Interview imaginaire

Les enfants interrogent Eileen Chang

par Charactorium · Eileen Chang (1920 — 1995) · Lettres · Culture · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Eileen Chang
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la porte d'un petit appartement plein de manuscrits. Une dame les attend, vêtue d'une robe aux couleurs éclatantes. Elle s'appelle Eileen Chang, et elle a beaucoup de choses à leur raconter.

C'était comment, votre maison quand vous étiez petite ?

Tu sais, mon enfant, ma famille était une grande famille de Shanghai, autrefois très noble, mais qui s'écroulait doucement. Imagine une belle demeure de l'avenue Jing'an, avec de grandes pièces sombres et froides. Mon père fumait l'opium — une drogue qui rend les gens absents, et parfois violents. Un jour, j'ai voulu rejoindre ma mère, partie en Europe. Mon père s'est mis en colère. Il m'a enfermée dans la maison pendant des mois. J'étais comme un oiseau dans une cage dorée. Cette peur-là, je ne l'ai jamais oubliée. Plus tard, mes romans se sont remplis de femmes prisonnières de leur famille.

J'étais comme un oiseau dans une cage dorée.

Ça sentait quoi, dans votre maison ?

Ah, quelle drôle de question ! Dans les couloirs, il y avait cette odeur douceâtre de l'opium, un peu écœurante, qui collait aux rideaux. Et puis, venue des cuisines, l'odeur du porc braisé et du thé au jasmin. J'adorais la nourriture, tu sais. Chez nous, un repas racontait tout : qui était riche, qui commandait, qui devait se taire. Je regardais les plats comme on lit un livre. Cette maison était triste, mais mes sens, eux, étaient bien éveillés. C'est peut-être là que j'ai appris à tout observer, sans qu'on me voie.

Vous aviez quel âge quand vous êtes devenue célèbre ?

J'avais vingt-trois ans, en 1943. Imagine : la ville de Shanghai était occupée par les soldats japonais, la guerre grondait partout. Et pourtant, les gens continuaient de lire ! J'ai publié deux histoires dans une revue qui s'appelait Miscellany. La première, La Cangue d'or, racontait une femme rendue méchante par l'argent d'un mariage. La seconde, L'amour dévaste la cité. En quelques semaines, tout Shanghai parlait de moi. C'était vertigineux : une jeune fille inconnue, devenue célèbre au milieu d'une guerre. Je crois que les gens avaient besoin de vraies histoires pour supporter des temps si durs.

Comment vous faisiez pour écrire des histoires aussi tristes ?

Je n'écrivais pas pour faire pleurer, tu sais. J'écrivais pour dire la vérité, même quand elle pique. Dans La Cangue d'or, mon héroïne est comme enchaînée à l'or de son mari. Peu à peu, cet argent empoisonne tout, même l'amour qu'elle porte à ses enfants. Certains ont comparé ce livre à ceux de Flaubert, un grand écrivain français que j'admirais. Mon secret ? Je regardais les gens sans les juger, mais sans me mentir non plus. J'écrivais surtout la nuit, à la lumière de ma lampe, un thé posé à côté. Les vraies histoires d'amour finissent rarement comme dans les contes.

C'est vrai que vous dessiniez vos propres robes ?

Oui ! Et j'en étais fière. On appelait ces robes des qipaos — des robes chinoises ajustées, avec un joli col droit. Mais les miennes n'étaient pas comme les autres. Je les dessinais moi-même : des fleurs géantes, des couleurs éclatantes, des rayures audacieuses. Puis un tailleur les cousait sur mesure, rien que pour moi. Imagine une rue grise, pleine de gens habillés en sombre à cause de la guerre... et moi qui passe, éclatante comme un oiseau tropical ! Les gens se retournaient. Certains me trouvaient trop excentrique. Moi, je m'en fichais. Mes robes disaient : je suis vivante, et je choisis qui je suis.

Mes robes disaient : je suis vivante, et je choisis qui je suis.
Zhang Ailing 1926
Zhang Ailing 1926Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Vous n'aviez pas peur qu'on se moque de vous ?

Un peu, au début. Mais tu sais, pendant la guerre, tout le monde avait peur : peur des bombes, peur des soldats, peur de manquer de riz. Alors moi, je refusais d'avoir peur d'une simple robe ! Porter mes couleurs vives, c'était ma petite résistance à moi. Pas avec des armes — je n'aurais pas su. Mais avec de la beauté. Dans un monde qui voulait nous rendre gris et silencieux, je répondais par des fleurs sur mon qipao. Ça peut sembler futile, une robe. Mais parfois, rester soi-même quand tout s'effondre, c'est déjà du courage.

C'est vrai que vous avez épousé quelqu'un que les gens n'aimaient pas ?

Oui, et c'est une partie douloureuse de ma vie. En 1944, j'ai épousé un homme, Hu Lancheng. Il était intelligent, il parlait bien, et j'étais amoureuse. Mais il travaillait pour un gouvernement qui obéissait aux Japonais, ceux-là mêmes qui occupaient mon pays. Quand la guerre s'est terminée, beaucoup de gens m'ont reproché ce mariage. On m'a même accusée d'avoir trahi. Tu vois, mon enfant, on peut aimer quelqu'un et se tromper terriblement sur lui. Le cœur ne demande pas toujours l'avis de la raison. J'ai payé cette erreur très cher.

Et qu'est-ce qui s'est passé après avec lui ?

Il m'a trompée, encore et encore. J'ai fini par comprendre que notre histoire était finie. En 1947, je lui ai écrit une lettre pour lui dire adieu. Et j'ai fait quelque chose d'étrange : je lui ai envoyé de l'argent. Je lui ai écrit : « Nous nous sommes aimés comme le meilleur de ce que je pouvais donner. Je t'envoie de quoi vivre six mois, afin que nous soyons quittes. » Je voulais partir la tête haute, sans rien lui devoir. C'était ma manière de refermer la porte moi-même, au lieu de la laisser claquer.

Zhang Ailing 1930
Zhang Ailing 1930Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Pourquoi vous êtes partie vivre si loin, en Amérique ?

Après la guerre, un nouveau gouvernement est arrivé en Chine, celui de Mao. Il n'aimait pas mes livres : il les trouvait trop bourgeois. En 1952, j'ai quitté Shanghai pour Hong Kong. Là, j'ai écrit un roman en anglais, The Rice-Sprout Song — 'La chanson de la rizière'. Il racontait la faim et les malheurs des paysans forcés de tout mettre en commun. Puis, en 1955, j'ai pris un bateau pour l'Amérique. Imagine ce que c'est : quitter sa ville, sa langue, tout ce qu'on connaît, pour recommencer de l'autre côté du monde. Je n'ai plus jamais revu la Chine de mon enfance.

Vous étiez triste, toute seule là-bas ?

Oui, très. En Amérique, je suis devenue de plus en plus solitaire. Je déménageais sans arrêt. Je fuyais même de minuscules insectes que je croyais voir partout — une peur qui me rongeait. Je vivais dans de petits appartements de Los Angeles, entourée de mes manuscrits, écrivant encore et toujours. J'avais été si célèbre à Shanghai, et là, presque personne ne me connaissait. Le silence était devenu ma maison. C'est un drôle de destin, tu sais : passer de la pleine lumière à l'ombre. Mais même dans l'ombre, je continuais d'écrire. C'était la seule chose qui ne m'avait jamais abandonnée.

Même dans l'ombre, je continuais d'écrire.

Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de vous ?

Oh, quelle belle question tu me poses. Je ne sais pas si on me lira encore dans cent ans — c'est le mystère de tout écrivain. Mais si je pouvais choisir, j'aimerais qu'on retienne ceci : j'ai regardé les gens en face, avec leurs faiblesses et leurs rêves, sans jamais les mépriser. Mes héroïnes ne sont pas des princesses parfaites. Ce sont des femmes vraies, qui aiment mal, qui se trompent, qui résistent comme elles peuvent. Et puis, si un jour tu croises une qipao aux fleurs éclatantes... pense à moi. Souviens-toi qu'une jeune fille de Shanghai a osé être elle-même, en pleine tempête.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Eileen Chang. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.