Interview imaginaire avec Hernán Cortés
par Charactorium · Hernán Cortés (1485 — 1547) · Militaire · Exploration · 5 min de lecture
Deux élèves de cinquième, en classe découverte, vivent une journée pas comme les autres. Devant eux se tient Hernán Cortés, le célèbre conquistador venu d'Espagne. Il les invite à s'asseoir et promet de tout leur raconter — y compris ce dont il n'est pas fier.
—Vous aviez quel âge quand vous êtes parti pour le Nouveau Monde ?
Tu sais, mon enfant, j'avais à peine dix-neuf ans. Je suis né à Medellín, en Estrémadure, une terre sèche et pauvre d'Espagne. Ma famille était de petite noblesse — on appelait ça des hidalgos. Ça veut dire qu'on portait un beau nom, mais qu'on avait peu d'argent. Alors imagine un jeune homme qui rêve de fortune... La mer l'appelle. En 1504, j'ai embarqué pour une île qu'on nommait La Hispaniola. Le voyage durait des semaines, sans rien voir que l'eau et le ciel. J'avais peur, oui. Mais j'avais surtout faim de quelque chose de grand. C'est ça, la jeunesse : on part avant de savoir vraiment où l'on va.
—Pourquoi vous avez fait couler vos propres bateaux ?
Ah, ça... c'est sans doute la décision la plus folle de ma vie. En 1519, on venait de débarquer sur la côte du Mexique. J'avais fondé une petite ville, la Villa Rica de la Vera Cruz. Mais beaucoup de mes hommes avaient peur. Certains voulaient remonter dans les navires et rentrer à Cuba. Alors j'ai fait une chose terrible : saborder presque toute la flotte. Saborder, ça veut dire percer la coque pour couler un bateau. Imagine la tête de mes soldats en voyant leurs navires sombrer dans l'eau ! Plus aucun retour possible. Il fallait avancer ou mourir. Parfois, mon enfant, on ne devient courageux que lorsqu'on n'a plus le choix.
On ne devient courageux que lorsqu'on n'a plus le choix.
—Vous étiez combien face à tout un empire ?
Presque rien, mon enfant ! Environ cinq cents soldats, seize chevaux et quelques canons. Et en face ? Un empire de millions d'habitants, avec une capitale, Tenochtitlan, plus grande que toutes les villes d'Espagne. Comment veux-tu gagner ainsi ? Eh bien, nous avions des choses qu'eux ne connaissaient pas. Le cheval, d'abord : les guerriers d'ici n'en avaient jamais vu. Certains croyaient que le cavalier et sa monture ne faisaient qu'une seule créature monstrueuse ! Nos épées de Tolède, en acier, coupaient mieux que leurs armes de pierre. Mais je serai honnête : à nous seuls, jamais nous n'aurions vaincu. Le nombre ne fait pas tout.
—Ça faisait quoi, le bruit des canons, sur les gens d'ici ?
Imagine un instant. Tu vis dans un monde où aucune arme ne crache du feu. Le seul grand bruit que tu connais, c'est le tonnerre du ciel. Et soudain, un tube de métal vomit du feu et de la fumée dans un fracas terrible. Mes arquebuses et mes canons — ces armes à feu encore grossières — semaient la terreur. Beaucoup croyaient que nous commandions la foudre. Ce n'était pas vrai, bien sûr. Mais la peur, vois-tu, est une arme aussi puissante que l'acier. Avec mon armure de fer et mon casque, le morion, je devais leur sembler presque surnaturel. Pourtant, dessous, je n'étais qu'un homme qui tremblait comme les autres.
—C'est vrai qu'une femme vous aidait à parler avec les Aztèques ?
Oui, et sans elle, je n'aurais rien pu faire. On l'appelait Malintzin, ou La Malinche. C'était une jeune femme qu'on m'avait offerte comme esclave. Mais quel trésor ! Elle parlait le nahuatl, la langue des Aztèques, et aussi le maya. Imagine la scène : je parlais espagnol, un autre traduisait en maya, et elle passait du maya au nahuatl. Une vraie chaîne de voix pour se comprendre. Sans elle, pas une seule négociation n'aurait été possible. Elle est devenue ma conseillère, et bien plus encore. Tu sais, dans une conquête, on retient les noms des soldats. Mais c'est souvent une voix discrète qui décide de tout.
C'est souvent une voix discrète qui décide de tout.

—Tous les peuples étaient vos ennemis, ou vous aviez des amis là-bas ?
Bonne question ! Non, tous ne nous détestaient pas. Beaucoup de peuples souffraient sous la domination des Aztèques. À Tlaxcala, on s'est d'abord battus très durement. Puis les Tlaxcaltèques sont devenus mes alliés les plus précieux. Ils nous ont donné des milliers de guerriers. Comprends bien une chose : ce n'est pas une poignée d'Espagnols qui a fait tomber l'empire. C'est surtout une immense armée d'indigènes lassés de leurs maîtres. Je le dis franchement, car l'histoire ne doit pas mentir. Sans Tlaxcala, Tenochtitlan ne serait jamais tombée. On croit souvent gagner tout seul ; en vérité, on gagne toujours grâce aux autres.
—C'était comment, la première fois que vous avez vu l'empereur Moctezuma ?
Inoubliable, mon enfant. C'était en novembre 1519. Moctezuma II est venu à ma rencontre porté sur une litière, sous un dais de plumes vertes, avec de l'or et de l'argent partout. On le soutenait par les bras, car nul ne devait le voir marcher seul. Il portait le titre de Huey Tlatoani — le 'grand orateur', le souverain suprême. J'étais ébloui par tant de richesse et de cérémonie. Et pourtant... quelques jours plus tard, j'ai commis une chose terrible : je l'ai retenu prisonnier dans son propre palais. Un invité qui emprisonne son hôte. Vois-tu, je ne suis pas fier de tout ce que j'ai fait.

—Vous avez déjà pleuré pendant cette aventure ?
Oui. Une nuit, je ne l'oublierai jamais. On l'appelle la Noche Triste, la 'Nuit Triste'. C'était le 30 juin 1520. Les Aztèques s'étaient révoltés et nous chassaient de Tenochtitlan. Cette nuit-là, j'ai perdu près des deux tiers de mes hommes, noyés ou tués sur les chaussées de la cité bâtie sur l'eau. On raconte que je me suis assis sous un grand arbre, un ahuehuete, et que j'ai pleuré. C'est vrai. Un chef aussi a le droit d'avoir le cœur lourd. Mais le lendemain, il faut se relever. J'ai séché mes larmes et j'ai recommencé à préparer le retour.
—Vous écriviez quoi, le soir, au roi d'Espagne ?
Le soir, à la lueur d'une bougie, je dictais de longues lettres à mon empereur, Charles Quint. On les nomme les Cartas de Relación, les 'lettres de relation'. J'y racontais tout : les villes, les batailles, les peuples rencontrés. J'ai écrit que Tenochtitlan était la plus belle cité qu'on ait jamais vue, si admirable qu'elle semblait presque impossible à croire. Mais je ne te cache pas une chose : j'écrivais aussi pour me défendre. J'étais parti contre l'ordre du gouverneur de Cuba. Il fallait convaincre le roi que j'avais bien agi. Écrire, mon enfant, ce n'est pas seulement raconter. C'est aussi se justifier.
—À la fin de votre vie, vous étiez heureux de tout ça ?
Pas vraiment, mon enfant. Je suis mort en 1547, près de Séville, à Castilleja de la Cuesta, loin de cette Nouvelle-Espagne que j'avais conquise. J'avais bâti une ville neuve, Mexico, sur les ruines de Tenochtitlan. J'étais riche, j'avais un titre. Et pourtant, le roi avait nommé d'autres hommes pour gouverner à ma place. Ma gloire d'autrefois s'était éteinte. Si je devais te laisser une leçon ? Méfie-toi de la gloire : elle brille très fort, puis elle s'en va vite. Et regarde bien les peuples que mon aventure a fait souffrir. L'histoire n'est jamais une simple belle aventure. Souviens-toi de toutes ses voix, pas seulement de la mienne.
Méfie-toi de la gloire : elle brille fort, puis elle s'en va vite.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Hernán Cortés. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.



