Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Coco Chanel

par Charactorium · Coco Chanel (1883 — 1971) · Arts visuels · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux élèves de cinquième en classe découverte poussent la porte d'un grand salon de couture, rue Cambon. Une vieille dame en tailleur de tweed les attend, un mètre ruban autour du cou. Elle leur fait signe de s'asseoir : Coco Chanel veut bien tout leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous êtes arrivée à l'orphelinat ?

Tu sais, mon enfant, j'avais douze ans, comme toi à peu près. Ma mère venait de mourir, en 1895, et mon père m'a déposée à l'orphelinat d'Aubazine, en Corrèze. Imagine un ancien monastère perdu dans la campagne : des murs tout blancs, des couloirs de pierre, aucune décoration, rien de superflu. Au début, ce vide m'a fait peur. Et puis j'ai appris à coudre là-bas, avec les religieuses. Toute ma vie, j'ai aimé les lignes simples, les choses propres et nues. Ce goût-là, vois-tu, il est né dans ces couloirs froids. On croit qu'on déteste un endroit, et il vous façonne pour toujours.

On croit qu'on déteste un endroit, et il vous façonne pour toujours.

Vous étiez triste, là-bas, ou ça allait ?

J'étais souvent triste, oui. On se sent abandonnée quand son père s'en va et ne revient pas. Mais je vais te confier un secret : je n'aimais pas qu'on me plaigne. Alors je me racontais des histoires, je m'inventais une autre vie. Plus tard, vers 1905, je suis devenue chanteuse dans un café de Moulins, pour des officiers. Je chantais une chanson sur un petit chien nommé Coco. C'est de là que vient mon surnom ! De ce nom de chanson. Tu vois, la fillette triste de l'orphelinat est devenue "Coco". J'ai transformé mon chagrin en force. C'est la seule chose à faire avec le chagrin.

J'ai transformé mon chagrin en force ; c'est la seule chose à faire avec le chagrin.

Pourquoi vous dites que vous avez "libéré" le corps des femmes ?

Parce que, mon enfant, les femmes de mon époque étaient prisonnières de leurs habits ! Imagine un instant : des corsets serrés à ne plus respirer, des couches de dentelle, des coussins cousus sous les robes. Elles transpiraient là-dedans comme dans une armure. Moi, j'ai dit : assez. Dès 1916, j'ai utilisé le jersey, un tissu souple et doux qu'on réservait jusque-là aux sous-vêtements des hommes. Soudain, une femme pouvait marcher, lever les bras, courir presque ! J'ai rendu au corps des femmes la liberté de bouger. Pour moi, un vêtement qui empêche de respirer n'est pas beau. Le confort, vois-tu, fait partie de l'élégance.

Un vêtement qui empêche de respirer n'est pas beau.

C'est vrai que vous avez inventé la petite robe noire ? Pourquoi noire ?

En 1926, oui, j'ai présenté une petite robe toute simple, en crêpe de soie noir. À l'époque, le noir, c'était la couleur du deuil, celle qu'on portait quand quelqu'un mourait. Les gens ont été choqués ! Mais moi, je trouvais le noir net, pur, élégant. Une robe que la bonne et la duchesse pouvaient porter pareil. Un magazine a écrit une drôle de chose : que ma robe serait portée par le monde entier, comme un modèle unique pour toutes. Et ils avaient raison. La même robe pour la riche et la pauvre, vois-tu : c'était ma façon à moi de rendre les femmes égales devant le miroir.

La même robe pour la riche et la pauvre : voilà mon idée de l'élégance.

Et le sac avec la chaîne, c'était pour quoi faire ?

Ah, le 2.55 ! Je l'ai créé en février 1955 — son nom, c'est juste sa date de naissance. Avant lui, les femmes tenaient leur sac à la main, serré sous le bras, toujours encombrées. Moi, ça m'agaçait ! J'aimais avoir les mains libres pour vivre. Alors j'ai cousu une longue chaîne dorée, pour le porter à l'épaule. Tu vois ce geste tout bête : libérer deux mains. Eh bien c'est ça, mon métier. Je regardais les petites gênes du quotidien, et je les faisais disparaître avec une aiguille et un peu de chaîne.

Je regardais les petites gênes du quotidien et je les faisais disparaître.
Gabrielle « Coco » Chanel
Gabrielle « Coco » ChanelWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Srousset

C'était comment, votre journée quand vous travailliez ?

Je me levais tard, vers dix heures, dans ma chambre du Ritz, et je traversais la rue pour rejoindre mes ateliers. L'après-midi, le vrai travail commençait. Et attention : je ne dessinais jamais sur du papier ! Je travaillais directement sur des jeunes femmes debout, des mannequins vivants. J'avais mes ciseaux à la main, je coupais, j'épinglais, j'ajustais le tissu sur leur corps pendant des heures. Imagine un sculpteur, mais au lieu de la pierre, j'avais de l'étoffe et un corps vivant. Mes "premières d'atelier", mes meilleures couturières, m'aidaient. J'étais dure, oui. Mais on ne fait rien de beau sans exiger beaucoup.

Je ne dessinais pas mes robes : je les sculptais sur un corps vivant.

Pourquoi vous coupiez direct sur les gens au lieu de dessiner ?

Bonne question, mon enfant ! Parce qu'un dessin, ça ment. Sur le papier, tout est joli ; mais une femme, elle bouge, elle marche, elle lève le bras. Le tissu doit suivre son corps, pas un croquis. Alors je faisais d'abord une toile — une version d'essai dans un tissu bon marché — puis je l'ajustais sur le mannequin, encore et encore. Je tournais autour d'elle, mes ciseaux de couturière à la main. Parfois je défaisais tout pour un pli mal tombé. Une manche, je pouvais la recommencer dix fois. Vois-tu, le secret d'une belle veste, c'est qu'on ne voit jamais le mal qu'elle a coûté.

Un dessin, ça ment ; seul un corps qui bouge dit la vérité d'un vêtement.

C'est quoi une "garçonne" ? On dirait un garçon ?

Presque ! Dans les années 1920 — on appelait ça les Années folles —, les jeunes femmes ont voulu vivre autrement. Elles ont coupé leurs longs cheveux très court, raccourci leurs robes, et adopté une allure droite, libre, un peu comme celle des garçons. On les appelait les garçonnes. C'était une petite révolution ! Et figure-toi qu'à la même époque, sur la Côte d'Azur, je me suis mise à bronzer au soleil. Avant, une dame élégante devait avoir la peau bien blanche. Moi, j'ai rendu le teint doré à la mode. On riait, on dansait, on inventait tout. C'était une époque pleine d'audace, et j'en étais.

Couper ses cheveux, bronzer au soleil : pour nous, c'était inventer la liberté.
Coco Chanel in Los Angeles, 1931 (cropped)
Coco Chanel in Los Angeles, 1931 (cropped)Wikimedia Commons, CC BY 4.0 — Los Angeles Times

Vous connaissiez des artistes célèbres ?

Oh oui ! Dans ma villa de la Côte d'Azur, La Pausa, je recevais des peintres et des musiciens. Le poète Cocteau, le peintre Picasso, le compositeur Stravinsky venaient chez moi. En 1924, j'ai même dessiné les costumes d'un ballet, Le Train bleu, monté par Diaghilev avec un texte de Cocteau. Imagine : des danseurs en tenues de plage et de tennis, sur scène ! La mode et l'art qui se donnent la main. J'ai toujours aimé être entourée de gens qui créent. Ils m'apprenaient des choses, et moi je leur en apprenais. On ne grandit jamais seul, vois-tu.

On ne grandit jamais seul : on apprend toujours des autres créateurs.

C'est vrai que vous avez tout arrêté pendant la guerre ?

Oui. Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, en 1939, j'ai fermé ma maison de couture. Ce n'était plus le temps des robes. Pendant quinze ans, je n'ai presque rien créé. Une longue, longue pause. Beaucoup pensaient que Chanel, c'était fini, une vieille histoire. Tu sais, c'est dur de se taire si longtemps quand on a passé sa vie à créer. Mais je gardais une chose au fond de moi : l'envie de recommencer. On peut éteindre une lampe sans casser l'ampoule. La lumière attend, simplement, qu'on la rallume.

On peut éteindre une lampe sans casser l'ampoule.

Vous aviez quel âge quand vous êtes revenue ? Vous aviez peur ?

J'avais 71 ans, en 1954 ! Un âge où beaucoup de gens se reposent. Et oui, j'avais le cœur serré. J'ai présenté mon nouveau tailleur en tweed — une veste et une jupe confortables, faciles à porter. Et là, déception : la presse de Paris s'est moquée de moi. "La vieille dame est dépassée", disaient-ils. J'ai eu mal, je l'avoue. Mais en Amérique, les femmes ont adoré ! Elles ont compris que je leur offrais des vêtements pour vivre, pas pour parader. Leur enthousiasme m'a relancée. La leçon ? Ne jamais croire ceux qui te disent qu'il est trop tard.

Ne crois jamais ceux qui te disent qu'il est trop tard.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Coco Chanel. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.