dans le jury de Cannes, la première de Bollywood. Qu'as-tu ressenti en franchissant ce seuil ?
Le Palais des Festivals m'a intimidée comme aucun plateau ne l'avait fait. Siéger sous la présidence de David Lynch, à la cinquante-cinquième édition, c'était porter tout un cinéma sur mes épaules. Pendant des décennies, l'Occident avait regardé Bollywood de haut, comme un divertissement exotique et bruyant. Et soudain, on me demandait de juger le cinéma du monde entier. La même année, Devdas montait ces marches, et j'ai vu des visages français découvrir nos couleurs, notre démesure, nos émotions à fleur de peau. Toi qui connais le poids d'ouvrir une porte pour ceux qui viendront après, Oprah, tu comprends ce que cela signifiait. Je n'étais pas seulement une actrice invitée : j'étais une preuve que mon pays avait sa place à cette table.
Je n'étais pas seulement une actrice invitée : j'étais une preuve que mon pays avait sa place à cette table.
—Chez nous, on parle de rêve américain. Toi, tu incarnes autre chose. Comment Bollywood est-il devenu cette force qui rayonne bien au-delà de l'Inde ?
Tout est né de 1991, Oprah, quand l'Inde a ouvert ses marchés. Une classe moyenne immense a grandi, avide de rêves, et notre cinéma est devenu son miroir. Puis la diaspora indienne — à Londres, à New York, à Toronto — a emporté nos films dans ses valises. Dans les années deux mille, on voyait Bollywood partout, et je me suis retrouvée à en être un visage. Les gens appellent cela le soft power : une nation qui séduit sans jamais élever la voix, par ses chansons, ses couleurs, ses histoires d'amour. Je crois que nous racontons l'émotion sans pudeur, et le monde entier a soif de cela. Mon métier a cessé d'être seulement indien pour devenir un pont.
Une nation qui séduit sans jamais élever la voix, par ses chansons, ses couleurs, ses histoires d'amour.
—Nos téléspectateurs voient la magie à l'écran. Mais dis-moi, à quoi ressemble vraiment une journée de tournage à Mumbai ?
Elle commence avant l'aube, Oprah. Bien avant que le soleil ne touche la mer d'Arabie, je suis sur le plateau, et pendant des heures les maquilleurs et coiffeurs me transforment. Nos productions exigent un maquillage élaboré, presque un rituel. Ensuite viennent les longues séquences musicales, chorégraphiées, répétées vingt fois sous la chaleur. Je porte des saris de soie Kanjeevaram et des bijoux Kundan qui pèsent parfois plusieurs kilos — le soir, mes épaules s'en souviennent. Et il faut savoir un secret : je ne chante pas. C'est le playback singing, une voix magnifique enregistrée en studio, et je prête mes lèvres et mon émotion. Les gens croient la beauté légère ; elle est faite de discipline, de sueur et de patience infinie.
Les gens croient la beauté légère ; elle est faite de discipline, de sueur et de patience infinie.
—Depuis 2006, tu es le visage mondial de L'Oréal Paris, dans plus de cent cinquante pays. Comment portes-tu ces deux mondes en toi ?
C'est une danse permanente entre deux appartenances, Oprah. Un matin je porte un sari à Mumbai, le soir même la haute couture à Paris. Ce contrat, l'un des plus importants jamais signés par une actrice indienne, m'a placée sur des affiches de New York à Tokyo. Mais je refuse d'y voir seulement du commerce. Pendant longtemps, les standards de beauté venaient d'un seul horizon, occidental. Voir une femme indienne incarner une marque française dans le monde entier, c'était dire que la beauté a mille visages. Mon passeport ne me quitte jamais — je vis entre trois continents. Certains me reprochent de trop voyager loin de chez moi. Je réponds que je transporte l'Inde avec moi, partout où l'on me regarde.
Voir une femme indienne incarner une marque française, c'était dire que la beauté a mille visages.

—En 2007, tu as épousé Abhishek Bachchan, fils d'une immense famille du cinéma. On a parlé d'une union presque dynastique. Comment l'as-tu vécue ?
Des millions de personnes en Inde et dans la diaspora ont suivi ce mariage comme un événement national, Oprah — c'était vertigineux. Entrer dans la famille Bachchan, c'est rejoindre une lignée qui incarne le cinéma indien depuis des générations. On a parlé d'union dynastique, et je comprends l'image : notre industrie fonctionne par familles, par transmission, comme une royauté du rêve. Mais derrière les projecteurs, c'était avant tout deux êtres qui se choisissaient. Nous vivons à Juhu, ce quartier de Mumbai au bord de mer où résident tant de visages que le monde connaît. J'ai appris à protéger un espace intime au milieu de cette célébrité dévorante. La foule aime les contes de fées ; moi, je tenais surtout à une vie vraie.
La foule aime les contes de fées ; moi, je tenais surtout à une vie vraie.
—Tu as présenté Devdas sur la Croisette. Que change, pour un film indien, ce regard occidental que Cannes pose sur lui ?
Cela change tout, et rien à la fois, Oprah. Devdas, cette adaptation d'un roman classique par Sanjay Leela Bhansali, était déjà un sommet chez nous. Mais quand un public français le découvre à Cannes, notre cinéma cesse d'être une curiosité pour devenir un art à part entière. J'ai vu des spectateurs bouleversés par une histoire qu'ils croyaient trop lointaine. Et pourtant, je reste fidèle à ce que nous sommes : nos films n'ont pas à ressembler au cinéma d'auteur européen pour mériter le respect. Notre démesure, nos chansons, nos larmes assumées sont notre langue. Le regard de l'Occident nous honore, mais je ne veux jamais qu'il nous corrige. Nous existions bien avant qu'il ne nous découvre.
Le regard de l'Occident nous honore, mais je ne veux jamais qu'il nous corrige.

—On a beaucoup parlé de tes yeux, de ta beauté. Est-ce un don ou un fardeau, cette célébrité fondée d'abord sur ton apparence ?
Les deux, Oprah, et tu le sais mieux que quiconque, toi qui m'as reçue et présentée à ton public par ces mots-là. Mes yeux ont ouvert des portes, je ne le nierai pas ; ils ont fasciné des magazines, des foules. Mais une actrice n'est pas une image figée. Quand j'ai joué un double rôle dans Iruvar, ce film tamoul de Mani Ratnam, on a enfin regardé mon travail plutôt que mon visage. C'est cela que je cherche : qu'on retienne mes personnages, pas seulement la couleur de mes iris. La beauté est un billet d'entrée, jamais une carrière. J'ai dû prouver, film après film, que derrière la couronne de Miss Monde vivait une actrice qui voulait être prise au sérieux.
La beauté est un billet d'entrée, jamais une carrière.
—Entre les avant-premières, les galas et les voyages de Mumbai à Paris, restes-tu attachée à tes racines du Karnataka ?
Profondément, Oprah. Mes soirées sont souvent prises par des avant-premières ou des galas de bienfaisance, et lors de mes voyages à Cannes ou Paris, les dîners se prolongent tard dans la nuit. Mais où que je sois, je reste une fille de la côte, née près de Mangalore. Mes origines tulu, la cuisine simple de chez nous — le riz, le dal de lentilles, les légumes épicés — voilà ce qui me tient debout. Dans le tourbillon de la haute couture et des projecteurs, ce sont ces saveurs d'enfance qui me rappellent qui je suis. On peut porter des robes de créateurs sur tous les tapis rouges du monde ; il faut savoir d'où viennent ses pas. Mes racines ne sont pas un décor : elles sont mon équilibre.
On peut porter des robes de créateurs sur tous les tapis rouges du monde ; il faut savoir d'où viennent ses pas.
—Pour finir, Aishwarya : si une jeune Indienne te regardait ce soir depuis un village lointain, que voudrais-tu qu'elle retienne de ton parcours ?
Qu'aucune porte n'est fermée d'avance, Oprah. Une étudiante en architecture de Mangalore est devenue Miss Monde, puis actrice, puis un visage sur des affiches dans cent cinquante pays. Rien de tout cela n'était écrit. Je voudrais qu'elle sache que ses rêves n'ont pas à demander la permission de l'Occident ni de personne. Mon pays s'est ouvert, il a grandi, et de jeunes femmes peuvent aujourd'hui viser le monde entier sans renier ce qu'elles sont. Je porte l'Inde sur chaque tapis rouge, et je le fais avec fierté, pas en m'excusant d'exister. Qu'elle travaille sans relâche, qu'elle garde ses racines, et qu'elle n'attende jamais qu'on lui dise qu'elle en a le droit.
Ses rêves n'ont pas à demander la permission de l'Occident ni de personne.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Aishwarya Rai. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


