Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jules César

par Charactorium · Jules César (99 av. J.-C. — 43 av. J.-C.) · Militaire · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Rome, début de l'an 44 avant notre ère. Dans une demeure du Palatin, à la lueur des lampes, un homme dicte encore alors que la ville dort — la toge rejetée sur l'épaule, une couronne de laurier posée près des tablettes de cire. Il consent, le temps d'une nuit, à parler de lui à la première personne, lui qui a passé sa vie à s'écrire à la troisième.

On vous imagine né maître du monde. Pourtant votre jeunesse fut violente — vous souvenez-vous de votre capture par les pirates ?

On me croit né maître du monde. Faux. Jeune homme, des pirates ciliciens m'ont enlevé en mer et réclamé vingt talents pour ma rançon. J'ai ri : un homme tel que moi en valait cinquante, leur dis-je, et je les forçai à hausser leur propre prix. Des semaines durant, je vécus parmi eux, récitant mes vers, les traitant d'ignorants quand ils ne m'applaudissaient pas, leur promettant en plaisantant de revenir les crucifier. Ils riaient. Ils eurent tort. Libéré, j'armai des navires, les repris tous, et tins parole — par une dernière clémence, je leur fis trancher la gorge avant le supplice. On apprend là une chose : un Romain qui pardonne ne le fait jamais par faiblesse. Ce que les autres prenaient pour l'insolence d'un jeune homme était déjà, en moi, une manière de gouverner.

Un homme tel que moi valait cinquante talents — et je les forçai à hausser leur propre prix.

Qu'est-ce qui, en vous, a transformé l'ambition d'un jeune patricien en cette soif de gloire qu'on vous connaît ?

À Gadès, en Hispanie, je suis tombé devant une statue d'Alexandre. J'avais l'âge où lui avait déjà soumis le monde, et moi je n'avais rien fait qui méritât mémoire. On m'a vu accablé, presque en larmes. Ce jour-là, le temps est devenu mon ennemi le plus pressant. Les Grecs nommaient mon mal le mal sacré — ces défaillances soudaines qui me prenaient sans prévenir, surtout sur la fin. Mais je n'ai jamais laissé mon corps commander à ma volonté : je dormais à cheval pour voler une nuit de marche, je partageais le pain dur de mes légionnaires. Un homme qui sait son temps compté ne le gaspille pas en plaintes. Alexandre était mort jeune, déjà immense ; je me suis juré, ce soir-là, de ne pas mourir obscur.

Un homme qui sait son temps compté ne le gaspille pas en plaintes.

Comment décririez-vous le siège d'Alésia, que beaucoup tiennent pour le sommet de votre art militaire ?

Alésia, l'automne 52 avant notre ère. Vercingétorix s'était enfermé sur l'oppidum, et toute la Gaule marchait pour le secourir. Alors j'ai fait l'impensable : assiéger une ville tout en me faisant moi-même assiéger. Mes légions ont creusé deux lignes de fortifications, l'une tournée vers la place, l'autre vers l'extérieur — des lieues de fossés, de pieux aiguisés, de tours de bois. Pris entre la faim au-dedans et l'armée de secours au-dehors, j'ai tenu. Quand Vercingétorix est venu jeter ses armes à mes pieds, la Gaule entière a cessé de respirer. Je n'aimais pas détruire ces peuples ; je les admirais souvent. Mais Rome ne pouvait souffrir une frontière qui saigne. Ce siège, je l'ai raconté ensuite dans mes Commentaires — sans jamais mentir sur les faits, seulement en choisissant lesquels rappeler.

J'ai fait l'impensable : assiéger une ville tout en me faisant moi-même assiéger.

Vos légions ont vaincu des peuples souvent plus nombreux. Quel était votre secret ?

Une légion, ce ne sont pas six mille hommes : c'est un seul corps qui pense par mes ordres. Le secret n'est pas le courage — tous les peuples sont braves — mais la discipline et le fer. Le pilum, ce javelot dont la pointe se tord à l'impact, cloue le bouclier de l'ennemi et le rend inutile ; après quoi le gladius, l'épée courte, fait le reste, de près, dans la poussière. Je veillais moi-même à l'équipement, je connaissais le mot de passe gravé chaque soir sur la tessère qui circulait dans le camp. Mes hommes, je ne les appelais pas mes soldats mais mes commilitones, mes compagnons d'armes. On ne mène pas des Romains comme un troupeau : il faut qu'ils sachent que leur général dort sous la même pluie, mange le même grain, et risque la même mort.

Une légion, ce n'est pas six mille hommes : c'est un seul corps qui pense par mes ordres.

Pourquoi avoir tenu, chaque hiver, à écrire vous-même le récit de vos campagnes ?

On croit que j'ai écrit la Guerre des Gaules pour les savants. Non — je l'ai écrite pour Rome, qui était loin et qu'il fallait convaincre. Gallia est omnis divisa in partes tres : ainsi débute le récit, d'une voix sèche, presque celle d'un rapport. C'est voulu. J'y parle de moi à la troisième personne — César fit, César ordonna — comme si un témoin impartial racontait mes guerres. Quel meilleur moyen de paraître véridique que de s'effacer derrière les faits ? Chaque hiver, sous la tente, je dictais ces livres sur des tablettes de cire tandis que mes légats dormaient. Sept livres, un par année de campagne. Mes ennemis au Sénat me croyaient occupé à massacrer des barbares ; je façonnais en vérité l'image qu'ils garderaient de moi. Une bataille se gagne deux fois : sur le terrain, puis sur le volumen.

Une bataille se gagne deux fois : sur le terrain, puis sur le volumen.
Jules César portrait
Jules César portraitWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — GazoudeBxl

On raconte que vous dictiez plusieurs lettres à la fois. Que diriez-vous de cette réputation de prodige ?

Mes secrétaires m'ont toujours redouté un peu. Je pouvais dicter plusieurs lettres ensemble, à des mains différentes, sur des sujets sans rapport — une à un légat en Gaule, une au Sénat, une à un créancier, une à un allié — sans perdre le fil d'aucune. Certains y voyaient un prodige ; moi, une simple nécessité. Le temps d'un homme qui veut tout est trop court pour être dépensé une chose après l'autre. Je lisais en marchant, je signais en dînant, je travaillais à mes Commentaires tard dans la nuit quand le camp dormait. On m'a dit sobre en vin, et c'est vrai — l'ivresse vole des heures. Ce que les autres nommaient mon génie n'était souvent que cela : le refus obstiné de perdre une seule minute que la mort, déjà, me comptait.

Le temps d'un homme qui veut tout est trop court pour être dépensé une chose après l'autre.

Vous souvenez-vous de l'instant où vous avez franchi le Rubicon ?

Janvier, 49 avant notre ère. Le Rubicon n'est qu'un ruisseau boueux qu'un enfant traverse sans se mouiller les genoux. Mais de l'autre rive commençait l'Italie, et la loi disait qu'un général qui la passait en armes devenait l'ennemi de Rome. J'ai hésité au bord — qu'on ne croie pas que j'ignorais ce que je risquais. Derrière moi, dix ans de Gaule ; devant, Pompée, le Sénat, et l'accusation. Reculer, c'était mourir en accusé ; avancer, c'était la guerre civile. Alors j'ai dit ce mot qu'on me prête et que je revendique : Alea iacta est, le sort en est jeté. Et j'ai poussé mon cheval dans l'eau. Un homme n'est libre qu'une fois ou deux dans sa vie — à l'instant exact où il choisit ce qu'il ne pourra plus défaire.

Un homme n'est libre qu'une fois ou deux — à l'instant où il choisit ce qu'il ne pourra plus défaire.
Statue en marbre de Jules César au jardin des Tuileries, 1er arrondissement, Paris, PH76468
Statue en marbre de Jules César au jardin des Tuileries, 1er arrondissement, Paris, PH76468Wikimedia Commons, CC0 — Blancard, Hippolyte (1843 - 1924), photographe

Quand vous avez marché sur Rome, comment la ville vous a-t-elle reçu ?

Quand j'ai marché sur Rome, la ville n'a pas combattu : elle a tremblé. Cicéron, ce grand orateur qui me craignait plus qu'il ne me haïssait, écrivait alors à son ami Atticus que nul ne savait ce que je voulais vraiment, et que ma puissance n'avait plus d'égale dans la République. Il avait raison de douter — car moi-même, je ne le savais pas tout à fait. Pompée a fui vers l'Orient plutôt que de m'affronter ; je l'ai poursuivi jusqu'en Grèce, jusqu'à Pharsale, où ses légions, plus nombreuses, ont cédé devant les miennes, plus aguerries. On l'a égorgé en Égypte avant mon arrivée, et l'on m'a tendu sa tête comme un présent. Je n'ai pas remercié. Pleurer un rival vaincu, c'est encore une manière de montrer qu'on a gagné.

Pleurer un rival vaincu, c'est encore une manière de montrer qu'on a gagné.

Parmi toutes vos réformes de dictateur, laquelle croyez-vous devoir vous survivre le plus sûrement ?

On me célèbre pour des batailles ; je suis presque plus fier d'avoir corrigé le ciel. Le vieux calendrier romain dérivait si fort que les fêtes des moissons tombaient en hiver — les prêtres ajoutaient des mois au gré de leurs intérêts. J'ai fait venir Sosigène, un astronome d'Alexandrie, et nous avons bâti une année de trois cent soixante-cinq jours, avec un jour de plus tous les quatre ans pour rattraper le soleil. L'année 46 fut si longue qu'on l'appela l'année de la confusion — il fallut bien rétablir l'ordre une dernière fois avant qu'il dure. Conquérir la Gaule, d'autres l'auraient fait après moi. Mais remettre les hommes d'accord avec le temps qui passe — cela, c'est gouverner jusque dans les siècles qu'on ne verra pas.

Conquérir la Gaule, d'autres l'auraient fait. Remettre les hommes d'accord avec le temps, cela gouverne les siècles.

On vous a fait dictateur à vie. Comment vivez-vous la défiance que ce titre suscite à Rome ?

Dictator : à Rome, ce mot désignait jadis un magistrat nommé pour six mois, le temps d'une crise, puis qui rendait le pouvoir. On m'a fait dictateur à vie, et je sens bien ce que ce titre a d'effrayant pour des hommes élevés dans la haine des rois. J'ai élargi le Sénat, réformé les provinces, allégé les dettes, peuplé de mes vétérans des colonies de Carthage à Arles. Tout cela, croyez-moi, prépare un ordre que Rome n'ose pas encore nommer. Mais je connais mes Romains : ils supportent qu'on les domine, non qu'on le leur dise. Des hommes me sourient au Forum dont je devine le poignard sous la toge. On me presse de prendre une garde ; je la refuse. Mieux vaut mourir une seule fois que de trembler chaque jour.

Mieux vaut mourir une seule fois que de trembler chaque jour.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jules César. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.