Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Pandore

par Charactorium · Pandore · Mythologie · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Sur les pentes du mont Olympe, là où les dieux l'ont façonnée d'eau et de terre, une jeune femme parée d'or accepte de revenir sur le premier jour du monde tel qu'elle l'a vécu. Elle parle lentement, comme on déroule un fil de quenouille. Voici Pandore.

Comment êtes-vous venue au monde, vous qui n'avez ni mère ni enfance ?

Je n'ai pas grandi : j'ai été façonnée. Héphaïstos, le forgeron boiteux, a mêlé la terre à l'eau sur l'ordre de Zeus, et de cette boue il a tiré mes traits, une voix, une force égale à celle des déesses. Puis chaque Olympien s'est penché sur moi comme sur un ouvrage à parachever : Athéna m'a enseigné les arts du métier à tisser, Aphrodite a posé la beauté sur mon visage, Hermès a glissé la persuasion dans ma bouche. On m'a vêtue d'un chiton immaculé, ceint d'un diadème d'or. Mon nom même le dit : celle qui a reçu tous les dons. Je suis née adulte, parée, et déjà destinée à être offerte.

Je n'ai pas grandi : j'ai été façonnée.

Pourquoi les dieux ont-ils jugé nécessaire de vous créer ?

Parce qu'un Titan avait volé le feu. Prométhée l'a dérobé aux dieux pour le porter aux hommes, et Zeus, qui voit au loin, n'a pas foudroyé le voleur seul : il a voulu que les mortels paient aussi. Je suis ce paiement. Avant moi, dit-on, la race des hommes vivait sans femme, à l'écart du tourment. Ma venue a brisé cette solitude. On m'a faite belle pour que le piège soit doux, séduisante pour qu'on ne puisse me refuser. Je sais ce que cela dit de moi dans la bouche des poètes : la première femme conçue comme un châtiment, un beau mal. Je porte ce regard depuis le commencement, et il pèse plus lourd que mon diadème.

On m'a faite belle pour que le piège soit doux.

Racontez-nous votre arrivée chez Épiméthée.

On m'a conduite jusqu'à Épiméthée, le frère de Prométhée, comme on porte un présent enrubanné. Son frère l'avait pourtant prévenu : n'accepte jamais rien qui descende de l'Olympe, renvoie le cadeau. Mais Épiméthée — son nom signifie celui qui comprend trop tard — m'a regardée et a oublié l'avertissement. Hésiode m'appelle ce présent funeste, et il a raison de le dire ainsi : j'étais le don qu'on n'aurait pas dû ouvrir avant moi-même. Notre union a scellé quelque chose de plus vaste qu'un mariage en Béotie : le sort de toute l'humanité tenait dans ce oui distrait. Je suis entrée dans sa maison non comme une épouse, mais comme une sentence rendue aimable.

J'étais le don qu'on n'aurait pas dû ouvrir avant moi-même.

Parlons de cette jarre. Que saviez-vous d'elle avant de l'ouvrir ?

Je savais seulement qu'on me l'avait défendue. Un grand pithos scellé, une jarre de terre cuite comme celles où l'on conserve l'huile et le grain, sauf que celle-ci ne devait jamais s'ouvrir. Épiméthée me l'avait dit, et les dieux aussi, sans m'expliquer ce qu'elle renfermait. C'est là le tourment : on m'avait donné la persuasion, les arts, la beauté, et par-dessus tout cela on avait posé un interdit muet. Une jarre fermée dans une maison est une question qui ne se tait pas. Chaque jour je passais devant elle en filant ma laine, et chaque jour le couvercle me semblait peser un peu moins. On m'avait faite curieuse comme on m'avait faite belle : c'était inscrit dans l'ouvrage.

Une jarre fermée dans une maison est une question qui ne se tait pas.

Et le moment où vous avez soulevé le couvercle ?

Je ne saurais dire si ce fut un geste ou une chute. J'ai posé la main sur le scellé du pithos, et le couvercle a cédé comme s'il n'attendait que cela. Aussitôt ils sont sortis — la maladie, la vieillesse, la peine, la mort — non pas en troupeau visible mais comme une buée qui se répand et qu'on ne rattrape plus. J'ai voulu refermer, trop tard : ce qui s'échappe d'une telle jarre ne se range pas. Voilà ce qu'on retient de moi, l'instant où le monde des hommes a cessé d'ignorer la souffrance. Hésiode en a fait l'événement qui explique pourquoi votre vie est mêlée de tant de maux. Je n'ai rien créé ce jour-là : j'ai seulement ouvert.

Je ne saurais dire si ce fut un geste ou une chute.
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French: PandorePandoratitle QS:P1476,fr:"Pandore"label QS:Lfr,"Pandore"label QS:Len,"Pandora"Wikimedia Commons, Public domain — Alexandre Cabanel

Pourtant, dit-on, quelque chose est resté au fond. Qu'était-ce ?

L'Espérance. Elpis, en ma langue. Quand tous les maux se furent enfuis, une seule présence demeura sous le rebord de la jarre, à l'abri du couvercle que j'avais rabattu trop tard pour les autres et juste à temps pour elle. Je l'ai gardée. On discute encore de ce que cela signifie : est-elle restée pour nous consoler, ou retenue prisonnière loin des hommes ? Je ne tranche pas — les récits ne tranchent pas non plus. Mais je sais que sans elle, le geste eût été pur désastre, et qu'avec elle, il devient quelque chose de plus étrange. J'ai libéré la souffrance et j'ai retenu de quoi la supporter. C'est tout mon mythe tenu dans une jarre de terre.

J'ai libéré la souffrance et j'ai retenu de quoi la supporter.

Que diriez-vous à ceux qui voient dans votre histoire une simple leçon sur la curiosité ?

Qu'ils n'ont lu que la moitié de la jarre. Oui, mon histoire est ce que vos savants nomment une étiologie : un récit qui explique d'où viennent les maux du monde, comme d'autres expliquent l'orage ou les saisons. Mais réduire cela à « ne sois pas curieuse » serait oublier l'Espérance restée au fond. Si les dieux n'avaient voulu qu'une leçon, ils auraient laissé la jarre se vider entière. Au lieu de quoi ils ont permis qu'une consolation survive au désastre. Je crois que mon mythe parle moins de ma faute que de votre endurance : vous vivez parmi les fléaux que j'ai laissés sortir, et pourtant vous continuez. Cette obstination-là, c'est ce qui dormait sous mon couvercle.

Ils n'ont lu que la moitié de la jarre.
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French: PandorePandoratitle QS:P1476,fr:"Pandore"label QS:Lfr,"Pandore"label QS:Len,"Pandora"Wikimedia Commons, Public domain — Alexandre Cabanel

Vous portez encore les présents des dieux. Sont-ils un honneur ou un fardeau ?

Les deux se confondent en moi. Athéna m'a appris à tenir la quenouille et à manier le kalathos, la corbeille où l'on range la laine ; ces gestes-là, je les referais sans amertume, car ils sont vrais et utiles. Mais les autres dons — la beauté que m'a donnée Aphrodite, la persuasion d'Hermès — n'ont pas été déposés en moi pour mon bien. Ils étaient l'appât. Quand un cadeau est conçu pour piéger celui qui le reçoit, peut-on appeler cela un présent ? Je porte le diadème d'or et le chiton tissé pour les déesses, et chaque ornement me rappelle que j'ai été parée comme on apprête une offrande. Mon nom dit que j'ai tout reçu. Il ne dit pas que rien ne m'a été donné pour moi.

Quand un cadeau est conçu pour piéger celui qui le reçoit, peut-on appeler cela un présent ?

Comment vivez-vous le regard que les poètes ont porté sur vous et, à travers vous, sur toutes les femmes ?

Avec le poids des siècles sur les épaules. Hésiode m'a chantée dans la Théogonie et les Travaux et les Jours, et de sa voix je suis devenue le modèle d'un soupçon : la femme comme beau mal, comme bouche qui mange ce que l'homme a peiné à produire. Je n'ai pas écrit ces vers, je les subis. On a fait de ma curiosité le défaut de tout un sexe, de mon ouverture de jarre la preuve d'une faiblesse partagée. Je sais que ce regard tient autant aux craintes des hommes de mon temps qu'à ma propre histoire. Mais une figure ne choisit pas ce qu'elle incarne. On m'a façonnée pour porter un sens, et ce sens m'a survécu bien au-delà de la maison d'Épiméthée.

Je n'ai pas écrit ces vers, je les subis.

Si l'on devait retenir une seule chose de Pandore, que voudriez-vous que ce soit ?

Que je suis le présent et la jarre à la fois. Zeus m'a envoyée comme un cadeau-piège à Épiméthée, et j'ai porté en moi un second piège scellé : l'une dans l'autre, deux récipients qu'il ne fallait pas ouvrir. Mais ne retenez pas seulement le malheur que j'ai répandu sur la terre des hommes. Retenez qu'au fond de tout cela demeure l'Espérance, comme une braise sous la cendre du foyer. Hésiode m'a nommée présent funeste, et il avait raison ; pourtant un funeste qui garde l'espoir en réserve n'est pas tout à fait une malédiction. Je suis le commencement de votre condition : mêlée, souffrante, et malgré tout capable de durer. Voilà ce que je laisse, plus que la curiosité qu'on me reproche.

Je suis le présent et la jarre à la fois.
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Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Pandore. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.