Bahaullah(1817 — 1892)

Mirza Husayn Ali Nuri

Perse qadjare

6 min de lecture

SpiritualitéXIXe siècleXIXe siècle, Perse qajare et Empire ottoman

Fondateur iranien de la foi bahá'íe, religion monothéiste prônant l'unité de l'humanité et des religions. Se proclamant messager de Dieu en 1863, il passa la majeure partie de sa vie en exil et en captivité dans l'Empire ottoman.

Questions fréquentes

Pour comprendre Bahá'u'lláh comme figure mythologique, il faut se rappeler qu'il n'est pas un dieu ni un héros antique, mais le fondateur d'une religion monothéiste, la foi bahá'íe, née au XIXe siècle en Perse qajare. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il est à la fois un personnage historique – né en 1817 à Téhéran – et une figure sacrée dont les récits de vie sont chargés de symboles : l'emprisonnement dans le Síyáh-Chál (le Trou noir), la déclaration dans le jardin de Riḍván, l'exil perpétuel. Ce qu'il faut retenir, c'est que sa biographie fonctionne comme un mythe fondateur pour les bahá'ís : elle raconte la souffrance et la persévérance d'un messager divin rejeté par les puissants, un schéma qui rappelle les prophètes des traditions antérieures.

Citations célèbres

« La Terre n'est qu'un seul pays, et tous les hommes en sont les citoyens. »

Faits marquants

  • Né en 1817 à Téhéran (Perse) dans une famille de notables
  • Devient disciple du Báb, fondateur du babisme, dans les années 1840
  • Proclame sa mission de messager divin en 1863 à Bagdad, fondant la foi bahá'íe
  • Passe la fin de sa vie en exil et emprisonné à Acre (Palestine ottomane)
  • Meurt en 1892 à Bahji, près d'Acre, laissant une abondante œuvre écrite

Œuvres & réalisations

Les Paroles cachées (1858)

Recueil de courts aphorismes éthiques et spirituels, considéré comme un joyau de la littérature bahá'íe sur la morale du cœur.

Kitáb-i-Íqán (Le Livre de la certitude) (1862)

Principal ouvrage doctrinal expliquant l'unité des religions et la nature des messagers divins.

Déclaration de Riḍván (1863)

Proclamation fondatrice de sa mission de messager de Dieu, origine de la fête bahá'íe la plus importante.

Tablette aux Rois (Súriy-i-Mulúk) (vers 1867)

Série de lettres adressées aux souverains du monde les appelant à la justice, au désarmement et à la paix.

Kitáb-i-Aqdas (Le Livre le plus saint) (vers 1873)

Livre des lois et des institutions de la foi bahá'íe, texte central de la religion.

Épître au Fils du Loup (1891)

Une de ses dernières œuvres, résumant ses enseignements et citant ses écrits antérieurs.

Les Sept Vallées et les Quatre Vallées (vers 1860)

Traités mystiques décrivant le cheminement de l'âme vers Dieu, dans la tradition soufie persane.

Anecdotes

En 1852, Bahá'u'lláh est jeté dans une fosse souterraine de Téhéran appelée le « Síyáh-Chál » (le Trou noir), une ancienne citerne sans lumière où il porte de lourdes chaînes pendant quatre mois. C'est là, selon les bahá'ís, qu'il reçoit la première intuition de sa mission divine.

Issu d'une famille noble de la cour qajare, Bahá'u'lláh aurait pu devenir ministre comme son père. Il refusa les postes officiels qu'on lui proposait, préférant aider les pauvres au point d'être surnommé « le Père des déshérités » dans sa région natale.

En 1863, dans un jardin près de Bagdad qu'il nomma le « Jardin de Riḍván », Bahá'u'lláh annonça à ses compagnons qu'il était le messager promis par le Báb. Les bahá'ís commémorent encore aujourd'hui ces douze jours comme leur fête la plus joyeuse.

Pendant son exil, Bahá'u'lláh écrivit des lettres aux grands souverains de son époque — dont Napoléon III, la reine Victoria et le sultan ottoman — les appelant à la justice et à la paix mondiale. Beaucoup les ignorèrent.

Bien que prisonnier officiel de l'Empire ottoman à Saint-Jean-d'Acre, Bahá'u'lláh fut peu à peu si respecté que les autorités locales relâchèrent leur surveillance et lui permirent de vivre ses dernières années dans un manoir hors les murs, à Bahjí.

Sources primaires

Kitáb-i-Aqdas (Le Livre le plus saint) (vers 1873)
Ô peuples de la terre ! Sachez en vérité que mon commandement est de purifier le monde de la souillure de la discorde et de l'inimitié des cœurs.
Kitáb-i-Íqán (Le Livre de la certitude) (1862)
Nul homme n'atteindra les rivages de l'océan de la véritable compréhension s'il n'est détaché de tout ce qui est au ciel et sur la terre.
Les Paroles cachées (Kalimát-i-Maknúnih) (1858)
Ô Fils de l'Esprit ! Mon premier conseil est ceci : possède un cœur pur, bon et radieux, afin que tienne soit une souveraineté ancienne, impérissable et éternelle.
Lawḥ-i-Mulúk (Tablette aux Rois) (vers 1867)
Ô rois de la terre ! Celui qui est le Souverain suprême est venu. Réconciliez-vous, et réduisez vos armements, afin que le fardeau de vos dépenses soit allégé.

Lieux clés

Téhéran (Perse qajare)

Ville natale de Bahá'u'lláh et lieu de son emprisonnement dans la fosse du Síyáh-Chál en 1852.

Bagdad (Irak ottoman)

Premier lieu d'exil où, en 1863, il fit la déclaration de Riḍván proclamant sa mission divine.

Constantinople (Istanbul)

Capitale de l'Empire ottoman où il fut transféré en 1863 avant un nouvel exil plus lointain.

Saint-Jean-d'Acre (Akká)

Ville-prison de la Palestine ottomane où il fut détenu à partir de 1868 comme prisonnier d'État.

Manoir de Bahjí

Demeure près d'Akká où Bahá'u'lláh passa ses dernières années et mourut en 1892 ; son tombeau y est aujourd'hui un lieu saint bahá'í.

Montagnes du Kurdistan (Sulaymaniyah)

Région où il vécut deux ans en retraite ascétique solitaire vers 1854-1856, avant de revenir à Bagdad.

Voir aussi