Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Justinien

par Charactorium · Justinien (482 — 565) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs en classe découverte poussent les lourdes portes d'un palais imaginaire. Devant eux, un vieil empereur au regard fatigué les attend, drapé de pourpre. Il s'appelle Justinien, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

C'est vrai qu'on vous appelait l'empereur qui ne dort jamais ?

Tu sais, mon enfant, c'est presque vrai. Je dormais quelques heures à peine. La nuit, quand tout le palais se taisait, je marchais seul dans les couloirs, une petite lampe à huile à la main. Imagine un grand bâtiment de pierre, sans aucune lumière, juste cette petite flamme qui tremble. Mon historien Procope racontait qu'on me prenait pour un fantôme couronné ! Je relisais mes lois, j'annotais les dossiers de mes juristes. Je mangeais peu : du pain, des légumes, de l'eau. Gouverner un empire, vois-tu, ça ne se fait pas en dormant.

On me prenait pour un fantôme couronné, une lampe à la main.

Vous mangiez quoi le matin, dans votre grand palais ?

Pas grand-chose, tu serais déçu ! Pendant que ma cour se régalait de viandes rôties et de vins grecs, moi je me contentais de pain et de légumes. Je jeûnais souvent, par dévotion. Je vivais dans le Grand Palais de Constantinople, un immense ensemble de bâtiments qui descendait jusqu'à la mer. Les murs brillaient de mosaïques dorées et de marbres colorés. Mais le matin, dès l'aurore, je ne pensais pas à manger. Je recevais déjà mes secrétaires pour traiter les affaires de l'empire. Un empereur, ce n'est pas un seigneur qui fait la fête. C'est un homme qui travaille avant tout le monde.

C'est quoi le jour où vous avez failli tout perdre ?

Ah, ce jour-là, j'ai eu très peur. C'était en 532. Le peuple s'est révolté contre moi. On appelle ça la révolte Nika, parce que les émeutiers criaient ce mot, qui veut dire 'Vaincs !'. Imagine la ville entière qui brûle, les cris, la fumée. J'étais prêt à fuir sur un navire, comme un lâche. Mais mon épouse Théodora m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit : 'La pourpre est le plus beau des linceuls.' Elle voulait dire : mieux vaut mourir empereur que vivre en fuyard. Alors je suis resté. Et j'ai gardé mon trône.

Mieux vaut mourir empereur que vivre en fuyard.

C'était qui Théodora pour vous ? Une vraie reine ?

Théodora, c'était bien plus qu'une reine. C'était ma force. Tu sais, elle venait d'un monde modeste : elle avait été actrice, un métier méprisé à mon époque. Pour l'épouser, j'ai dû changer une loi qui l'interdisait ! Beaucoup à la cour la regardaient de haut. Mais quand tout le monde tremblait pendant la révolte Nika, c'est elle qui est restée debout. C'est elle qui m'a retenu de fuir. Sans elle, je n'aurais peut-être pas régné trente-huit ans. Quand elle est morte, en 548, j'ai perdu ma meilleure conseillère. Le palais m'a semblé bien vide, après.

Pourquoi vous avez voulu écrire toutes les lois dans un seul livre ?

Bonne question ! Imagine que tu cherches une règle importante. Mais elle est cachée dans des centaines de gros volumes, écrits depuis des siècles, qui se contredisent parfois. C'était le désordre ! Les juges ne savaient plus quoi faire. Alors j'ai réuni dix juristes, dirigés par un homme brillant nommé Tribonien. En trois ans seulement, ils ont tout rassemblé dans le Digeste, cinquante livres ! Avec le Code, les Institutes et les Novelles, ça forme le Corpus Juris Civilis, le 'corps du droit civil'. Mon but était simple : que personne n'ait plus à chercher la loi dans d'innombrables volumes.

Que personne n'ait plus à chercher la loi dans d'innombrables volumes.
Palaise du Louvre - Interne - La Terre recevant des empereurs Adrien et Justinien le code des lois romaines dictées par la Nature, la Justice et la Sagesse - Charles Meynier (1803) - version 2 - 2025-
Palaise du Louvre - Interne - La Terre recevant des empereurs Adrien et Justinien le code des lois romaines dictées par la Nature, la Justice et la Sagesse - Charles Meynier (1803) - version 2 - 2025-Wikimedia Commons, Public domain — Terragio67

Et ça sert encore à quelque chose aujourd'hui, vos lois ?

Tu me fais plaisir en demandant ça, mon enfant ! Vois-tu, quand j'ai fait écrire le Corpus Juris Civilis, je pensais surtout à mon empire. Je ne savais pas ce qui arriverait après moi. Mais ce travail a traversé les siècles. Bien plus tard, des écoles ont rouvert mes textes pour apprendre le droit. J'écrivais souvent moi-même, avec mon encrier et mon calame, annotant les projets de mes juristes. Je passais des nuits entières sur un seul mot. C'est peut-être ça, mon véritable trésor : pas mes conquêtes, mais ces lois qui ont continué à vivre quand mes armées ont disparu.

Vous aviez un ami soldat qui gagnait toutes vos guerres ?

Oui ! Il s'appelait Bélisaire, et c'était mon meilleur général. On disait de lui que c'était un grand stratège, c'est-à-dire un chef d'armée habile. Je l'ai envoyé reconquérir des terres perdues par Rome. En 533, il a traversé la mer vers l'Afrique et, en moins d'une année, il a fait tomber tout le royaume des Vandales. Imagine : une armée entière vaincue en quelques mois ! Il a pris Carthage, en Tunisie d'aujourd'hui. Grâce à lui, la Méditerranée redevenait presque romaine. Bélisaire, c'était mon bras. Moi je tenais la plume, lui tenait l'épée.

Moi je tenais la plume, lui tenait l'épée.

Toutes ces conquêtes, ça vous a rendu heureux ou fatigué ?

Les deux, mon enfant... Au début, j'étais fier. Mon empire s'étendait à nouveau : l'Afrique, puis l'Italie, et même un bout de l'Espagne en 554. Jamais l'empire n'avait été aussi grand depuis la chute de Rome. Mais cette reconquête de l'Italie, contre les Goths, a duré presque vingt ans ! Elle a coûté tant d'hommes, tant d'or. Je voyais mes caisses se vider et mes soldats mourir. La ville de Ravenne est devenue mienne, mais le prix était lourd. La gloire, vois-tu, ça brille de loin. De près, ça pèse très lourd sur les épaules.

La gloire brille de loin. De près, elle pèse très lourd.

C'est vrai que vous avez construit une église immense en cinq ans ?

C'est vrai, et j'en suis encore ému ! Après la révolte Nika, l'ancienne église avait brûlé. J'ai voulu la reconstruire plus belle que tout ce qui existait. Sainte-Sophie, on l'a appelée. En cinq ans seulement, mes ouvriers ont dressé une coupole géante, large de plus de trente mètres. Imagine un dôme si haut qu'on dirait qu'il flotte dans le ciel, sans rien pour le tenir. Quand je suis entré pour l'inauguration, en 537, j'ai pensé au roi Salomon, qui avait bâti le grand temple de Jérusalem. Et j'ai dit : 'Salomon, je t'ai surpassé !'

Salomon, je t'ai surpassé !

Pour vous, c'était quoi le plus important : être chef ou être croyant ?

Ah, pour moi, mon enfant, les deux ne faisaient qu'un ! À mon époque, l'empereur était à la fois chef de l'État et protecteur de l'Église. Je convoquais les évêques, je discutais de religion, je tranchais même des questions de foi. Sur une mosaïque de Ravenne, on me voit tenant une grande patère, un plat d'offrande, comme un prêtre. Je portais le diadème de perles, signe que mon pouvoir venait du Ciel. Gouverner les hommes et servir Dieu, c'était la même tâche à mes yeux. Je ne séparais jamais le trône de l'autel.

Si on vous croisait aujourd'hui, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?

Mes yeux fatigués, sûrement ! Et ma pourpre. Tu sais, je portais une grande cape de soie d'un rouge profond, une couleur réservée à l'empereur seul. Personne d'autre n'avait le droit. Lors des grandes fêtes, j'ajoutais la loros, une lourde écharpe d'or couverte de pierres précieuses, si rigide qu'on bougeait à peine. Mais derrière tout cet éclat, il y avait juste un homme qui dormait peu et travaillait trop. Si tu m'avais croisé la nuit, ma petite lampe à la main, tu n'aurais pas vu un empereur. Tu aurais vu un vieil homme qui n'arrête jamais de penser.

Derrière la pourpre, juste un homme qui n'arrête jamais de penser.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Justinien. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.