Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Bahaullah

par Charactorium · Bahaullah (1817 — 1892) · Spiritualité · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Bahaullah
Wikimedia Commons, Public domain — passport photo taken in Adrianople (present day-Edirne) when He was under house arrest, published in William Miller

Nous sommes à Bahjí, non loin de Saint-Jean-d'Acre, dans les dernières années du XIXe siècle. Le prisonnier d'hier reçoit désormais ses visiteurs dans le jardin du manoir, entre deux tasses de thé versées par ses proches. C'est là, à l'ombre des cyprès, qu'il a accepté de revenir sur une vie tissée de cachots, d'exils et de lettres adressées aux puissants.

On raconte que le Síyáh-Chál, le Trou noir de Téhéran, fut le lieu où tout a commencé pour vous. Comment avez-vous vécu ces quatre mois enchaîné dans les ténèbres ?

J'étais descendu, si l'on peut dire descendre ce qui ressemble plutôt à une chute, dans une ancienne citerne sous les rues de Téhéran, sans un rai de lumière, le cou et les pieds serrés par des chaînes de fer si lourdes qu'elles ont laissé leur empreinte longtemps après qu'on me les eut ôtées. Les geôliers m'y avaient jeté après qu'un forcené eut tiré sur le chah, et qu'on eut voulu, à travers moi, frapper tous les compagnons du Báb. Mais c'est précisément là, dans cette obscurité totale, qu'un souffle m'a traversé comme si une main invisible se posait sur mon front. Je n'ai rien cherché, rien demandé : le message m'a trouvé, ainsi qu'un voyageur égaré trouve une source sans l'avoir devinée sur sa route. Depuis ce jour de 1852, je sais que la fosse la plus noire peut devenir la chambre nuptiale d'une révélation.

La fosse la plus noire peut devenir la chambre nuptiale d'une révélation.

Vous étiez né dans une famille de la noblesse qajare, promis à une carrière à la cour. Qu'est-ce qui vous a détourné de ce chemin avant même le Síyáh-Chál ?

Mon père occupait une charge dans l'administration du chah, et l'on m'annonçait à moi aussi des titres, des sceaux, une place parmi les vizirs. Cela ne m'a jamais attiré. Dans la province où j'ai grandi, j'ai préféré ouvrir ma bourse et ma table aux paysans sans terre plutôt que de disputer une charge ministérielle ; on en est venu à m'appeler, avec une tendresse un peu moqueuse, le Père des déshérités. Un homme qui a déjà donné son pain n'a plus grand-chose à perdre lorsque le pouvoir se retourne contre lui — c'est peut-être pour cela que la prison, puis l'exil, ne m'ont pas brisé comme on l'espérait. On construit sa force avant l'épreuve, souvent sans le savoir soi-même.

Après Bagdad, vous avez disparu deux ans dans les montagnes du Kurdistan. Pourquoi ce silence ?

Bagdad devenait un nid de dissensions parmi mes propres frères dans la foi, et j'ai craint d'en être, moi, la cause. Alors je suis parti seul, sans prévenir personne, vêtu comme un derviche, vers les montagnes du Kurdistan, du côté de Sulaymaniyah. Deux années durant, j'ai vécu de peu, dormi à la belle étoile ou dans des grottes, partagé le silence des soufis de la région qui ignoraient qui j'étais. C'est de cette solitude qu'est né, plus tard, mon traité des Sept Vallées et des Quatre Vallées, sur le chemin de l'âme vers Dieu. J'écrirai ensuite, dans le Kitáb-i-Íqán : « Nul homme n'atteindra les rivages de l'océan de la véritable compréhension s'il n'est détaché de tout ce qui est au ciel et sur la terre. » Cette vérité, je l'avais déjà éprouvée avant de la coucher sur le papier.

Nul homme n'atteindra les rivages de l'océan de la véritable compréhension s'il n'est détaché de tout ce qui est au ciel et sur la terre.

Qu'est-ce qui vous a finalement ramené parmi les hommes, à Bagdad ?

Ce sont mes propres compagnons, restés à Bagdad, qui sont venus me chercher dans les collines : la communauté des croyants bábís, orpheline de son plus jeune frère depuis le Báb, se délitait sans personne pour la tenir. J'ai compris, en les voyant, qu'un ascète qui se retire tout à fait n'est parfois qu'un fuyard déguisé en sage. Je suis redescendu, j'ai repris la robe de tous les jours, et j'ai recommencé à recevoir, à écrire, à consoler. Les années qui ont suivi, jusqu'à ce jardin dont nous allons parler, ont été les plus fécondes de toute mon existence — comme si la montagne m'avait vidé pour mieux me remplir.

Parlez-nous de ce jardin près de Bagdad, en 1863, où vous avez annoncé votre message à vos compagnons.

On m'ordonnait de quitter l'Irak pour Constantinople, et avant de partir j'ai fait dresser des tentes dans un jardin en bordure du Tigre, que mes compagnons ont appelé depuis le jardin de Riḍván, ce qui signifie paradis. Pendant douze jours, ceux qui m'avaient suivi dans l'exil sont venus, l'un après l'autre, et je leur ai révélé ce que je portais en moi depuis le Síyáh-Chál : que j'étais celui que le Báb avait annoncé. Certains ont pleuré de joie, d'autres sont restés silencieux, saisis. Ce n'était pas un couronnement comme en connaissent les rois — seulement des roses, un peu d'ombre, et des hommes fatigués par des années de fuite qui comprenaient enfin pourquoi ils avaient fui. Mes disciples fêtent encore aujourd'hui ces douze journées comme les plus lumineuses de notre calendrier.

Ce n'était pas un couronnement comme en connaissent les rois — seulement des roses et des hommes fatigués.

Qu'avez-vous ressenti en voyant vos compagnons réagir à cette annonce ?

Un mélange de soulagement et d'effroi. Soulagement, car je portais ce secret depuis Téhéran sans pouvoir le déposer entièrement ; effroi, car annoncer une telle chose engage non seulement soi-même mais tous ceux qui vous ont fait confiance. J'avais déjà écrit, quelques années plus tôt, dans Les Paroles cachées : « Ô Fils de l'Esprit ! Mon premier conseil est ceci : possède un cœur pur, bon et radieux, afin que tienne soit une souveraineté ancienne, impérissable et éternelle. » Ce jour-là, dans le jardin, j'ai compris que ce conseil s'adressait autant à moi qu'à eux : il fallait un cœur pur pour recevoir la nouvelle, et un cœur pur pour la porter sans orgueil. Le sultan, lui, n'a vu dans notre joie qu'une raison de plus de nous exiler plus loin.

Vous avez écrit, prisonnier, aux plus grands souverains de votre temps. Qu'espériez-vous d'eux ?

Depuis Constantinople puis Andrinople, j'ai fait porter des tablettes à Napoléon III, à la reine Victoria, au sultan ottoman lui-même qui me tenait pourtant captif. Je leur ai écrit, dans ce qu'on appelle aujourd'hui la Tablette aux Rois : « Ô rois de la terre ! Celui qui est le Souverain suprême est venu. Réconciliez-vous, et réduisez vos armements, afin que le fardeau de vos dépenses soit allégé. » Je n'espérais pas qu'un empereur dépose sa couronne en lisant mes mots — j'espérais seulement planter une graine de doute dans leur certitude que la force résout tout. La plupart n'ont pas répondu, ou m'ont répondu par un exil plus lointain. Mais une parole écrite ne meurt pas avec le silence qui l'accueille ; elle attend son heure, comme une graine attend la pluie.

Une parole écrite ne meurt pas avec le silence qui l'accueille ; elle attend son heure, comme une graine attend la pluie.

N'est-ce pas étrange d'appeler les rois à la justice depuis une cellule ?

Étrange, sans doute, aux yeux de qui juge la force d'un homme à ses gardes. Mais je n'avais besoin, pour parler aux rois, que d'un calame de roseau taillé et d'un peu d'encre — les mêmes outils qu'un scribe de bazar. Mes geôliers pouvaient verrouiller une porte, non une tablette une fois qu'elle avait quitté ma main et voyagé jusqu'à une cour lointaine. Il y a une justice à cela : celui qu'on veut réduire au silence en profite pour parler à tout l'univers plutôt qu'à ses seuls voisins. Un roi qui gouverne depuis un palais s'adresse à ses sujets ; un prisonnier qui écrit s'adresse, lui, à tous les palais à la fois.

Vous avez été prisonnier d'État à Saint-Jean-d'Acre, l'un des pires bagnes de l'empire. Comment cette captivité s'est-elle transformée avec les années ?

En 1868, on m'a débarqué à Akká comme on débarque un criminel, entre des murs qu'on disait capables de tuer un homme rien qu'à leur air empoisonné. Les premières années furent dures : la ville entière nous craignait sans nous connaître. Mais les geôles, avec le temps, s'ouvrent parfois plus vite que les cœurs ne s'endurcissent. Les gardiens, les voisins, jusqu'aux autorités locales ont fini par voir en nous non des comploteurs mais des hommes qui priaient et travaillaient. On m'a laissé sortir des remparts, d'abord vers le manoir de Mazra'ih, puis vers celui de Bahjí, où je reçois aujourd'hui mes hôtes autour du thé versé par le samovar, comme le veut l'hospitalité persane. Le geôlier de mes premières années à Akká ne reconnaîtrait plus cette maison ouverte.

Aujourd'hui, à Bahjí, en regardant le chemin parcouru depuis le Síyáh-Chál, que retenez-vous de cette vie d'exil ?

Je retiens que chaque exil m'a rapproché, sans que mes geôliers s'en doutent, du but même qu'ils croyaient empêcher. De Téhéran à Bagdad, du Kurdistan à Constantinople, d'Andrinople à Akká, on m'a déplacé comme on déplace une pièce gênante sur un échiquier, et chaque déplacement a porté plus loin ce que j'avais à dire. J'ai écrit dans le Kitáb-i-Aqdas : « Ô peuples de la terre ! Sachez en vérité que mon commandement est de purifier le monde de la souillure de la discorde et de l'inimitié des cœurs. » Je n'ai pas vu ce monde purifié de mon vivant, et je ne m'y attendais pas. Mais assis ici, à Bahjí, avec la mer au loin et mes chaînes d'autrefois pour seul souvenir de la fosse, je crois avoir semé plus que ce que quarante années de bannissement auraient dû permettre.

On m'a déplacé comme on déplace une pièce gênante sur un échiquier, et chaque déplacement a porté plus loin ce que j'avais à dire.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Bahaullah. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.