Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Elizabeth Anscombe

par Charactorium · Elizabeth Anscombe (1919 — 2001) · Philosophie · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux élèves d'une douzaine d'années poussent la porte d'un bureau encombré de livres, quelque part à Cambridge. Une vieille dame au monocle les attend, un cigare éteint à la main. Elizabeth Anscombe leur fait signe de s'asseoir, et la conversation commence.

Si on vous croisait dans la rue, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?

Tu me verrais sûrement avec un monocle vissé sur l'œil. Et un cigare à la main, même pendant mes cours! Imagine une dame qui fume comme un vieux capitaine de bateau, à une époque où ça ne se faisait pas du tout pour une femme. Ça surprenait beaucoup de gens. Mais moi, je m'en moquais. Je portais des vêtements sombres, simples, jamais à la mode. Tu sais, je ne cherchais pas à plaire. Je cherchais à penser droit. Le reste — les jolies robes, les bonnes manières de salon — ça ne m'intéressait pas une seconde. On me trouvait directe, parfois un peu rude. C'était vrai.

Vous aviez quel âge quand vous avez rencontré Wittgenstein ?

J'avais un peu plus de vingt ans. C'était en 1942, à Cambridge. J'allais écouter ses séminaires — tu sais, ces cours en tout petit groupe où l'on discute pied à pied. Imagine une salle silencieuse, un homme qui réfléchit à voix haute, et de longs silences où personne n'ose respirer. Il ne faisait pas cours comme les autres professeurs. Il cherchait devant nous, en direct, comme s'il pensait pour la première fois. J'étais fascinée. Et lui, d'habitude si méfiant, m'a fait confiance. C'est rare, ça, chez un maître. Nous sommes devenus amis. Cette amitié a changé toute ma vie.

C'est vrai qu'il vous a confié tous ses papiers en mourant ?

Oui. Quand il est mort, en 1951, il m'a choisie pour veiller sur ses écrits. On appelle ça être exécutrice testamentaire : la personne chargée de respecter les dernières volontés d'un défunt. Sauf que là, il ne s'agissait pas d'argent. C'étaient des cahiers entiers, couverts d'une écriture serrée, jamais publiés. Imagine des piles de carnets qu'il faut déchiffrer presque mot à mot. J'y ai passé des années. J'ai traduit en anglais son grand livre, les Philosophical Investigations, paru en 1953. Un vrai travail de fourmi. Mais sans ça, le monde n'aurait jamais lu sa pensée.

C'est quoi, cette histoire de vote contre un président ?

Ah, ça! En 1958, mon université, Oxford, voulait remettre un grand diplôme d'honneur à Harry Truman, le président américain. Le même homme qui avait ordonné de lâcher la bombe atomique sur Hiroshima. Des dizaines de milliers de civils — des familles, des enfants — disparus en un instant. Et on allait l'applaudir? J'ai dit non. Presque seule contre tous. J'ai écrit un petit texte, Mr Truman's Degree, pour expliquer pourquoi. Tuer exprès des innocents pour gagner une guerre, ce n'est pas se défendre. C'est un meurtre. Honorer cela, je ne pouvais pas.

Tuer exprès des innocents pour gagner une guerre, ce n'est pas se défendre, c'est un meurtre.

Vous n'aviez pas peur de vous fâcher avec tout le monde ?

Bien sûr que si. Imagine: tu lèves la main, toute seule, dans une grande salle pleine de gens importants qui te regardent de travers. C'est intimidant. Mais il existe une vieille idée, la doctrine de la guerre juste: on peut se défendre, oui, mais jamais en visant exprès des innocents. Certains actes sont mauvais en eux-mêmes, quoi qu'il arrive, peu importe le résultat. On les appelle des actes intrinsèquement mauvais. Pour moi, écraser des villes entières de civils en faisait partie. Alors j'ai préféré déplaire à tout Oxford plutôt que de me taire et trahir ma conscience.

Elisabeth Anscombe
Elisabeth AnscombeWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Albarluque

C'est vrai que vous avez inventé un mot ?

Oui, un mot un peu savant: conséquentialisme. Je l'ai forgé en 1958, dans un article qui s'appelle Modern Moral Philosophy. Le conséquentialisme, c'est l'idée qu'une action serait bonne ou mauvaise uniquement selon ses résultats. Si ça finit bien, alors tout serait permis pour y arriver. Tu vois le danger? Avec ce raisonnement, on pourrait justifier n'importe quoi — même tuer un innocent — du moment que ça «arrange» les choses. Moi, je trouvais cela faux et dangereux. J'ai mis un nom dessus pour qu'on puisse mieux le critiquer. Donner un nom à une idée, c'est déjà commencer à la combattre.

Donner un nom à une idée, c'est déjà commencer à la combattre.

Alors d'après vous, comment on sait ce qui est bien ?

Tu poses la grande question! De mon temps, beaucoup de savants parlaient de «devoir» et d'«obligation morale» comme de règles tombées du ciel. Moi, je trouvais ces mots un peu vides, déracinés. Je pensais qu'il fallait revenir à Aristote, un philosophe grec très ancien. Lui ne demandait pas «quelle règle suivre?», mais «quelle sorte de personne veux-tu devenir?». On appelle ça l'éthique des vertus: le courage, l'honnêteté, la justice se cultivent comme un jardin, jour après jour. Tu ne deviens pas quelqu'un de bien d'un coup. Tu le deviens par habitude, par petits gestes répétés. Voilà ce qui me semblait vrai.

On dit que votre religion comptait beaucoup pour vous ?

Énormément. J'étais catholique, et profondément. Je me suis convertie jeune, étudiante à Somerville College, à Oxford. Chaque matin, j'allais à la messe avant de me mettre au travail. Je gardais toujours un chapelet sur moi — tu sais, ce petit collier de grains qu'on égrène en priant. Pour moi, croire et penser n'étaient pas deux choses séparées. Ma foi nourrissait ma philosophie, et ma philosophie éclairait ma foi. Les deux marchaient ensemble, main dans la main. Imagine un arbre: la prière, c'étaient les racines; mes livres, c'étaient les branches. Sans racines, pas de branches.

Vous avez défendu une décision du pape même quand ça vous attirait des ennuis ?

Oui. En 1968, le pape a publié un texte, Humanae Vitae, qui rappelait l'interdiction catholique de certaines manières de limiter les naissances. Beaucoup de gens étaient furieux, même parmi les catholiques. Et moi, je l'ai défendu publiquement. On m'a critiquée très durement. Mais tu sais, j'avais sept enfants, et un mari philosophe lui aussi, Peter Geach. Je voulais que ma vie et mes idées disent exactement la même chose. Ce serait trop facile de penser une chose et d'en vivre une autre, en cachette. Je préférais rester cohérente, même quand ça me coûtait cher.

Si on devait retenir une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Que penser, c'est une chose sérieuse. Ce ne sont pas des jeux de mots pour amuser les savants. Quand tu décides de faire quelque chose, tu as toujours une raison — pas seulement une cause qui te pousse comme on pousse une bille. Comprendre cette différence, c'est comprendre ce que veut dire agir. C'est tout le sujet de mon livre Intention, paru en 1957. Et puis retiens ceci, mon enfant: n'aie jamais peur d'être seule à dire non quand tu sens que c'est juste. J'ai fumé mes cigares, j'ai dit ce que je pensais, et je n'ai regretté ni l'un ni l'autre.

N'aie jamais peur d'être seule à dire non quand tu sens que c'est juste.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Elizabeth Anscombe. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.