Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Ellen Johnson Sirleaf

par Charactorium · Ellen Johnson Sirleaf (1938 — ?) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Monrovia, un matin de saison sèche. Dans un salon de la Mansion Executive, face à l'estuaire où l'Atlantique vient battre une ville encore couturée par la guerre, Ellen Johnson Sirleaf reçoit, le geste posé, la voix grave. Sur la table basse, un dossier économique annoté et un foulard plié aux couleurs du drapeau libérien. Elle parle lentement, comme une femme qui a appris à compter chaque mot.

Vous souvenez-vous de la première fois où une porte de cellule s'est refermée sur vous ?

C'était en 1985. J'avais osé dire tout haut ce que la rue murmurait sur le régime de Samuel Doe, et l'on m'a jetée en prison comme on range un objet gênant. Plus tard, ce fut sous l'ombre de Charles Taylor. On m'a un jour condamnée à dix ans, croyant qu'un chiffre suffirait à m'éteindre. Mais une cellule, voyez-vous, ne réduit pas une conviction ; elle la concentre. Je récitais des chiffres de budget dans le noir pour garder l'esprit clair, et je me disais que la peur était l'instrument le plus banal des hommes faibles au pouvoir. C'est la pression du dehors, des amis, des gouvernements, qui a fini par ouvrir la serrure. J'en suis sortie non pas brisée, mais aiguisée.

Une cellule ne réduit pas une conviction ; elle la concentre.

Comment vit-on l'exil et la traque sans renoncer à revenir ?

L'exil est une école d'humilité. J'ai passé des années loin du Liberia, à la Banque mondiale, au sein des institutions internationales, ma mallette de diplomate toujours prête, à plaider pour un pays que d'autres considéraient comme perdu. Mais je n'ai jamais cessé d'appartenir à cette terre. Quand on a vu des seigneurs de guerre, ce que la presse appelait les warlords, transformer Monrovia en champ de ruines, on comprend que partir n'est pas fuir : c'est se préparer. J'apprenais la finance publique le jour, et la nuit je pensais aux marchés vides de la capitale. Revenir n'était pas une décision courageuse ; c'était la seule conclusion logique d'une vie. Le courage, je crois, n'est souvent que de la fidélité tenue jusqu'au bout.

Que ressentiez-vous le 16 janvier 2006, au moment de prêter serment ?

Devant moi, à Monrovia, il y avait des femmes du marché venues à pied, des veuves, des gamins-soldats devenus hommes sans avoir été enfants. J'ai dit ce jour-là, simplement : “We want peace. We want freedom. We want prosperity. And we are determined to work hard to achieve these goals, because Liberia is worth fighting for.” Ce n'étaient pas des mots de cérémonie. Quatorze années de guerre civile avaient appris à mon peuple à se méfier des promesses. Je sentais le poids de cette défiance, mais aussi quelque chose de neuf : une nation qui osait à nouveau espérer. J'ai compris à cet instant que gouverner ne serait pas exercer un pouvoir, mais rembourser une dette de confiance.

Gouverner ne serait pas exercer un pouvoir, mais rembourser une dette de confiance.

Être la première femme élue à la tête d'un État africain : fardeau ou tremplin ?

Les deux, indissociablement. En 2006, ma victoire fut saluée jusqu'à l'autre bout du monde comme un tournant, et j'en mesurais la portée : derrière moi marchaient des millions de filles à qui l'on répétait que la politique n'était pas leur affaire. Mais une première porte un fardeau particulier : il faut réussir, car l'échec n'aurait pas été le mien seul, il aurait servi d'argument à tous ceux qui doutaient des femmes. Mes adversaires m'ont surnommée la Iron Lady, croyant me piquer. Je l'ai pris comme un hommage. La dureté qu'on me prêtait n'était que le refus de céder un terrain conquis au prix de tant de souffrances par les Libériennes.

Comment s'attaque-t-on à une dette de plusieurs milliards quand le pays est en ruines ?

Avec des rapports, de la patience, et beaucoup de voyages. Le Liberia traînait près de cinq milliards de dollars de dette extérieure, héritage des dictatures et des guerres : une chaîne au pied d'un pays qui voulait courir. Ma formation d'économiste, mes années à Harvard, m'ont au moins servi à cela : lire un rapport du FMI sans me laisser intimider, et négocier d'égale à égal. Nous avons fait entrer le pays dans l'initiative PPTE, et obtenu l'annulation de plus de quatre milliards de dollars. Chaque dollar effacé n'était pas une abstraction comptable : c'était une école rouverte, une route refaite, un dispensaire. On ne reconstruit pas une nation avec des discours, mais avec des comptes que l'on remet patiemment à l'endroit.

Chaque dollar de dette effacé, c'était une école rouverte, une route refaite, un dispensaire.
Ellen Johnson Sirleaf February 2015
Ellen Johnson Sirleaf February 2015Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Sean Hurt

Par où commence concrètement la reconstruction d'un État effondré ?

Par le plus invisible : la confiance dans la règle. Quand j'ai pris mes fonctions à la Mansion Executive, l'État libérien n'était plus qu'un nom ; la corruption avait remplacé la loi, et les fonctionnaires n'étaient plus payés. J'ai voulu rétablir l'état de droit avant les routes, parce qu'un pont se rebâtit en un an, mais une institution pillée met une génération à retrouver crédit. Nous avons traqué la corruption, parfois dans ma propre administration, ce qui m'a coûté des amitiés. J'ai aussi ouvert une Commission vérité et réconciliation, car on ne bâtit rien de durable sur des comptes que l'on refuse de solder avec son propre passé. La reconstruction matérielle suit ; elle ne précède jamais la reconstruction morale.

En décembre 2011, à Oslo, à qui pensiez-vous en recevant le prix Nobel de la paix ?

Pas à moi. À Oslo, sous les lumières froides du Nord, j'ai pensé aux Libériennes restées chez elles. J'ai dit ce que je crois profondément : “This prize belongs to all the women of Liberia — the market women, the church women, the women who risked their lives to stop the war.” Je le partageais d'ailleurs avec Leymah Gbowee et Tawakkol Karman, deux sœurs de combat. Le comité saluait notre lutte non violente pour la sécurité des femmes et leur droit à façonner la paix. Cette médaille, je ne l'ai jamais regardée comme une distinction personnelle, mais comme un reçu : la preuve que celles qu'on n'écoutait jamais avaient, par leur courage obstiné, arrêté une guerre que les armes n'arrêtaient pas.

Cette médaille n'était pas une distinction, mais un reçu : la preuve que les femmes avaient arrêté la guerre.
A protriate image of President Ellen Johnson Sirleaf
A protriate image of President Ellen Johnson SirleafWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Kulest

Pourquoi avoir si souvent placé les femmes au cœur de votre action ?

Parce que ce sont elles qui portent le poids du chaos. J'ai longtemps cru, et je l'ai écrit dans This Child Will Be Great, que le salut de l'Afrique repose entre les mains de ses femmes : ce sont elles qui rebâtissent après la guerre, qui tiennent debout les familles quand tout s'effondre. Pendant les guerres civiles, ce sont les femmes du marché, en blanc, qui ont assiégé les pourparlers d'Accra jusqu'à ce que les hommes signent la paix. Comment, après cela, prétendre gouverner sans elles ? Mon féminisme n'a rien d'une théorie importée ; il vient des trottoirs de Monrovia, des mères qui marchandaient un poisson pour nourrir cinq enfants pendant que les fusils parlaient.

L'épidémie d'Ebola, en 2014, fut sans doute votre épreuve la plus dramatique. Comment l'avez-vous affrontée ?

Comme une seconde guerre, mais contre un ennemi qu'on ne voyait pas. En 2014, l'Ebola a fauché plus de quatre mille des nôtres et menaçait d'emporter toute la sous-région. Les frontières se fermaient, le monde nous regardait comme des pestiférés. J'ai passé des nuits au téléphone satellitaire à supplier, à organiser, à coordonner l'aide internationale, parce qu'un État aux infrastructures dévastées ne peut vaincre seul un tel fléau. Il fallait à la fois rassurer une population terrorisée et imposer des mesures qu'elle haïssait. J'ai écrit publiquement pour appeler le monde au secours, sans orgueil mal placé. Une dirigeante n'a pas le luxe de la fierté quand son peuple meurt : elle a le devoir de demander de l'aide, et de l'obtenir.

En 2018, vous avez remis le pouvoir à George Weah. Pourquoi y teniez-vous tant ?

Parce que c'était, pour le Liberia, le geste le plus rare de tous : céder. Depuis 1944, jamais un président élu n'avait passé pacifiquement le relais à un autre président élu ; chez nous, le pouvoir changeait de mains par les coups d'État et les balles. En remettant l'écharpe à George Weah — celui-là même que j'avais battu autrefois aux urnes —, je voulais montrer que la démocratie n'est pas un discours, mais une habitude qu'on installe par l'exemple. Un dirigeant se juge moins à la manière dont il prend le pouvoir qu'à celle dont il sait s'en défaire. Ce jour-là, je n'ai pas perdu une fonction : j'ai légué une règle. Et une règle, contrairement à un homme, ne meurt pas.

Un dirigeant se juge moins à la manière dont il prend le pouvoir qu'à celle dont il sait s'en défaire.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ellen Johnson Sirleaf. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.