Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Camille Claudel

par Charactorium · Camille Claudel (1864 — 1943) · Arts visuels · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'un atelier encombré de plâtres et de blocs de pierre. Une dame aux mains pleines de terre se retourne et leur sourit. Camille Claudel pose son outil, touchée que des enfants viennent l'écouter, et les invite à s'asseoir près de la selle de sculpteur.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à faire de la sculpture ?

Tu sais, mon enfant, j'avais à peine douze ans, ton âge à toi. Là où je vivais, à Fère-en-Tardenois, le sol était plein de glaise, cette terre molle qu'on peut écraser entre les doigts. J'en ramassais des poignées et je façonnais des têtes, des animaux. Imagine que tu trouves une pâte vivante sous tes pieds, et qu'elle obéisse à tes mains. C'était ça, pour moi. Plus tard, mon père a accepté de m'inscrire à Paris, à l'Académie Colarossi. C'était l'une des rares écoles qui acceptait les filles. La grande école, celle des Beaux-Arts, nous fermait sa porte, à nous les femmes.

Imagine une terre vivante qui obéit à tes mains : c'était ça, sculpter.

C'était comment, le jour où vous avez rencontré Rodin ?

C'était vers 1884, j'étais toute jeune. Mon professeur, un sculpteur nommé Alfred Boucher, devait partir loin, à Rome. Avant de s'en aller, il a demandé à un autre artiste de nous donner des cours : Auguste Rodin. Tu vois, c'est comme passer le flambeau à quelqu'un. Sauf que ce flambeau-là a tout changé dans ma vie. Je suis devenue son élève, puis je l'ai aidé dans son atelier, rue de l'Université. Je taillais le marbre, je préparais ses figures. On appelait ça être praticien : l'assistant qui réalise le travail d'après le modèle du maître. J'étais douée. Peut-être trop, pour rester dans son ombre.

Pourquoi vous avez fait une sculpture avec un homme tiraillé entre deux femmes ?

Ah, tu parles de L'Âge mûr. C'est mon œuvre la plus secrète, en 1899. Regarde-la bien : un homme entre deux âges. D'un côté, une jeune femme à genoux qui tend les bras vers lui, qui le supplie de rester. De l'autre, une vieille femme qui l'emporte au loin. Tu devines qui est cette jeune femme suppliante ? C'est moi. J'avais aimé Rodin, j'avais travaillé avec lui presque dix ans. Et puis il est parti, il a choisi une autre vie. Avec la terre et le bronze, j'ai raconté ce déchirement. C'est ça aussi, la sculpture : on peut sculpter sa propre peine quand les mots ne suffisent plus.

On peut sculpter sa propre peine quand les mots ne suffisent plus.

C'est quoi votre sculpture préférée, et elle est en quoi ?

Mon enfant, j'aime beaucoup La Vague, faite en 1897. Imagine trois toutes petites femmes qui se baignent, et au-dessus d'elles, une vague immense, prête à retomber. J'ai taillé la vague dans une pierre rare et translucide, l'onyx, qui laisse passer un peu de lumière, comme de l'eau gelée. Et le secret, c'est qu'une image de chez les artistes japonais m'avait émerveillée : une grande vague dessinée par un maître nommé Hokusai. Personne, à mon époque, n'osait mélanger ainsi la pierre et l'inspiration venue de si loin. J'aimais inventer mon propre chemin, pas copier celui des autres.

Ça se passait comment, une journée dans votre atelier ?

Je me levais tôt, dans mon atelier du quai de Bourbon, sur une petite île au milieu de Paris. Le matin, je mouillais mes terres pour qu'elles ne sèchent pas et je rangeais mes outils. Mon préféré, c'était l'ébauchoir : un petit bâton de bois ou de métal pour creuser et lisser la glaise. La lumière du matin venait du nord, douce et sans ombre, parfaite pour voir les reliefs. L'après-midi, je sculptais des heures sans m'arrêter, parfois jusqu'au soir, à la lampe à pétrole. J'oubliais souvent de manger. La sculpture me prenait tout entière, comme une amie un peu jalouse.

La Valse
La ValseWikimedia Commons, Public domain — Camille Claudel

C'était dur d'être une femme qui fait de la sculpture à votre époque ?

Oui, mon enfant, c'était un combat de chaque jour. Beaucoup pensaient qu'une femme ne pouvait pas être un grand artiste. Un jour, j'ai sculpté La Valse, un couple qui tourne, enlacé dans la danse. L'administration l'a trouvée trop sensuelle et a refusé de la commander en marbre. Tu imagines ? On jugeait mon art comme on jugeait ma vie. Heureusement, un écrivain courageux, Octave Mirbeau, a écrit en 1895 que j'étais un grand sculpteur, dans un métier où l'on croyait le génie réservé aux hommes seuls. Ces mots-là, je les ai gardés comme un trésor.

On jugeait mon art comme on jugeait ma vie.

Vous gagniez bien votre vie avec vos sculptures ?

Pas vraiment, hélas. Pour vivre, un sculpteur espérait des commandes d'État : c'est quand l'administration française t'achète une œuvre, ou te paie pour en faire une. Mes confrères les hommes en recevaient beaucoup. Moi, j'en ai eu quelques-unes, mais bien moins. Alors je vivais simplement, parfois pauvrement. Je mangeais du pain, de la soupe, un peu de fromage. L'onyx et le marbre coûtent cher, et le bronze encore plus. Tu vois, le plus dur, ce n'était pas de manquer d'idées : j'en avais des centaines. C'était de manquer d'argent pour les transformer en vraies sculptures.

La Valse
La ValseWikimedia Commons, Public domain — Camille Claudel

Pourquoi vous avez cassé vos propres sculptures ?

Tu touches là quelque chose de douloureux. À partir de 1905, dans mon atelier, j'ai commencé à détruire mes œuvres. Je les brisais de mes mains, celles-là mêmes qui les avaient créées. Pourquoi ? J'étais de plus en plus seule, et je croyais qu'on voulait me voler mes idées. La peur grandissait en moi comme une mauvaise herbe. Mon atelier se dégradait, je m'enfermais. Tu sais, parfois la souffrance brouille tout, même l'amour qu'on porte à son propre travail. C'est pour cela qu'aujourd'hui il reste si peu de mes sculptures. Beaucoup ont disparu sous mes propres coups.

C'est vrai qu'on vous a enfermée pendant très longtemps ?

Oui, mon enfant, et c'est la part la plus triste de mon histoire. En 1913, après la mort de mon père, ma famille m'a fait interner dans un asile, une maison où l'on enferme les gens qu'on dit malades. Puis on m'a transférée à Montdevergues, près d'Avignon. J'y suis restée trente ans, jusqu'à ma mort. Le plus injuste ? Même des médecins écrivaient que mon enfermement n'était plus nécessaire. À mon frère Paul, j'ai écrit que ma vie, jadis un rêve, était devenue un cauchemar. Et là-bas, je n'ai plus jamais touché une motte de glaise.

Ma vie, jadis un rêve, était devenue un cauchemar.

Si on vous voyait aujourd'hui, qu'est-ce que vous aimeriez nous dire ?

Je voudrais te dire merci, d'abord, d'être venu m'écouter. Longtemps, on m'a oubliée. On ne voyait en moi que l'élève de Rodin, ou la femme enfermée. Mais sais-tu qu'un jour, bien après moi, on a ouvert un musée entier portant mon nom, à Nogent-sur-Seine ? On y garde mes Causeuses, ma Vague, tout ce que je n'ai pas brisé. Si tu retiens une chose de moi, garde celle-ci : ce que tu crées avec patience et courage peut survivre, même quand le monde te tourne le dos. Continue de modeler ta propre terre, mon enfant, et n'écoute jamais ceux qui disent qu'une fille ne peut pas.

Ce que tu crées avec courage peut survivre, même quand le monde te tourne le dos.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Camille Claudel. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.