Interview imaginaire

Les enfants interrogent Amenhotep III

par Charactorium · Amenhotep III (1399 av. J.-C. — 1350 av. J.-C.) · Politique · Arts visuels · Spiritualité · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Amenhotep III
Wikimedia Commons, Public domain — Flinders Petrie

Deux jeunes visiteurs, en classe découverte, franchissent les portes d'un immense palais aux murs peints d'oiseaux et de poissons du Nil. Sur un trône doré, un pharaon les accueille avec un sourire. Il pose son sceptre et leur fait signe d'approcher.

Vous aviez quel âge quand vous êtes devenu pharaon ?

Tu sais, mon enfant, j'avais environ dix ans. Imagine : un garçon de ton âge, à peine, assis sur le trône des Deux Terres. Autour de moi, des prêtres, des vizirs, des scribes qui écrivaient chacun de mes mots. Au début, c'est lourd, une couronne. La double couronne, le pschent, réunit le rouge du Nord et le blanc du Sud — tout un pays sur une seule tête d'enfant. Mais l'Égypte était riche et en paix. On m'a appris à ouvrir le sanctuaire du dieu Amon chaque matin, avant même le lever du soleil. C'est ainsi que j'ai grandi : moitié enfant, moitié fils des dieux.

Un garçon de dix ans, tout un pays sur une seule tête.

C'est vrai que votre femme n'était pas une princesse ?

C'est vrai, et j'en suis fier ! Ma Grande Épouse royale s'appelait Tiye. Son père Youya et sa mère Touya étaient des nobles de province, pas une famille de rois. Beaucoup de pharaons épousaient leur sœur pour garder le sang royal. Moi, j'ai choisi Tiye, et je l'ai proclamé au monde entier ! J'ai fait graver son nom et celui de ses parents sur des centaines de petits scarabées de faïence bleue. Imagine des porte-bonheur en forme de scarabée, gravés d'une annonce officielle, envoyés jusqu'en Syrie. Une reine venue d'une famille ordinaire, honorée par tout l'empire. Cela ne s'était jamais vu.

J'ai choisi Tiye, et je l'ai proclamé au monde entier.

On dit que vous avez creusé un lac entier pour elle. Pourquoi ?

Par amour, tout simplement. Pour Tiye, j'ai fait creuser un immense lac près de mon palais de Malkata, sur la rive du Nil. Grand comme une petite ville : des milliers de coudées de long — la coudée, c'est la longueur du bras, de mon coude à mes doigts. On raconte que mes ouvriers l'ont creusé en quinze jours seulement ! Le jour de l'ouverture, j'ai navigué dessus dans ma barque royale, la Aton-brille. Imagine l'eau calme, les roseaux, la reine à mes côtés, et tout le peuple qui regarde. J'ai fait fabriquer un scarabée exprès pour raconter ce jour-là. Certaines joies, mon enfant, méritent d'être gravées pour toujours.

Certaines joies méritent d'être gravées pour toujours.

C'était quoi, ces petits scarabées que vous envoyiez partout ?

Ah, mes scarabées ! Ce sont mes messagers de pierre, mon enfant. Le scarabée, tu sais, c'est ce petit insecte qui roule sa boule devant lui — pour nous, il représente le soleil qui renaît chaque matin. J'en ai fait fabriquer plus de deux cents, en faïence bleu-vert, gravés de mes grandes nouvelles. Un pour mon mariage avec Tiye, un pour le lac, un pour mes chasses. Puis je les distribuais aux temples et aux rois étrangers, jusqu'en Nubie. Imagine une lettre qui tient dans ta main, qu'on garde comme un trésor et qui porte bonheur. Ni avant moi ni après, aucun pharaon n'a raconté son règne ainsi.

Mes scarabées, ce sont mes messagers de pierre.

Et c'est vrai que vous avez chassé cent lions ?

Cent deux, très exactement ! Un de mes scarabées le dit : les lions que ma main a tués, de l'an un à l'an dix de mon règne, cent deux lions féroces. Tu trouves ça beaucoup ? Ce n'était pas seulement pour le sport, mon enfant. Le lion, pour nous, c'est la force sauvage, le désordre qui rôde aux frontières du monde. En l'abattant, le pharaon montre qu'il repousse le chaos, comme le dieu repousse la nuit chaque matin. Mon arc et mes flèches n'étaient pas que des armes : ils disaient que je protégeais l'Égypte. Chasser le lion, c'était protéger mon peuple.

Abattre le lion, c'était repousser le chaos loin de mon peuple.
Sculpture du type réaliste duPharaon Amhotep III
Sculpture du type réaliste duPharaon Amhotep IIIWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — IGallic

Vous écriviez vraiment des lettres aux autres rois ? Ça parlait de quoi ?

Oui, et souvent ! Loin, très loin, régnaient d'autres grands rois : celui de Babylone, celui du Mitanni. On s'écrivait sur des tablettes d'argile, en se disant « mon frère ». Un jour, le roi de Babylone, Kadashman-Enlil, s'est plaint : pourquoi ne lui avais-je pas envoyé une de mes filles en mariage ? Il proposait de m'envoyer beaucoup d'or en échange d'une princesse ! Tu vois, entre grands rois, on échangeait de l'or, des cadeaux et même des filles pour rester amis. Ce n'était pas la guerre, c'était la diplomatie. Régner, ce n'est pas toujours se battre. Parfois, c'est savoir écrire une bonne lettre.

Régner, ce n'est pas toujours se battre : parfois, c'est écrire une bonne lettre.

Pourquoi vous échangiez de l'or contre des princesses ? C'est bizarre !

Je comprends que ça t'étonne, mon enfant. À mon époque, un mariage entre deux familles royales, c'était comme une promesse de paix. Si la fille du roi du Mitanni vivait dans mon palais, nos deux pays devenaient parents — et des parents ne se font pas la guerre. L'Égypte était si riche que les rois disaient qu'ici l'or était « aussi commun que la poussière ». Alors j'en envoyais, et je recevais des princesses et des cadeaux. Chaque mariage était un traité vivant. Imagine des familles qu'on unit pour que les armées restent au repos. C'est ainsi que j'ai gardé la paix presque tout mon règne.

Chaque mariage royal était un traité vivant.

C'est quoi le plus grand truc que vous avez construit ?

Ah, difficile de choisir ! J'ai fait bâtir le temple de Louxor, à Thèbes, avec ses colonnes hautes comme des palmiers, coiffées de chapiteaux en forme de fleurs de papyrus ouvertes. Mais mon plus grand ouvrage, c'était mon temple funéraire, le plus vaste jamais construit en Égypte. Devant lui veillaient deux statues de moi, taillées dans le quartzite rouge, hautes de dix-huit fois la taille d'un homme, ou presque. On les appelle aujourd'hui les Colosses de Memnon. Imagine deux géants de pierre assis, gardant l'entrée d'un temple immense. Bâtir, pour un pharaon, c'est écrire son nom dans la pierre pour l'éternité.

Bâtir, c'est écrire son nom dans la pierre pour l'éternité.

On dit qu'une de vos statues chantait le matin. C'est une blague ?

Ce n'est pas une blague, mais c'est arrivé bien après ma mort ! Un tremblement de terre a fendu l'un de mes deux colosses de quartzite. Depuis, chaque matin, au premier rayon du soleil, la statue laissait échapper un son étrange, comme une plainte ou un chant. Des voyageurs venus de Grèce, longtemps après, croyaient entendre un héros nommé Memnon saluer sa mère, l'Aurore, à son réveil. Ils venaient de très loin pour écouter la pierre chanter à l'aube. Tu vois, mon enfant : j'avais fait tailler ces géants pour durer, et voilà qu'ils se sont mis à parler tout seuls.

J'avais taillé ces géants pour durer, et ils se sont mis à chanter.

C'est vrai que vous vous êtes fait prier comme un dieu ?

C'est vrai, et peu de pharaons avant moi l'avaient osé. Loin au sud, en Nubie, à Soleb, j'ai fait construire un temple. Il était dédié au grand dieu Amon-Rê... et à moi-même, devenu dieu de mon vivant. Sur les murs, les sculpteurs m'ont représenté en train de faire des offrandes devant ma propre statue divine. Imagine : je m'incline et je prie devant une image de moi ! Cela peut te sembler étrange. Mais pour nous, le pharaon était déjà le fils des dieux, le pont entre le ciel et les hommes. À Soleb, j'ai simplement rendu cela visible dans la pierre.

À Soleb, je m'inclinais devant ma propre image devenue dieu.

Ça fait quoi, dans le cœur, de se sentir un dieu vivant ?

Quelle belle question, mon enfant. Cela ne rend pas orgueilleux — cela pèse. Mon nom de couronnement était Nebmaâtrê : « le maître de la maât est Rê ». La maât, c'est l'ordre du monde, la justice, l'harmonie entre les choses. Être dieu vivant, c'était surtout une immense responsabilité : maintenir cette maât, chaque jour, pour que le Nil monte, que le soleil se lève, que le peuple mange. Trois fois j'ai célébré la grande fête Heb-Sed, qui renouvelle les forces du roi après trente ans de règne. Un dieu, tu sais, ce n'est pas celui qui commande. C'est celui qui doit tenir le monde debout.

Un dieu, ce n'est pas celui qui commande, c'est celui qui tient le monde debout.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Amenhotep III. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.