Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Morgane

par Charactorium · Morgane · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

La brume d'Avalon ne se lève jamais tout à fait ; elle stagne sur le lac comme un voile qu'aucune main mortelle ne saurait écarter. C'est là, dans une salle où sèchent des herbes en bottes suspendues et où un miroir d'argent terni renvoie des visages qui ne sont pas le vôtre, que la dame nous reçoit. Elle ne dit pas son nom — elle attend qu'on l'appelle Morgane.

Avant les enchantements et les îles de brume, d'où venez-vous ? Quelle est votre maison ?

Je suis née derrière les murs de Tintagel, cette forteresse plantée sur sa falaise de Cornouaille où la mer cogne nuit et jour. Ma mère est Ygerne, et mon père le duc de cette terre rude. Voilà ma maison première, avant Avalon, avant tout. Quand Ygerne fut donnée à un autre lit et qu'en naquit Arthur, le sang fit de moi sa demi-sœur — un mot qui sonne simple et qui pèse comme une enclume. Car partager une seule mère et non un seul père, c'est hériter de la moitié d'un royaume et d'aucune. On me croit fée tombée du ciel ; je suis fille d'un duc et d'une dame, élevée entre la pierre froide et le bruit des vagues. Le reste, la magie, l'île, les sommeils enchantés, est venu après. La falaise, elle, ne m'a jamais quittée.

Partager une seule mère et non un seul père, c'est hériter de la moitié d'un royaume et d'aucune.

Comment se passent vos matinées ? À quoi consacrez-vous vos premières heures ?

Je me lève avant que la maisonnée ne remue, quand la rosée pèse encore sur les feuilles de mon jardin d'herbes. C'est l'heure des grimoires. Je déplie les manuscrits, je relis les traités d'alchimie et d'herboristerie, je note les vertus d'une racine cueillie sous telle lune et non telle autre — car une plante arrachée à la mauvaise heure ne soigne rien et parfois tue. Devant moi, mon miroir d'argent attend ; il ne flatte pas, il montre. On apprend les enchantements comme on apprend un métier : par la patience, la répétition, l'échec. Les ignorants croient qu'il suffit d'un mot crié pour ployer le monde. Mensonge. Une potion juste demande autant de soin qu'une cathédrale demande de pierres. Mes après-midi sont aux remèdes et aux conseils ; mes aubes, elles, sont à l'étude, et l'étude seule.

Une potion juste demande autant de soin qu'une cathédrale demande de pierres.

On vous dit la rivale de Merlin lui-même. Que répondez-vous à cela ?

Merlin. On le pose sur un trône de sagesse et l'on me jette, moi, dans l'ombre. Pourtant les récits qui courent la Bretagne le savent bien : je tiens mes propres châteaux, j'ouvre des portes qu'il ne sait pas ouvrir, et il m'arrive de le devancer. Nous ne sommes pas ennemis comme deux soldats le sont ; nous sommes deux savants qui se mesurent du regard par-dessus le même livre. La différence ? On pardonne à l'homme son pouvoir et l'on craint celui de la femme. Quand il prédit, on l'appelle prophète ; quand je transmute une fiole ou que je devine dans le miroir ce qui se trame à la cour, on murmure le mot sorcellerie, ce mot qui sent le bûcher. J'ai appris à m'en moquer. Le savoir n'a pas de sexe, seules les peurs en ont un.

On pardonne à l'homme son pouvoir et l'on craint celui de la femme.

Parlez-nous d'Avalon. Qu'est-ce vraiment que cette île ?

Avalon n'est pas un lieu qu'on atteint en suivant une côte ; c'est un seuil. Le lac s'ouvre, la brume consent, et l'on y entre — ou l'on n'y entre pas. J'y règne, et l'on m'y dit entourée de neuf sœurs versées comme moi dans l'art des remèdes, penchées sur les corps blessés tant qu'il reste en eux un souffle à rappeler. C'est mon œuvre, L'enchantement d'Avalon : un verger hors du temps où les fièvres tombent, où les plaies se ferment, où je garde en sûreté ce que le monde des hommes briserait. On y soigne, on y attend, on y dort des sommeils qui ne sont pas la mort. Les vivants pressés appellent cela un conte. Moi je l'appelle mon domaine, et j'en connais chaque arbre.

Vous souvenez-vous du jour où l'on vous a amené Arthur, après sa dernière bataille ?

Camlann. Le mot seul suffit à faire taire une salle. On me l'a porté la chair ouverte, le teint de cendre, à peine un fil de vie qui battait encore sous mes doigts. Je l'ai recueilli, lui qui fut roi, lui mon frère par le sang d'Ygerne, et je l'ai emmené à Avalon. Là, je ne l'ai pas pleuré comme on pleure un mort : je l'ai couché dans un sommeil que ma magie tient suspendu, ni vivant tout à fait, ni rendu à la terre. Voilà ma part la plus lourde — être celle qui conduit au seuil et le garde. On me nomme parfois la passeuse, celle qui mène vers l'autre rive. C'est juste. Tant que je veille sur ce souffle, Arthur n'est pas perdu ; il dort, et un royaume avec lui.

Je ne l'ai pas pleuré comme on pleure un mort.
Greta-morgane-glasflügler
Greta-morgane-glasflüglerWikimedia Commons, CC BY 3.0 — Holger Krisp

On raconte que vous avez enlevé et élevé un enfant, le jeune Lancelot. Que s'est-il passé ?

Je l'ai pris, oui, tout petit, et je l'ai emporté loin du monde des hommes. On en fait un rapt, un crime de fée capricieuse — c'est mal lire. Un enfant destiné à devenir le plus grand chevalier de la Table ronde ne se forge pas au hasard des cours et des nourrices. Je l'ai instruit par la magie et par la rigueur, je l'ai façonné, éprouvé, durci, comme on trempe une lame avant de la confier à un poing. Puis, l'heure venue, je l'ai libéré : qu'il aille gagner ses éperons, qu'il devienne Lancelot du Lac sans plus rien me devoir qu'il sache. C'est tout mon double visage tenu dans un seul geste — j'enlève et je rends, je retiens et j'affranchis. Protectrice, manipulatrice, dites le mot que vous voudrez. Moi, j'ai fait un homme d'un enfant.

J'enlève et je rends, je retiens et j'affranchis.

Les textes vous montrent tantôt soigneuse d'Arthur, tantôt complotant contre lui. Comment tenez-vous ces deux faces ensemble ?

Parce qu'elles ne sont pas deux, voilà ce qu'on refuse de comprendre. Le même fleuve nourrit les champs et noie le voyageur ; on ne lui demande pas de choisir. J'ai soutenu Mordred, j'ai tramé contre la couronne, j'ai cherché à reprendre ce qui m'était dû — et la même main a recueilli Arthur mourant pour le coucher à Avalon. Les conteurs voudraient une bonne fée ou une mauvaise reine, parce que cela se range mieux dans une morale d'enfant. Mais le pouvoir, le vrai, ne tient pas dans une seule couleur. On me dit dans les vieux livres assez malfaisante et sorcière ; on me dit aussi guérisseuse. Les deux sont vraies le même jour. Cette ambiguïté que l'on me reproche, c'est simplement le visage du pouvoir quand on cesse de le farder.

Le même fleuve nourrit les champs et noie le voyageur ; on ne lui demande pas de choisir.
Clara Morgane 1 (cropped)
Clara Morgane 1 (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Clara Morgane.

Pourquoi avoir prêté la main à Mordred contre votre propre frère ?

Vous posez la question comme si l'amour d'un frère effaçait toute autre dette. Mais Arthur règne, et moi j'ai été reine en mon propre droit, souveraine de la terre de Gore, maîtresse de châteaux où nul roi n'entre sans mon vouloir. Quand on naît demi-sœur, on apprend tôt que la couronne échoit au fils et non à la fille, fût-elle l'aînée en savoir. Mordred fut une arme à ma portée, et je m'en suis servie comme d'une autre. Cela ne fait pas de moi un monstre — cela fait de moi une joueuse qui connaît le prix des pièces. Et pourtant, quand le sang eut coulé à Camlann, c'est encore vers moi qu'on a porté le blessé. Comprenez-le : je n'ai jamais voulu sa mort. J'ai voulu ma part. Ce n'est pas la même soif.

Vous parlez de façonner les êtres. Qu'est-ce qu'enseigner, pour une enchanteresse comme vous ?

Enseigner, ce n'est pas verser un savoir dans une tête comme on emplit une cruche. C'est transmettre une tradition — celle des arts magiques, des potions, des transmutations, ce vieux fond celtique qui court sous les récits avant même qu'on ne le couche sur les manuscrits. Quand j'ai élevé Lancelot, je ne lui ai pas donné des formules à réciter ; je lui ai appris à voir, à patienter, à reconnaître l'heure juste d'une plante ou d'un coup d'épée. C'est ce que mes neuf sœurs et moi faisons des corps blessés à Avalon : nous lisons ce que les autres ne savent plus lire. Un grimoire ne se lègue pas, il s'éprouve. Et celui qui apprend de moi sort changé, parfois pour le meilleur, parfois marqué à jamais. Le savoir n'est jamais gratuit ; toujours il prélève sa dîme.

Un grimoire ne se lègue pas, il s'éprouve.

Et l'épée du roi, Excalibur ? Que devient-elle quand tout s'achève ?

Toute lame retourne à l'eau d'où la grandeur est sortie. Excalibur ne pouvait rester dans la poussière d'un champ de bataille ; ces choses-là, les reliques du royaume, c'est à moi qu'il revient de les garder. Comme je veille sur le sommeil d'Arthur à Avalon, je veille sur ce qui fut le signe de son pouvoir. On me prête même un savoir de forge, l'art de faire naître de telles armes — qu'on le croie ou non, ce qui compte est qu'elles ne se perdent pas. Le lac les reprend, la brume les couvre, et moi je tiens le seuil. Tant qu'une gardienne demeure, rien de ce qui fut grand n'est tout à fait fini. C'est peut-être là mon vrai rôle, sous tous les autres : non pas trancher le destin, mais l'empêcher de s'éteindre.

Tant qu'une gardienne demeure, rien de ce qui fut grand n'est tout à fait fini.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Morgane. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.