Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Hatchepsout

par Charactorium · Hatchepsout (1506 av. J.-C. — 1457 av. J.-C.) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Hatchepsout
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — User:Postdlf

L'aube se lève sur la rive de l'occident, à Thèbes. Adossé à la falaise, le temple à trois terrasses de Deir el-Bahari s'illumine, et sous ses colonnes claires nous attend celle que les monuments montrent en homme et que les scribes nomment tantôt roi, tantôt reine. Elle parle bas, d'une voix qui semble venir de la pierre elle-même.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez cessé d'être régente pour ceindre la double couronne ?

Mon époux et demi-frère Thoutmôsis II s'en fut vers l'occident alors que son fils n'était qu'un enfant au sein. On me confia la régence, comme on confie un troupeau à qui saura le garder. Quelques crues du Nil passèrent, et je compris que gouverner au nom d'un autre, c'est régner sans dire son nom. Alors, vers l'année où l'enfant grandissait, je ceignis la double couronne. Je fis attacher à mon menton la barbe postiche des rois, je posai le némès rayé sur mon front. Mes sculpteurs me taillèrent en homme, car la fonction du pharaon n'a pas de sexe : elle a un devoir. Les scribes, eux, hésitaient encore, m'écrivant tantôt au masculin, tantôt au féminin. Qu'importe le mot : j'étais l'Horus vivant.

Gouverner au nom d'un autre, c'est régner sans dire son nom.

Pourquoi porter les attributs des hommes plutôt que régner ouvertement en femme ?

On croit que je me suis déguisée en homme par orgueil. On se trompe. La barbe, le pagne, l'uraeus dressé sur le front, ce ne sont pas des habits : ce sont les signes que les dieux ont donnés à celui qui tient le monde debout. Une reine console le roi ; un pharaon nourrit les temples et repousse le chaos. Pour porter ce fardeau, il fallait que le peuple voie sur la pierre non pas une fille d'Ahmès, mais la forme éternelle du souverain. Mon nom de couronnement, Maâtkarê, dit tout : la Maât est le ka de Rê. C'est en homme de pierre que je pouvais l'incarner, même si mon sang était celui d'une femme. La postiche ne cachait rien ; elle révélait ma charge.

Parlez-nous de cette expédition que vous avez lancée vers le pays de Pount.

J'ai envoyé mes navires là où mes pères n'osaient plus aller, vers Pount, au bout de la mer, cette côte odorante que le pays divin garde jalousement. Mes reliefs de Deir el-Bahari montrent tout : « Chargement des navires, en grande quantité, des merveilles du pays de Pount : tous les bois odoriférants du pays divin, des tas de résine de myrrhe, des arbres de myrrhe verts, de l'ébène et de l'ivoire pur. » On rapporta l'or, l'encens, les peaux de panthère, et surtout des arbres à myrrhe vivants, la motte de terre encore autour des racines. Je les fis planter devant mon temple, pour qu'Amon respire leur parfum jusqu'à la fin des temps. Un roi conquiert avec la lance ; moi, j'ai conquis avec la voile et le troc.

Un roi conquiert avec la lance ; moi, j'ai conquis avec la voile et le troc.

Qu'est-ce qui justifiait de risquer hommes et vaisseaux sur une route aussi lointaine ?

Parce que les dieux ont faim de parfum. Sans encens ni myrrhe, l'autel d'Amon-Rê reste muet ; la fumée qui monte est la voix par laquelle l'homme parle au ciel. Depuis que les Hyksôs avaient troublé le pays, les grandes routes du sud s'étaient refermées, et l'Égypte payait cher ce qu'elle pouvait aller chercher elle-même. Alors j'ai armé des vaisseaux, non pour la gloire d'un butin, mais pour rouvrir le chemin que mes aïeux avaient laissé s'ensabler. Rapporter les résines de Pount, c'était nourrir les temples et remplir les greniers d'un même geste. Le commerce, vois-tu, est une autre forme de piété : ce que la barque rapporte de loin, l'encensoir le rend aux dieux.

Comment avez-vous conçu ce temple accroché à la falaise, où nous nous tenons ?

Va sur la rive de l'occident, là où la falaise tombe droit comme un mur du ciel, et regarde mon temple de Deir el-Bahari monter vers elle par trois terrasses. Je l'ai voulu ainsi : non pas écrasé au sol comme une pierre posée, mais s'élevant marche après marche, épousant la montagne comme si la roche avait décidé de devenir demeure d'Amon. Mes maîtres d'œuvre — je pense souvent à Sénènmout, qui portait mes plans — ont dressé ces colonnes claires face au soleil levant. Le peuple y montera en procession lors de la belle fête de la vallée. J'ai bâti pour que, mille crues plus tard, on sache qu'ici régna un souverain qui aimait la ligne droite et la lumière. La pierre ne ment pas ; elle dure.

J'ai bâti pour que, mille crues plus tard, on sache qu'ici régna un souverain qui aimait la ligne droite et la lumière.
Cercueil de la chanteuse d'Amon-Rê Hatchepsout - Servir les dieux d'Égypte - Musée de Grenoble
Cercueil de la chanteuse d'Amon-Rê Hatchepsout - Servir les dieux d'Égypte - Musée de GrenobleWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Milky

Et ces obélisques de Karnak, comment les avez-vous dressés ?

Les obélisques ! Deux aiguilles de granit rose, arrachées d'un seul bloc aux carrières d'Assouan, descendues par le Nil sur des barges que je croyais voir plier sous le poids. Je les ai fait dresser dans la maison d'Amon, à Karnak, la pointe couverte d'électrum pour qu'elle prenne feu au premier rayon. L'un d'eux tient encore debout, plus haut que six hommes montés l'un sur l'autre. Sur sa face, j'ai fait graver ma vérité : « J'ai fait cela d'un cœur aimant pour mon père Amon… qu'il ne dise pas que ce que j'ai dit est une vantardise. » Car on murmurait déjà que je me glorifiais. Non : je rendais à Rê ce qui est à Rê, et je le criais dans la pierre pour que nul n'en doute.

Sur quel fondement une femme pouvait-elle prétendre au trône d'Horus ?

Par le dieu lui-même. J'ai fait graver sur les murs de Deir el-Bahari le récit de ma naissance : Amon prit l'apparence de mon père Thoutmôsis Ier, entra chez la reine ma mère, et déclara : « Hatchepsout sera le nom de ma fille… elle exercera la royauté bienfaisante dans ce pays tout entier. » Ce n'est pas moi qui me suis choisie ; c'est le maître des dieux qui m'a désignée avant même mon premier souffle. Voilà pourquoi nul prêtre ne pouvait me refuser la couronne : contester mon règne, c'était démentir la parole d'Amon. Je ne suis pas montée au trône, on m'y a portée depuis le ciel.

Je ne suis pas montée au trône, on m'y a portée depuis le ciel.

Que représentait pour vous ce devoir de restaurer les temples du pays ?

Le premier devoir d'un pharaon n'est pas de conquérir, mais de maintenir la Maât — cet ordre juste sans lequel le monde retomberait dans le chaos des eaux. Quand j'ai reçu le pays, des sanctuaires gisaient encore en ruine, blessés du temps où les Hyksôs régnaient sans respect pour nos dieux. J'ai relevé ce qui était tombé, rebâti ce qui était béant. Dans la roche de la Moyenne-Égypte, au Speos Artemidos, j'ai fait creuser un temple pour la déesse lionne Pakhet, et j'y ai fait dire comment j'avais restauré ce que l'étranger avait laissé se défaire. Rendre aux dieux leur maison, c'est rendre au monde son équilibre. Un souverain qui laisse un temple s'écrouler laisse aussi s'écrouler le ciel.

Craignez-vous qu'on efface un jour votre nom des monuments ?

Tu touches là ma crainte la plus profonde. En Égypte, un nom martelé, c'est une seconde mort — pire que la première, car elle ferme la porte de l'éternité. J'ai vu des cartouches d'anciens rois grattés jusqu'à la pierre nue, et j'ai frissonné. Si un jour l'on brisait mes statues, si l'on remplaçait mon nom par un autre sur mes propres murs, ce ne serait pas moi qu'on tuerait, mais la Maât elle-même, car on mentirait à l'histoire. Voilà pourquoi j'ai multiplié les obélisques, les temples, les inscriptions : plus mon nom est gravé de fois, plus il est difficile de l'effacer partout. On peut marteler une pierre ; on ne martèle pas la falaise entière. Que celui qui viendra après moi y songe avant de lever le ciseau.

On peut marteler une pierre ; on ne martèle pas la falaise entière.

Comment décririez-vous votre lien avec Thoutmôsis III, celui qui régnera après vous ?

On voudrait faire de Thoutmôsis III et de moi deux ennemis se disputant un siège. C'est mal connaître le trône d'Égypte. L'enfant que j'ai gardé a grandi à mes côtés ; il apprend la guerre pendant que je bâtis la paix. Nos deux noms figurent ensemble sur mes monuments : nous sommes co-souverains, non rivaux. Un jour, quand je rejoindrai l'occident et ma tombe creusée dans la Vallée des Rois, il régnera seul, et je le devine déjà impatient de mener les armées d'Égypte plus loin qu'aucun avant lui. Qu'il conquière l'Asie, soit — chacun sa tâche sous le soleil. La mienne fut d'ouvrir les routes et de dresser les temples ; la sienne sera de porter la lance. Un règne n'efface pas l'autre : ils se répondent.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Hatchepsout. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.