Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Ellen Johnson Sirleaf

par Charactorium · Ellen Johnson Sirleaf (1938 — ?) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est sur la véranda d'une maison de Monrovia, en cette fin d'année 2011, que Leymah Gbowee retrouve celle qu'elle appelle simplement Ma Ellen. Les deux femmes viennent de partager le prix Nobel de la paix quelques semaines plus tôt à Oslo, et l'air sent encore la pluie chaude de l'Atlantique sur les tôles. Elles se connaissent depuis les années de guerre, quand les femmes du marché et des églises descendaient dans la rue pour exiger la fin des combats. Gbowee n'est pas venue en journaliste : elle vient en sœur de combat, avec ses questions de militante qui veut comprendre ce que l'autre a porté en silence.

Ma Ellen, je me souviens de nos marches blanches avant 2005. Le soir où tu as battu George Weah au second tour, qu'as-tu ressenti, toi, la première d'entre nous ?

Leymah, toi qui marchais en tête de ces femmes vêtues de blanc, tu sais mieux que personne ce que cette victoire pesait. Quand les résultats sont tombés, je n'ai pas pensé à moi. J'ai pensé à toutes ces mères qui avaient enterré leurs fils, à ces marchandes qui avaient bravé les balles pour réclamer la paix. Devenir en 2006 la première femme élue à la tête d'un État africain, ce n'était pas mon triomphe : c'était le vôtre. J'ai senti le poids d'un continent entier sur mes épaules. Le monde nous regardait pour voir si une femme pouvait relever un pays brisé par quatorze ans de guerre. Nous n'avions pas le droit d'échouer.

Ce n'était pas mon triomphe : c'était le vôtre.

Avant le pouvoir, il y a eu les barreaux. Tu as été jetée en prison sous Doe, condamnée à dix ans. Dans ta cellule, qu'est-ce qui t'a empêchée de plier ?

Tu connais cette peur, Leymah, celle qui vous saisit la nuit dans une cellule. En 1985, après avoir critiqué le régime de Samuel Doe, on m'a arrêtée, puis condamnée à dix ans. J'ai cru que je ne reverrais jamais mes fils. Mais dans ce silence, j'ai compris une chose : ils pouvaient enfermer mon corps, jamais ma conviction. Plus tard, sous Charles Taylor, j'ai connu à nouveau l'exil et la menace. Chaque humiliation creusait en moi une détermination plus dure que la pierre. Quand on a tout perdu sauf sa dignité, on devient libre d'une manière que les puissants ne comprennent pas. C'est cela qui m'a portée jusqu'à la présidence.

Ils pouvaient enfermer mon corps, jamais ma conviction.

On t'a formée à Harvard, loin de nos comtés. Comment cette économiste a-t-elle pu effacer une dette de plusieurs milliards qui étranglait le Liberia ?

Mon passage à Cambridge, où j'ai obtenu mon master d'administration publique en 1971, m'a donné une arme que peu de chefs d'État possédaient : la maîtrise des chiffres. Quand je suis arrivée au pouvoir, le Liberia croulait sous près de cinq milliards de dollars de dette héritée des guerres. Avec ma mallette et les rapports du FMI, je suis allée plaider notre cause de capitale en capitale. Grâce à l'initiative PPTE, nous avons obtenu l'annulation de plus de 4 milliards de dollars. Ce n'était pas de la magie, Leymah, c'était du travail acharné, des nuits passées sur des bilans. Effacer cette dette, c'était rendre à nos enfants un avenir qui n'était pas déjà hypothéqué.

Effacer cette dette, c'était rendre à nos enfants un avenir qui n'était pas déjà hypothéqué.

Beaucoup t'ont reproché de trop courtiser le FMI et la Banque mondiale. À nous, les femmes de la rue, qu'as-tu à répondre sur ces choix ?

Je comprends ce reproche, et je l'accueille, car il vient de celles qui souffraient le plus. Mais réfléchis : un pays sans état de droit, sans écoles, sans routes, ne nourrit pas ses enfants avec des slogans. J'ai dû ramener les investisseurs, rétablir la confiance, prouver que le Liberia n'était plus un trou noir de corruption. Oui, j'ai parlé le langage des institutions internationales, parce que c'est ce langage qui débloquait les ressources. Le dividende de la paix, il fallait aller le chercher là où se trouvait l'argent. J'aurais voulu aller plus vite pour les marchandes et les paysans. Mais reconstruire un État dévasté, c'est l'œuvre d'une génération, pas d'un mandat.

Un pays sans écoles ne nourrit pas ses enfants avec des slogans.

À Oslo, tu as dédié notre prix aux femmes du marché et des églises. Pourquoi avoir tenu, devant le monde entier, à t'effacer derrière elles ?

Parce que c'était la vérité, Leymah. Ce prix Nobel de 2011, nous l'avons reçu toutes les trois — toi, Tawakkol Karman et moi — mais en réalité il appartenait à des milliers d'autres. Aux femmes qui ont risqué leur vie pour arrêter la guerre, à celles qui tenaient les familles debout quand tout s'effondrait. À Oslo, j'ai dit que ce prix appartenait aux femmes du marché, aux femmes des églises. Comment aurais-je pu monter seule sur cette estrade ? J'ai toujours cru que le salut de l'Afrique repose entre les mains de ses femmes. Ce jour-là, le comité Nobel ne récompensait pas trois personnes : il reconnaissait enfin une vérité que vous portiez depuis toujours.

Le salut de l'Afrique repose entre les mains de ses femmes.
Ellen Johnson Sirleaf February 2015
Ellen Johnson Sirleaf February 2015Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Sean Hurt

On t'a surnommée Iron Lady, la Dame de fer. Toi qui parles tant des femmes, ce surnom de fermeté, est-ce qu'il te ressemble vraiment ?

Ce surnom, Leymah, on me l'a collé comme une armure, et je l'ai accepté sans qu'il me définisse. Gouverner un pays sortant de la guerre exige une poigne ferme : il faut affronter les warlords, refuser la corruption, dire non à ceux qui voudraient replonger le pays dans le chaos. Oui, j'ai été dure quand il le fallait. Mais derrière la Iron Lady, il y a une mère, une grand-mère, une femme qui pleure aussi. La fermeté n'est pas le contraire de la tendresse : c'est ce qui la protège. Sans fermeté, nos rêves de paix auraient été piétinés par les premiers hommes en armes venus.

La fermeté n'est pas le contraire de la tendresse : c'est ce qui la protège.

Le matin, à la Mansion Executive, avant les conseils des ministres, comment commences-tu ces journées qui décident du sort de tout un peuple ?

Je me lève avant le jour, vers cinq heures et demie, quand Monrovia dort encore. Je commence par la prière, puis par la lecture des dépêches et des rapports de mes ministres. Tu sais, ce moment de silence avant l'agitation, c'est là que je puise ma force. À la Mansion Executive, ce palais reconstruit sur les ruines de la guerre, chaque mur me rappelle ce que nous avons traversé. Ensuite viennent les conseils, les audiences, les déplacements dans les comtés pour ne jamais perdre le contact avec la réalité du terrain. Une présidente qui ne marche plus parmi son peuple cesse de comprendre son peuple. Je m'y suis toujours refusée.

Une présidente qui ne marche plus parmi son peuple cesse de comprendre son peuple.
A protriate image of President Ellen Johnson Sirleaf
A protriate image of President Ellen Johnson SirleafWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Kulest

Et maintenant, l'ombre que nul ne voit encore. Tu redoutes pour notre pays une nouvelle épreuve — une maladie, peut-être. Comment t'y prépares-tu ?

Leymah, je redoute surtout ce contre quoi nous sommes le moins armés. Nos hôpitaux ont été détruits par les guerres, nos médecins ont fui. Si une grande crise sanitaire frappait notre région, je sais que nous serions parmi les plus vulnérables. C'est pourquoi je me bats pour reconstruire le système de santé, brique par brique, avec l'aide de la communauté internationale. Je garde toujours mon téléphone à portée de main, car dans un pays aux infrastructures fragiles, la communication peut sauver des vies. Nous avons appris pendant la guerre que la prévention vaut mille fois la réaction. J'espère ne jamais avoir à coordonner une telle réponse — mais je m'y prépare comme si l'épreuve était déjà là.

La prévention vaut mille fois la réaction.

Un jour viendra où tu devras quitter ce fauteuil. Toi qui as tant lutté pour le pouvoir, comment imagines-tu le rendre, en paix ?

C'est peut-être l'épreuve la plus difficile, Leymah, plus que de conquérir le pouvoir : savoir le rendre. Depuis 1944, notre pays n'a jamais connu de transmission pacifique entre deux présidents élus. Imagine ce que cela signifierait : un jour, remettre l'écharpe à mon successeur sans une seule balle tirée, sans un seul exil. Ce serait ma plus grande fierté, bien plus que tout titre. Le pouvoir n'est pas une propriété, c'est un dépôt que le peuple te confie. Celui qui s'y accroche trahit ceux qui l'ont porté. Je veux prouver à l'Afrique qu'une démocratie africaine peut tourner ses pages dans le calme, par les urnes et non par les armes.

Le pouvoir n'est pas une propriété, c'est un dépôt que le peuple te confie.

Une dernière question, Ma Ellen, entre nous. Dans tes nuits d'exil et de cellule, qu'est-ce qui t'a fait croire que ce jour-là, à Oslo, arriverait ?

Rien, Leymah. Je n'ai jamais imaginé Oslo dans mes cellules. On ne survit pas à la prison en rêvant de médailles : on survit en refusant de mentir à sa conscience. Ce que je voulais, ce n'était pas la gloire, c'était que mes petits-enfants grandissent dans un Liberia où l'on ne disparaît plus pour avoir parlé. Quand le comité Nobel a appelé, j'ai d'abord pensé à toutes celles qui n'ont pas vécu pour voir ce jour. La reconnaissance est venue après, comme une grâce inattendue. Mais ce qui m'a tenue debout, c'était la certitude que notre cause était juste — et qu'une cause juste finit toujours, un jour, par trouver sa lumière.

On ne survit pas à la prison en rêvant de médailles : on survit en refusant de mentir à sa conscience.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ellen Johnson Sirleaf. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.