Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Michel de Montaigne

par Charactorium · Michel de Montaigne (1533 — 1592) · Lettres · Philosophie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Michel de Montaigne
Wikimedia Commons, Public domain — Scan by NYPL

Deux élèves de cinquième visitent un vieux château en Périgord, tout entouré de vignes. Au sommet d'une tour ronde, dans une pièce pleine de livres, un homme en pourpoint noir les accueille en souriant. C'est Michel de Montaigne, et il a tout son temps pour répondre.

C'est quoi, cette pièce ronde tout en haut, avec autant de livres ?

Te voilà dans mon refuge, mon enfant. C'est la tour ronde de mon château, que j'ai aménagée vers 1571. J'y ai rangé près de mille livres, en arc de cercle. Imagine : depuis mon fauteuil, au centre, je peux voir chacun d'eux d'un seul regard. Lève les yeux vers les poutres : j'y ai fait graver une cinquantaine de phrases, en grec et en latin, prises chez les vieux philosophes. Elles me tiennent compagnie quand j'écris. Avec ma plume d'oie et mon encrier, je passe ici des heures à lire, puis à coucher mes pensées sur le papier.

Mille livres autour de moi, et d'un seul regard je les vois tous.

Vous écriviez sur quoi, exactement, dans vos fameux Essais ?

Sur moi-même, figure-toi ! Ça surprend, n'est-ce pas ? En 1580, j'ai publié les deux premiers livres des Essais. J'ai même inventé ce mot, essai : il vient du verbe « essayer », c'est-à-dire tenter, goûter une idée sans prétendre tout savoir. Je me suis pris comme sujet, avec mes humeurs, mes doutes, mes petits défauts. Pourquoi moi ? Parce qu'en me regardant honnêtement, je crois parler de toi aussi. Chaque homme, même le plus modeste, porte en lui toute la condition humaine. Te raconter ma vie, c'est un peu te tendre un miroir.

Chaque homme porte en lui toute la condition humaine.

Mais c'est pas un peu prétentieux de tout le temps parler de soi ?

Bonne question, et elle est maligne ! Non, mon enfant, ce n'est pas de l'orgueil. Je ne me trouve pas plus grand que les autres, au contraire. Je raconte que je me lève tard, vers huit ou neuf heures, que j'aime le bon vin de mes vignes, que je me trompe souvent. Ma devise, c'est « Que sais-je ? » : douter, toujours. Je préfère un esprit qui se pose des questions à un esprit gonflé de fausses certitudes. Critiquer un mauvais précepteur, ce maître qui remplit la mémoire d'un enfant sans former son jugement, voilà ce qui m'intéresse vraiment.

Mieux vaut un esprit qui doute qu'une tête pleine de fausses certitudes.

Vous aviez un meilleur ami ? Il s'appelait comment ?

Ah... tu touches l'endroit le plus tendre de mon cœur. Il s'appelait Étienne de La Boétie. Nous nous comprenions à demi-mot, comme si nous n'avions qu'une seule âme pour deux. Quand on me demande pourquoi je l'aimais tant, je ne sais répondre qu'une chose : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. » Il n'y a pas d'autre explication à une amitié vraie. Il est mort en 1563, bien trop jeune, et j'en suis resté brisé. Plus tard, j'ai fait imprimer son texte, De la servitude volontaire, pour que sa pensée ne s'éteigne pas avec lui.

Parce que c'était lui, parce que c'était moi.

Vous étiez maire de Bordeaux ? Vous l'avez voulu ce poste ?

Pas vraiment, à vrai dire ! En 1581, on m'a élu maire de Bordeaux alors que j'étais en voyage en Italie, à des centaines de lieues. J'ai accepté la charge à contrecœur, puis on m'a réélu en 1583. Tu sais, ce n'était pas une époque tranquille : la France se déchirait dans les guerres de Religion, catholiques contre huguenots, ces protestants qu'on pourchassait. En 1585, une terrible peste a frappé la ville. J'ai emmené ma famille loin du danger, et certains me l'ont reproché. Mais protéger les siens n'est pas une lâcheté, mon enfant.

On m'a élu maire pendant que je voyageais à l'autre bout de l'Europe.
Musée d'Aquitaine - Portrait de profil de Michel de Montaigne
Musée d'Aquitaine - Portrait de profil de Michel de MontaigneWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Inconnu

Vous avez vraiment été mis en prison un jour ?

Oui, et ce jour-là j'ai eu chaud ! C'était en 1588. Je me rendais à Paris quand des soldats catholiques, qu'on appelait les Ligueurs, m'ont arrêté et jeté à la Bastille, cette grosse prison de la ville. Imagine la peur : des murs épais, une porte qui claque, et aucune idée de ce qui t'attend. Heureusement, la reine Catherine de Médicis est intervenue, et j'ai été libéré le jour même. C'est qu'on me respectait, même dans les deux camps ennemis. J'ai toujours essayé de parler à tous sans me ranger derrière la haine des uns ou des autres.

Arrêté le matin, libéré le soir : on me respectait dans les deux camps.

Vous étiez souvent malade ? Ça se soignait comment à votre époque ?

Hélas, oui. Depuis mes quarante ans, je souffrais de calculs rénaux : de petites pierres qui se forment dans le corps et font un mal terrible. À mon époque, on ne savait pas les enlever. Alors je suis parti chercher des eaux qui soignent. J'ai parcouru l'Italie, je me suis baigné dans les thermes, comme à Bagni di Lucca, en Toscane. Imagine des bassins d'eau chaude qui sort de la terre, et des malades qui y trempent en espérant guérir. Plutôt que de me lamenter, je notais tout dans mon Journal de voyage, mes douleurs comme un curieux observe une chose étonnante.

Plutôt que me plaindre, j'observais ma douleur comme une chose étonnante.

C'était comment, un grand voyage à l'époque, sans rien pour aller vite ?

Long, mon enfant, très long ! Je voyageais presque toujours à cheval, jour après jour, par les routes de terre. Imagine des chemins sans aucun bruit de machine, juste le pas des bêtes, la poussière et le vent. Mon voyage en Italie a duré près de dix-sept mois ! À Rome, j'ai été reçu en audience par le pape Grégoire XIII, et on m'a même nommé citoyen romain : un honneur dont j'étais très fier. Je découvrais d'autres villes, d'autres coutumes, d'autres façons de vivre. Et chaque différence m'apprenait à ne pas croire que ma seule manière de faire était la bonne.

Voir d'autres peuples m'a appris à ne pas croire que j'avais toujours raison.
Lettre de Montaigne au maréchal de Matignon, 26 janvier 1585
Lettre de Montaigne au maréchal de Matignon, 26 janvier 1585Wikimedia Commons, Public domain — Michel de Montaigne

Ça sentait quoi, chez vous ? Vous mangiez quoi le matin ?

Quelle jolie curiosité ! Chez moi, ça sentait le bois des poutres, l'encre fraîche et, par la fenêtre, l'odeur des vignes et des champs du Périgord. Le matin, je me levais tard pour l'époque, et je prenais une légère collation avant de monter écrire. À midi et le soir, j'aimais la bonne table : volailles, gibier, fruits du verger, et le vin de mes propres vignes. Mais avec mesure, attention ! Je portais le pourpoint noir des nobles, avec une fraise blanche au col, ce collier de tissu plissé. Une vie simple de gentilhomme campagnard, et j'y tenais beaucoup.

Du bois, de l'encre et l'odeur des vignes : voilà le parfum de ma tour.

Vous aviez peur de la mort ? Vous y pensiez beaucoup ?

J'y ai beaucoup pensé, oui, surtout après avoir perdu mon ami La Boétie. Au début, ça me faisait trembler. Puis j'ai compris quelque chose de tout simple : à force d'avoir peur de mourir, on oublie de vivre. Alors j'ai choisi l'inverse. Je voulais que la mort me trouve en train de planter mes choux dans mon jardin, sans m'en soucier. Tu vois l'image ? Continuer ses petites tâches tranquilles, plutôt que de gâcher ses jours à frissonner. Il faut vivre parmi les vivants, profiter de chaque instant comme d'un cadeau. C'est tout l'art que j'ai mis dans mes Essais.

À force d'avoir peur de mourir, on oublie de vivre.

Et si on vous lit encore aujourd'hui, ça vous ferait quoi ?

Cela me touche plus que tu ne crois, mon enfant. Vois-tu, après ma mort en 1592, mon amie Marie de Gournay, que j'appelais ma « fille d'alliance », a publié une nouvelle édition des Essais en 1595, avec toutes les notes que j'avais ajoutées à la main. Grâce à elle, mes mots ont continué leur voyage bien après moi. Si tu me lis aujourd'hui et que tu te dis « tiens, il doute comme moi, il se trompe comme moi », alors j'ai gagné. Je n'ai pas voulu te donner des leçons. J'ai voulu te tenir compagnie, à travers les siècles.

Je n'ai pas voulu te faire la leçon, mais te tenir compagnie à travers les siècles.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Michel de Montaigne. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.