Interview imaginaire

Les enfants interrogent Julia Domna

par Charactorium · Julia Domna (165 — 217) · Politique · Philosophie · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Julia Domna
Wikimedia Commons, Public domain — Nicolai Abildgaard

Deux jeunes visiteurs de douze ans avancent entre les colonnes du palais du Palatin. Une femme au diadème les accueille avec un sourire doux et les invite à s'asseoir près d'elle. Elle a gouverné aux côtés des plus puissants, mais aujourd'hui, elle veut surtout leur parler comme à ses petits-enfants.

Vous êtes née où ? On dit que vous veniez de très loin de Rome.

Oui, mon enfant. Je suis née à Émèse, une ville de Syrie que vous appelleriez aujourd'hui Homs. C'était loin de Rome, sous un soleil brûlant. Mon père était grand prêtre du dieu solaire Élagabal — un dieu vénéré sous la forme d'une grosse pierre noire tombée du ciel. Imagine une ville où l'on brûle de l'encens du matin au soir, où l'air sent la résine et les épices. Toute petite, j'ai appris que ma famille était respectée dans tout l'Orient. Ce prestige-là, je ne l'ai jamais oublié, même assise sur le trône de Rome.

Je venais d'une pierre noire et d'un soleil brûlant.

Comment un général romain a fini par vous épouser, vous qui étiez si loin ?

Ah, c'est une drôle d'histoire ! On racontait qu'un horoscope me promettait d'épouser un roi. Septime Sévère, un général ambitieux, l'a entendu dire. Et sais-tu ce qu'il a fait ? Il m'a demandée en mariage justement à cause de cette prophétie ! Il voulait épouser une femme de destin. Nous nous sommes mariés en 187, quand il gouvernait la Gaule. Six ans plus tard, il devenait empereur, et moi Augusta — c'est le titre de l'impératrice, comme une reine sacrée. La prophétie disait vrai, tu vois. Parfois, on épouse quelqu'un pour les étoiles, et on découvre un compagnon de toute une vie.

Il m'a épousée à cause d'une prophétie, et le ciel avait raison.

C'est vrai que vous invitiez des savants chez vous ? Pour faire quoi ?

Oui ! C'était ma plus grande fierté. Ici, au Palatin, je réunissais un cercle de savants qu'on appelait un thiase — imagine un salon rempli de gens très intelligents qui discutent des heures. J'y accueillais des médecins comme Galien, des juristes comme Papinien, des maîtres de rhétorique. À mon époque, une femme qui aimait la philosophie, c'était rare, très rare. On me surnommait même Augusta philosopha, l'impératrice philosophe. On y parlait de sagesse, de justice, de comment bien vivre. Pour moi, réfléchir ensemble valait mieux que n'importe quel banquet.

Réfléchir ensemble valait mieux que n'importe quel banquet.

Vous avez fait écrire un livre ? Ça parlait de quoi ?

Oui, et j'en suis très fière. J'ai demandé à un sophiste — un grand maître de l'éloquence — nommé Philostrate d'écrire la vie d'un sage grec, Apollonios de Tyane. C'était un philosophe qu'on disait capable de miracles. Je voulais qu'on rassemble tous les vieux souvenirs sur lui, qu'on les corrige, qu'on en fasse un beau livre. Dans sa dédicace, Philostrate écrit qu'il me remercie de trouver digne d'attention tout ce qui touche à la sagesse. Tu comprends ? Une impératrice pouvait commander des armées, mais moi, j'ai voulu commander un livre. Les livres, eux, ne meurent pas.

On peut commander des armées ; moi, j'ai commandé un livre.

Vous aviez du pouvoir en vrai, ou juste des jolis habits ?

Oh, du vrai pouvoir, mon enfant ! On m'a donné un titre extraordinaire : Mater Castrorum, la « Mère des camps ». Ça veut dire que même les soldats me reconnaissaient comme protectrice. Regarde une monnaie de mon temps : tu y verras mon visage et mes titres gravés, diffusés dans tout l'Empire. Sur une pierre à Rome, on a écrit que j'étais mère de l'empereur, des camps, du sénat et de la patrie. Une femme, tu imagines ? Le diadème sur ma tête n'était pas qu'un bijou. C'était le signe que je décidais, moi aussi, du sort de Rome.

Mon diadème n'était pas un bijou : c'était une décision.
Tondo showing the Severan dynasty Septimius Severus with Julia Domna, Caracalla and Geta, whose face has been erased, probably because of the damnatio memoriae put against him by Caracalla, from Djemi
Tondo showing the Severan dynasty Septimius Severus with Julia Domna, Caracalla and Geta, whose face has been erased, probably because of the damnatio memoriae put against him by Caracalla, from DjemiWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Carole Raddato from FRANKFURT, Germany

Qu'est-ce que vous faisiez de vos journées comme impératrice ?

Mes journées étaient bien remplies ! Le matin, après ma toilette, je recevais déjà les hauts fonctionnaires et je commençais à traiter le courrier de l'Empire avec mes secrétaires. L'après-midi, place aux affaires sérieuses : audiences, réunions avec les juristes, décisions à prendre. Je dictais des lettres, tantôt en grec, tantôt en latin. Plus tard, après la mort d'un de mes fils, c'est moi qui gérais toute la correspondance impériale. Imagine des piles de tablettes de cire à lire et à répondre chaque jour ! Diriger un Empire, ce n'est pas porter une couronne. C'est répondre au courrier, encore et encore.

Diriger un Empire, c'est surtout répondre au courrier.

Ça sentait quoi et vous mangiez quoi, dans votre palais ?

Quelle jolie question ! Le matin, on me préparait des bains parfumés d'huiles précieuses, et ma chevelure était coiffée en ondes, la mode de mon temps. À table, il y avait du pain de froment, des poissons de la Méditerranée, des fruits frais et du bon vin grec. Mais je gardais le goût de ma Syrie natale : des dattes, des olives marinées, des sauces pleines d'épices d'Orient. Le soir, aux banquets, je conversais en latin, en grec, et même en araméen, la langue de mon enfance. Une part de moi restait toujours cette petite fille d'Émèse, tu sais.

À la table de Rome, je gardais le goût des dattes de Syrie.
Roman Era Bronze Statue of Empress Julia Severus (Julia Domna), Found at Sparta, 221-222 AD (28392286512)
Roman Era Bronze Statue of Empress Julia Severus (Julia Domna), Found at Sparta, 221-222 AD (28392286512)Wikimedia Commons, CC0 — Gary Todd from Xinzheng, China

C'est vrai cette histoire horrible entre vos deux fils ? Ça a dû être affreux.

Oui... et c'est ma plus grande blessure. Mes deux fils, Caracalla et Géta, devaient régner ensemble. Mais Caracalla était jaloux. En 212, il a fait tuer son frère — et le pire, mon enfant, c'est qu'il l'a frappé dans mes bras, alors que je tentais de m'interposer. J'ai été blessée à la main, couverte du sang de mon petit. Un historien, Dion Cassius, a raconté cette scène terrible. Ensuite, on a effacé le nom de Géta partout, et j'ai dû faire semblant d'approuver. Une mère qui doit cacher son chagrin pour survivre... voilà le prix du pouvoir.

Une mère qui doit cacher son chagrin : voilà le prix du pouvoir.

Pourquoi vous êtes restée avec le fils qui avait fait ça ?

Tu poses la question que je me suis posée mille fois. Rester auprès de Caracalla après un tel crime, c'était déchirant. Mais réfléchis : si je partais, je perdais tout pouvoir de protéger l'Empire et d'apaiser les colères. Alors je suis restée. J'ai continué à recevoir les ambassades, à gérer les affaires de l'État. En public, je ne montrais jamais mon deuil, pour ne pas offenser l'empereur. Ce n'était pas de la faiblesse, mon enfant. C'était un choix. Parfois, rester debout à côté de sa douleur demande plus de courage que de s'enfuir.

Rester debout à côté de sa douleur, c'est aussi du courage.

Comment ça s'est fini pour vous, à la toute fin ?

La fin fut douce-amère. En 217, j'étais à Antioche, une grande ville d'Orient, quand j'ai appris que Caracalla, mon dernier fils, avait été assassiné par un certain Macrin. J'étais déjà malade depuis quelque temps. En perdant mon fils, j'ai perdu ma raison d'être : plus d'Empire à guider, plus de destin à porter. Alors j'ai choisi de cesser de m'alimenter, doucement, avec dignité. On a dit que c'était une mort digne d'un philosophe. Toute ma vie, j'avais aimé la sagesse. J'ai voulu que ma dernière décision lui ressemble : calme, réfléchie, et libre.

J'ai aimé la sagesse toute ma vie ; j'ai voulu lui ressembler en partant.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Julia Domna. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.