Interview imaginaire

Les enfants interrogent Bertha von Suttner

par Charactorium · Bertha von Suttner (1843 — 1914) · Société · Lettres · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Bertha von Suttner
Wikimedia Commons, Public domain — Jordan, David Starr, 1851-1931

Deux élèves de douze ans visitent une exposition sur la paix quand une vieille dame élégante, coiffée d'un chapeau à voilette, les invite à s'asseoir près d'elle. Elle sourit : elle a passé sa vie à écrire contre la guerre, et rien ne la touche plus que la curiosité de deux enfants. Alors ils posent leurs questions, l'une après l'autre.

Vous aviez quel âge quand vous avez travaillé chez l'inventeur de la dynamite ?

J'avais 33 ans, mon enfant. Un jour de 1876, à Paris, je lis une petite annonce dans le journal. Un homme très riche cherche une secrétaire qui parle plusieurs langues. Cet homme, c'était Alfred Nobel, celui qui avait inventé la dynamite — une poudre qui fait tout exploser. Je suis restée quelques jours seulement auprès de lui. Puis je suis repartie en Autriche, très vite, pour épouser Arthur, l'homme que j'aimais. Mais tu sais, on est restés amis pour toujours. Pendant vingt ans, on s'est écrit des lettres. Imagine : deux personnes qui ne se voient presque jamais, mais dont l'amitié tient grâce à l'encre et au papier.

Notre amitié tenait grâce à l'encre et au papier.

Ça se passait comment, vos matins, quand vous écriviez ?

Je me levais très tôt, avant le reste de la maison. J'allais m'asseoir à ma table, au château de Harmannsdorf, avec ma plume et mon encrier. Le matin, c'était mon moment sacré : j'écrivais des romans, des articles, des lettres aux ministres. Avant de commencer, je lisais plusieurs journaux d'Europe — je voulais savoir quels pays achetaient des canons, quels rois se disputaient. Imagine une pièce silencieuse, juste le bruit de la plume qui gratte le papier. Tu vois, d'autres gens se battaient avec des épées. Moi, mon arme, c'était cette plume. Et je m'en servais chaque matin, comme un soldat prend son fusil.

Ma seule arme, c'était ma plume — et je m'en servais chaque matin.

C'est vrai qu'un éditeur a refusé votre livre au début ?

Presque, mon enfant ! En 1889, j'apporte mon roman Die Waffen nieder ! — en français, Bas les armes ! — à un éditeur. Il hésite, il a peur. Une femme qui décrit les horreurs de la guerre, ça choquait beaucoup à mon époque. Alors il me dit : d'accord, mais seulement si vous achetez vous-même 1 500 exemplaires. Imagine qu'on te demande de payer pour avoir le droit d'être lue ! J'ai accepté. Et tu sais quoi ? Le livre est devenu un succès énorme, traduit dans une douzaine de langues. Parfois, il faut oser payer le prix de sa conviction pour être enfin entendue.

Il faut parfois payer le prix de sa conviction pour être entendue.

Pourquoi votre livre a fait pleurer autant de gens ?

Parce que je ne racontais pas la guerre comme les généraux, mon enfant. Eux parlaient de victoires et de médailles. Moi, je décrivais les blessés couchés dans la boue, les femmes qui perdent leur mari, les enfants sans papa. Dans mon livre, une jeune femme comme moi vit plusieurs guerres et voit tout de ses yeux. Un très grand écrivain russe, Tolstoï, a dit que mon roman pourrait changer l'histoire de l'Europe. Tu imagines ma joie ? Je voulais que les gens sentent, dans leur cœur, ce qu'est vraiment une guerre. Pas les dépêches des puissants : les larmes de ceux qui restent.

Vous faisiez quoi de vos après-midis, alors ?

Ah, mes après-midis étaient bien remplis ! Je recevais des militants venus de toute l'Europe, on préparait ensemble des pétitions — ce sont de grandes lettres signées par des milliers de gens, pour demander la paix. J'ai aussi dirigé pendant sept ans une revue, un petit journal que j'avais appelé comme mon roman : Die Waffen nieder !. Chaque mois, j'y expliquais comment régler les disputes entre pays sans se battre. Imagine une ruche : des lettres qui partent, d'autres qui arrivent, des amis dans dix pays différents. J'étais au centre, comme une araignée patiente qui tisse, fil par fil, une grande toile pour la paix.

Je tissais, fil par fil, une grande toile pour la paix.
Bertha-von-Suttner-1906
Bertha-von-Suttner-1906Wikimedia Commons, Public domain — Carl Pietzner

C'était utile d'être comtesse pour votre combat ?

Énormément, mon enfant, même si ça peut te surprendre. Je suis née comtesse Kinsky, dans une très ancienne famille noble. Grâce à ce titre, on m'ouvrait des portes fermées aux autres. Je pouvais entrer dans les palais, parler à des empereurs, à des ministres, à des ambassadeurs. Une femme du peuple, elle, n'aurait jamais été reçue. Alors je portais mes belles robes, mes chapeaux à voilette — et derrière cette élégance, je glissais mes idées dangereuses pour la paix. C'était mon petit secret : mon apparence rassurait ces messieurs, pendant que mes mots, eux, les bousculaient.

Vous avez vraiment osé donner des lettres à des empereurs ?

Oui, et le cœur battant ! J'allais aux grandes réunions des rois et des diplomates, comme celles de La Haye, aux Pays-Bas, en 1899 et 1907. Là, des dizaines de pays discutaient pour rendre la guerre moins cruelle. Je remettais mes pétitions en main propre aux plus puissants, et je réclamais deux choses. D'abord l'arbitrage : quand deux pays se disputent, ils vont voir un juge neutre au lieu de se battre. Ensuite le désarmement : réduire tous ensemble le nombre de canons et de fusils. Tu imagines l'audace d'une dame qui dit à un empereur : « Posez donc vos armes » ?

Schulschiff-Bertha von Suttner-Gymnasium-Wien-DSC 0018w
Schulschiff-Bertha von Suttner-Gymnasium-Wien-DSC 0018wWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 at — Peter Haas

C'est vous qui avez donné à Nobel l'idée du prix de la paix ?

Beaucoup d'historiens le pensent, mon enfant, et cela me rend fière. Pendant des années, dans mes lettres, j'ai supplié Alfred Nobel. Je lui disais : tu as mis entre les mains des hommes une force terrible, la dynamite ; alors sers-toi aussi de ta fortune pour rendre la guerre impossible. Quand il est mort, en 1896, on a ouvert son testament. Et là, surprise : il donnait son argent pour récompenser ceux qui travaillent à la paix. Je crois que mes mots avaient fait leur chemin, tout doucement, dans son esprit. Une amitié patiente peut changer le cours des choses.

Une amitié patiente peut changer le cours des choses.

Ça vous a fait quoi d'être la première femme à gagner ce prix ?

Un immense bonheur, mon enfant. J'avais 62 ans, et on m'appelait déjà la « reine de la paix » dans le monde entier. En 1905, j'apprends que je reçois le prix Nobel de la paix — la toute première femme à qui on le donne ! L'année suivante, à Christiania, la ville qu'on appelle aujourd'hui Oslo, j'ai prononcé un grand discours. J'y ai dit que le mouvement pour la paix n'est pas le rêve de quelques rêveurs isolés. Non : c'est la seule réponse raisonnable d'une humanité qui comprend que les armes modernes peuvent tout détruire. Ce jour-là, j'ai senti que mon combat avait enfin été reconnu.

Vous avez vécu la grande guerre que vous vouliez empêcher ?

Non, mon enfant, et c'est une histoire qui bouleverse encore. Je suis morte à Vienne, épuisée, le 21 juin 1914. Sept jours plus tard, à Sarajevo, on assassinait un archiduc. Et de cet attentat est née la terrible guerre que j'avais passé toute ma vie à vouloir éviter. J'ai eu de la chance, d'une certaine façon : je n'ai pas vu la catastrophe. Mais écoute-moi bien. Tant qu'il y aura des enfants comme toi pour poser ces questions, pour refuser que « c'est normal, la guerre », alors mon combat n'est pas fini. La guerre n'est pas une fatalité : c'est une chose que les hommes ont inventée, et que les hommes peuvent abolir.

La guerre n'est pas une fatalité : les hommes l'ont inventée, ils peuvent l'abolir.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Bertha von Suttner. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.