Interview imaginaire

Interview imaginaire avec La Fée Viviane

par Charactorium · La Fée Viviane · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de La Fée Viviane
Wikimedia Commons, Public domain — Marie d'Agoult

On dit qu'il faut attendre le crépuscule, lorsque la brume se couche sur l'eau, pour que la surface du lac s'ouvre comme une porte. Au bord d'un étang de Brocéliande, là où les chênes plongent leurs racines dans la vase noire, une femme vêtue de bleu et de vert se tient debout sur l'eau sans s'y enfoncer. Elle accepte de parler, dit-elle, parce que les hommes ont déjà tant écrit sur elle qu'un peu de vérité ne saurait nuire.

Comment s'est passée la remise de l'épée au jeune Arthur ?

Je suis montée des profondeurs, ce jour-là, jusqu'à ce que mon bras seul perce la surface. Excalibur dressée vers le ciel, l'eau ruisselant sur la lame comme si le lac lui-même refusait de la lâcher. Le garçon attendait sur la rive, encore mal assuré dans sa royauté. Je n'ai pas prononcé de grand discours : j'ai laissé l'épée parler. Une arme qui surgit des eaux n'est pas un simple fer, c'est un serment. En la prenant, Arthur acceptait que son pouvoir lui vînt d'ailleurs que de lui-même, qu'il en répondît devant plus haut que les barons de Bretagne. Les conteurs ont fait de cet instant l'un de leurs préférés, et je les comprends : il y avait là toute la promesse d'un règne, et déjà, dans le miroitement de la lame, son ombre.

Une arme qui surgit des eaux n'est pas un simple fer, c'est un serment.

Pourquoi avoir aussi gardé le fourreau, et non seulement la lame ?

Les hommes ne regardent que la lame ; ils oublient que le fourreau vaut davantage. Tant qu'Arthur le portait, aucune blessure ne pouvait le vider de son sang : voilà le véritable don, celui de l'invulnérabilité. J'en suis demeurée la gardienne, et j'avais mes raisons. Une épée tranche, mais un roi qui se croit invincible se met lui-même en danger plus sûrement qu'aucun ennemi. Lorsqu'il manqua à ses devoirs de chevalier, je repris ce que j'avais confié. Ce n'était pas caprice de fée : confier le pouvoir, c'est garder le droit de le retirer. Les eaux du lac m'ont enseigné cette patience-là — elles donnent et reprennent, sans colère, selon une justice que les mortels nomment trop vite cruauté.

Confier le pouvoir, c'est garder le droit de le retirer.

Vous souvenez-vous de l'enfant Lancelot, et de la manière dont vous l'avez élevé ?

On me l'a apporté alors que son père venait de mourir et que sa mère pleurait sur une rive. Je l'ai pris sous l'eau, dans mon royaume sous le lac, où nul mortel ne soupçonne qu'on puisse rire et grandir. Je l'ai nourri, instruit, formé aux armes et aux belles manières, mais aussi aux choses que l'on n'apprend pas dans les châteaux : l'honneur qui ne se voit pas, la loyauté qui coûte. On m'appelle pour cela la tutrice, et c'est un titre que je préfère à bien des couronnes. Lancelot du Lac — il porte mon eau dans son nom même. J'ai façonné le plus grand chevalier de la Table Ronde, et j'ai toujours su que je le rendrais au monde des hommes, où il se briserait. Une mère d'eau sait que l'enfant finit toujours par remonter à l'air.

Lancelot du Lac — il porte mon eau dans son nom même.

Qu'avez-vous voulu transmettre à cet enfant que les châteaux n'auraient pu lui donner ?

Dans les cours, on apprend à un garçon à frapper et à plier le genou. Moi, je lui ai appris à voir. Sous le lac, les apparences se dissolvent : un poisson n'est pas ce qu'il semble, une lueur peut tromper. J'ai donné à Lancelot cet œil qui perce le mensonge, et cette droiture qui ne se monnaie pas. Les conteurs du Lancelot-Graal l'ont bien compris : ils ont fait de moi une figure capable de façonner les plus grands. Mais nul maître ne décide de tout. J'ai mis en lui une mesure, et le monde des hommes, avec ses amours et ses serments rompus, l'a déréglée. C'est le sort de tout ce qu'on élève dans l'eau pure : le limon du dehors finit par s'y mêler.

On dit que vous avez appris la magie de Merlin avant de l'enfermer. Comment cela s'est-il noué ?

Merlin est venu à moi comme tous les sages viennent à ce qu'ils désirent : en croyant enseigner pour mieux séduire. Il m'a livré ses secrets un à un, les charmes, les noms cachés, l'art de lier et de délier. Je les ai bus comme le lac boit la pluie. Et quand je sus autant que lui — peut-être davantage — j'usai contre lui de ce qu'il m'avait donné. Une prison invisible, un arbre, une grotte selon les récits : il y demeure, conscient, sans pouvoir s'en arracher. On me juge cruelle. Mais songez : un enchanteur qui sait tout est un danger pour l'équilibre de la Bretagne entière. Je n'ai pas tué le plus grand des magiciens. Je l'ai simplement empêché de continuer à tout savoir, et tout dire, et tout défaire.

Il m'a livré ses secrets en croyant enseigner pour mieux séduire.

N'éprouvez-vous nul regret d'avoir retenu prisonnier celui qui fut votre maître ?

Le regret est une chose d'humains, qui mesurent le temps en saisons. Moi, je vois autrement. Merlin avait noué tant de destins qu'il fallait bien une main pour arrêter ses doigts. Les conteurs s'émeuvent de cette histoire, ils y voient une trahison de l'élève contre le maître ; j'y vois une transmission menée jusqu'à son terme. Un savoir qu'on ne retourne jamais contre celui qui l'a donné n'est pas vraiment acquis. Il repose, là, dans son enchantement, et l'on dit que parfois sa voix monte encore de la pierre. Je ne le hais pas. Je l'ai aimé assez pour apprendre tout de lui, et assez pour ne pas le laisser tout détruire. Les fées n'ont pas de remords : elles ont des raisons que les mortels appellent sortilèges.

Les fées n'ont pas de remords : elles ont des raisons que les mortels appellent sortilèges.

Que diriez-vous de cette dernière traversée, lorsque vous êtes venue chercher Arthur après Camlann ?

La bataille de Camlann avait tout pris. Quand je suis arrivée, le roi gisait, son flanc ouvert, le regard déjà tourné vers l'autre rive. Nous étions trois reines dans la barque, voilées, et nous l'avons couché entre nous comme on couche un enfant qu'on ramène à la maison. Le lac, cette fois, ne rendait rien : il prenait. Nous avons glissé vers Avalon, l'île où le temps ne mord plus, où les blessures attendent sans s'aggraver. Je ne l'ai pas conduit à la mort — j'ai conduit Arthur à un sommeil. Tant qu'il dort là-bas, la Bretagne garde un roi en réserve, une promesse endormie. C'est cela, mon dernier office : non pas pleurer le règne fini, mais en sceller le retour possible dans les eaux qui ne vieillissent pas.

Je ne l'ai pas conduit à la mort — j'ai conduit Arthur à un sommeil.

Pourquoi Avalon, et non une sépulture parmi les hommes ?

Une tombe enferme ; Avalon garde. Mettre Arthur en terre, c'eût été admettre que tout finit, et je ne suis pas faite pour les fins. Mon domaine est cet entre-deux que vos clercs nomment merveilleux : ni tout à fait le monde des vivants, ni celui des morts. Là, le roi blessé repose dans une lumière qui ne décline pas, sur une île que nulle barque mortelle ne sait trouver. Les conteurs ont compris que j'offrais ainsi au royaume une forme d'immortalité — non celle du corps, mais celle de l'espérance. Tant qu'on ne montre pas son tombeau, les hommes peuvent croire qu'il reviendra. Et croire qu'un roi reviendra, voyez-vous, c'est déjà se tenir un peu plus droit dans l'attente.

Parlez-nous du lieu où vous régnez. Qu'y a-t-il, sous ces eaux que nul ne franchit ?

Sous la surface où vous ne voyez que reflets, il y a un palais. Non pas de pierre humide comme vous l'imaginez, mais de salles claires, de jardins où poussent des fleurs que l'air dehors ferait flétrir en un soir. C'est mon domaine, un seuil entre votre monde et celui des fées, accessible par la seule magie. Le matin, je consulte les eaux et les signes ; elles me disent ce qui se trame dans le royaume d'Arthur mieux qu'aucun messager. La forêt de Brocéliande veille au-dessus, berceau des récits qu'on tisse sur Merlin et sur moi. Les hommes cherchent l'entrée et ne trouvent que la vase. C'est bien ainsi : un refuge qu'on peut atteindre n'est plus un refuge.

Un refuge qu'on peut atteindre n'est plus un refuge.

Vivre ainsi entre deux mondes, est-ce un privilège ou une solitude ?

Les deux, comme toute eau profonde. Je ne vieillis pas, je ne meurs pas des morts ordinaires, et de mon lac je vois loin — ce que les rois complotent, ce que les chevaliers redoutent. C'est un grand pouvoir. Mais celui qui demeure sur le seuil n'appartient nulle part. J'ai élevé un enfant que j'ai rendu, donné une épée que j'ai reprise, recueilli un roi que je tiens endormi. Toujours entre. Le soir venu, je me retire dans ma demeure liminale, loin des affaires des mortels, et je prépare les enchantements de demain. On me croit froide parce que je ne pleure pas comme les femmes des châteaux. Mais une fée qui a vu passer tant de règnes apprend à aimer autrement : de loin, et pour longtemps.

Celui qui demeure sur le seuil n'appartient nulle part.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de La Fée Viviane. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.