Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Guy de Maupassant

par Charactorium · Guy de Maupassant (1850 — 1893) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Automne 1889. La villa « La Guillette » à Étretat sent le bois ciré et l'embrun ; par la fenêtre, on devine les falaises que la mer ronge depuis toujours. Guy de Maupassant, lorgnon sur le nez et la mine fatiguée malgré ses trente-neuf ans, accepte de parler entre deux chroniques à rendre.

Comment se passaient ces fameux dimanches chez Flaubert ?

Chaque dimanche, je prenais le chemin de Croisset, près de Rouen, mes pages roulées sous le bras comme un écolier qui tremble. Le maître me faisait asseoir, lisait à voix haute, et puis sa main tombait sur mes phrases comme un couperet. Il biffait, il raturait, il m'expliquait qu'un mot juste vaut dix mots habiles. Pendant sept ans, il m'a interdit de publier — sept ans à apprendre qu'écrire n'est pas raconter mais voir. Je le maudissais parfois en remontant la Seine. Aujourd'hui je sais que cette tyrannie patiente fut le plus grand cadeau qu'un homme m'ait fait. On ne devient pas écrivain : on le devient à coups de ratures.

On ne devient pas écrivain : on le devient à coups de ratures.

Vous souvenez-vous du jour où Flaubert a enfin salué votre travail ?

C'était au début de 1880, quand parut « Boule de Suif » dans Les Soirées de Médan. J'attendais son verdict avec plus d'angoisse qu'un accusé attend la sienne. Et puis vint sa lettre, que je garde précieusement : « Votre nouvelle de Boule de Suif est un chef-d'œuvre ! Je maintiens le mot : un chef-d'œuvre de composition, de comique et d'observation. » Imaginez : l'homme qui m'avait interdit d'imprimer pendant des années me décernait ce mot-là. J'avais trente ans. Quelques semaines plus tard, le 8 mai, il mourait. Le maître a eu le temps de me bénir avant de partir, et c'est peut-être tout ce que j'ai jamais désiré.

Que représentait pour vous le canotage sur la Seine ?

Ah, l'eau ! Donnez-moi un canot, une paire d'avirons, et le dimanche entre Chatou et Argenteuil, et vous me reprenez tout le reste. J'ai possédé plusieurs embarcations, j'ai ramé jusqu'à m'en arracher les épaules, par pur bonheur de fendre le courant. Les guinguettes au bord de l'eau, les filles en jupon, le vin frais, les rires qui montent dans la lumière — voilà ma vraie école, après celle de Croisset. Tout ce que j'ai écrit de « Sur l'eau » ou d'« Une partie de campagne » est sorti de ces matinées-là. La littérature, voyez-vous, ne se trouve pas toujours dans les livres : elle se trouve souvent dans le clapotis et la sueur.

Pourquoi ces plaisirs populaires du dimanche reviennent-ils si souvent sous votre plume ?

Parce qu'il n'y a pas de petit sujet, seulement de petits regards. Une partie de campagne, un employé qui s'offre une journée d'air, une femme qui sent pour la première fois le frisson de la liberté sous les arbres — c'est là que la comédie humaine se dévoile sans fard. Le bourgeois endimanché en canotier croit s'amuser ; moi, je le regarde et je vois ses désirs, ses lâchetés, ses tendresses cachées. Le peuple du dimanche ne pose pas, il vit. Et l'écrivain qui veut peindre l'homme doit aller le surprendre là où il se croit seul, au bord de l'eau, plutôt que dans les salons où chacun récite son rôle.

Comment définiriez-vous votre conception du roman ?

Je l'ai écrite noir sur blanc en tête de Pierre et Jean, en 1888, parce qu'on me rangeait trop vite parmi les copistes du réel. Le réaliste, s'il est un artiste, ne cherche pas « à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même ». Voilà tout mon art. On me croit du naturalisme, et c'est vrai que j'en partage le sérieux ; mais je ne dresse pas de procès-verbal. Je choisis, je resserre, j'élague jusqu'à ce qu'une scène vous frappe plus fort que si vous l'aviez vécue. L'illusion du vrai, voyez-vous, demande plus de métier que le vrai lui-même.

L'illusion du vrai demande plus de métier que le vrai lui-même.
Portrait de Gustave de Maupassant
Portrait de Gustave de MaupassantWikimedia Commons, Public domain — Hippolyte Bellangé

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de simplement copier la vie ?

Qu'ils essaient ! Copier la vie, c'est la noyer sous mille détails inutiles, c'est confondre l'inventaire et le tableau. Moi, je travaille comme un menuisier : je rabote. Une nouvelle bien faite, c'est cent pages de réel réduites à dix pages de nécessaire. Dans mes chroniques du Gil Blas et du Gaulois, je notais tout ce que je voyais dans les rues, les omnibus, les bureaux ; mais quand je passais à la nouvelle, j'oubliais les neuf dixièmes. Comme je l'ai écrit, nous devons « regarder, comprendre et tout dire avec le génie de la sincérité et de l'art ». Le génie n'est pas dans l'accumulation. Il est dans le choix, et le choix est cruel.

Le Horla semble né d'une angoisse très intime. D'où vient-elle ?

Vous touchez là où ça saigne. Le Horla, que j'ai publié en 1887, n'est pas une fantaisie de conteur : c'est un journal de ma propre frayeur. Je porte en moi un mal contracté dans ma jeunesse, un mal qu'on ne guérit pas, et qui ronge le corps avant de monter vers la tête. Il y a des nuits où je sens une présence invisible penchée sur mon lit, où mon lorgnon ne me sauve plus, car ce n'est pas mes yeux qui faiblissent, c'est ma raison. Écrire cette terreur, c'était encore une façon de la regarder en face, comme Flaubert m'avait appris à regarder le réel. Mais l'invisible, lui, ne se laisse pas raturer.

L'invisible, lui, ne se laisse pas raturer.

Comment vivez-vous cette menace qui pèse sur votre esprit ?

Avec une lucidité qui est elle-même un supplice. Je vois venir la chose comme un marin voit grossir l'orage sur la mer d'Étretat. Mes migraines redoublent, les hallucinations se font plus hardies, et je devine qu'un jour la maison du docteur Blanche, à Passy, m'ouvrira ses portes pour ne plus me les rouvrir. J'use parfois d'éther pour calmer la douleur, et l'éther me donne des visions étranges, presque belles, qui m'effraient autant qu'elles me soulagent. Le pire, voyez-vous, n'est pas de devenir fou : c'est de se regarder le devenir, de tenir encore sa plume bien droite pendant que tout chavire derrière le front.

On vous dit d'une productivité prodigieuse. Comment travaillez-vous ?

Comme un forçat, c'est le mot que j'ai écrit à ma mère, et il est juste. Je me lève tôt, et de six heures à midi, plume sergent-major à la main, je remplis mes pages avec la régularité d'un horloger — discipline héritée de Croisset. En dix ans, j'ai donné six romans, plus de trois cents nouvelles, des récits de voyage, des chroniques par centaines. L'après-midi, je cours aux rédactions, je rame, je tire au fleuret ; le soir, les salons. On me croit prodigue de mon temps : je suis surtout avare de mes matinées. Le talent sans le labeur n'est qu'une promesse en l'air, et je n'ai jamais aimé les promesses.

Que diriez-vous de ce yacht que vous avez baptisé du nom de votre roman ?

Mon Bel-Ami ! Quel triomphe secret d'avoir gagné, par la seule encre de mes chroniques et de mes livres, de quoi m'offrir un bateau qui m'emporte sur la Méditerranée. Je l'ai nommé d'après mon roman de 1885, cette histoire d'un arriviste qui monte dans le journalisme parisien à coups d'audace et de séduction. Il y a là une ironie qui me plaît : Georges Duroy escaladait les marches de la fortune, et c'est lui qui m'a payé ma liberté sur les flots. Sur ce pont, loin des rédactions, je respire, j'écris parfois, je regarde l'horizon. Un homme de lettres qui possède la mer, voilà ma plus belle revanche sur les bureaux du ministère où j'ai usé ma jeunesse.

Un homme de lettres qui possède la mer, voilà ma plus belle revanche.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Guy de Maupassant. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.