Interview imaginaire avec Renart
par Charactorium · Renart · Mythologie · 5 min de lecture
Deux élèves de douze ans visitent une vieille forêt avec leur classe. Sous un grand chêne, ils découvrent un goupil roux assis comme un seigneur. C'est Renart, et il accepte de répondre à toutes leurs questions.
—C'est vrai que vous avez fait pêcher Isengrin avec sa queue dans la glace ?
Ah, mon enfant, c'est mon plus beau tour ! Imagine une nuit d'hiver, un étang gelé, et un trou dans la glace. Je dis à Isengrin le loup : « Plonge ta queue là-dedans, les poissons vont s'y accrocher tout seuls. » Il me croit ! Il attend, il attend, et le froid referme la glace autour de sa queue. Le pauvre reste prisonnier jusqu'au matin. C'est ce qu'on raconte dans La Pêche à la queue. Tu vois, je ne suis pas le plus fort. Isengrin est bien plus grand que moi. Mais un petit goupil malin peut toujours battre un gros loup bête.
Un petit goupil malin bat toujours un gros loup bête.
—Pourquoi vous êtes toujours méchant avec Isengrin le loup ?
Tu sais, le loup et moi, on est ennemis pour la vie. Dans la branche que les clercs appellent la quatrième, je lui creuse une fosse, un trou profond, et je le fais tomber dedans par ruse. Méchant ? Peut-être un peu. Mais Isengrin est gourmand et orgueilleux. Il croit que sa force suffit à tout. Alors je lui montre que non. Imagine un grand costaud dans la cour de récréation qui se moque des petits. Et un petit qui, par malice, le fait trébucher devant tout le monde. C'est ça, ma guerre avec le loup. Je ne gagne jamais par les muscles, toujours par la tête.
Je ne gagne jamais par les muscles, toujours par la tête.
—Vous aviez peur quand vous êtes passé en jugement devant le roi ?
Peur ? Un petit peu, je l'avoue ! Le roi Nobles, c'est le lion, et tous mes ennemis étaient là pour m'accuser. Isengrin criait que j'étais un traître. Mais tu sais ce que j'ai fait ? J'ai parlé. De belles paroles, douces comme du miel. À la Cour du Roi Noble, je me suis défendu de tous mes crimes en racontant de jolies histoires. Imagine un enfant pris la main dans le pot de confiture, qui invente une excuse si maligne que les parents finissent par sourire. C'était moi, devant le lion. La justice des puissants, je m'en moquais avec des mots.
Devant le roi, mes plus belles paroles valaient mieux qu'une armée.
—Ça se passait comment, un procès dans votre monde à vous ?
Imagine une grande salle pleine d'animaux : le lion sur son trône, le loup, l'ours, le chat, tous venus écouter. C'était sérieux et bruyant à la fois. Chacun racontait mes méfaits, et moi je devais répondre. À mon époque, les seigneurs jugeaient comme ça, en réunissant leur cour. Le Roman de Renart s'amuse à copier ces vrais procès des hommes, mais avec des bêtes. Et tu sais quoi ? On riait des juges autant que de l'accusé. Car souvent, dans ces histoires, la justice n'était pas si juste. Les puissants se trompaient, et le petit rusé que j'étais s'en sortait toujours.
On riait des juges autant que de l'accusé.
—C'est vrai que vous vous déguisiez pour tromper les gens ?
Oh oui, c'était ma grande spécialité ! Un jour je me fais pèlerin, avec un bâton et un grand manteau, l'air tout pieux. Une autre fois, je deviens teinturier : je plonge dans une cuve de couleur et je ressors si bizarre que personne ne me reconnaît ! Imagine que tu mets un déguisement de carnaval si parfait que même tes parents ne te voient plus. C'est ça. Avec un habit de jongleur coloré ou un faux parchemin sous le bras, je trompais les marchands, les nobles, même les gens d'Église. Mon visage changeait, mais ma ruse restait toujours la même.
Mon visage changeait, mais ma ruse restait toujours la même.

—C'était quoi un parchemin falsifié, comme vous en fabriquiez ?
Bonne question, mon enfant ! Un parchemin, c'est une peau de mouton bien grattée et séchée, sur laquelle on écrivait à mon époque. Pas de feuilles comme les tiennes, non, de la peau d'animal ! Les vraies lettres importantes portaient le sceau d'un seigneur. Moi, le fourbe, je fabriquais de faux documents pour faire croire des mensonges. Imagine une fausse lettre de permission, écrite avec de belles formules, qui ouvre toutes les portes. Les clercs — ces hommes instruits qui savaient lire et écrire — étaient les seuls à déchiffrer ces textes. Alors un faux parchemin bien tourné pouvait tromper même les plus savants.
Un faux parchemin bien tourné trompait même les plus savants.
—C'est vrai que les renards s'appelaient "goupil" avant vous ?
Eh oui, et c'est ma plus grande fierté ! À mon époque, on ne disait pas « renard ». On disait goupil. Le renard, c'était le goupil, point. Et moi, je m'appelais Renart, c'était mon prénom à moi tout seul. Mais mes histoires ont eu tant de succès que les gens ont fini par appeler tous les goupils… « renards » ! Imagine qu'un personnage soit si célèbre que son nom remplace un mot entier dans la langue. C'est ce qui m'est arrivé. Aujourd'hui, chaque fois que tu dis « un renard », tu prononces un petit bout de mon nom. Le goupil a disparu, et moi je suis resté.
Le goupil a disparu, et moi je suis resté dans la langue.

—Vos histoires, elles étaient connues loin de chez vous ?
Très loin, mon enfant ! Mes aventures sont nées en France, en ancien français, racontées par des jongleurs — ces artistes voyageurs qui allaient de château en château pour chanter des histoires. Mais on m'a vite traduit en allemand, en néerlandais, en anglais, en italien. Imagine une histoire qui passe de bouche en bouche, franchit les rivières et les montagnes, et fait rire des enfants dans des pays que tu n'as jamais vus. Pourquoi ce succès ? Parce que partout, les gens aiment voir un petit malin se moquer des puissants. La ruse, ça plaît dans tous les royaumes.
Partout, les gens aiment voir un petit malin se moquer des puissants.
—C'était comment, votre maison, là où vous prépariez vos coups ?
Ma maison, c'est Maupertuis ! Un château fort bien à moi, caché du côté de la Flandre, là-bas dans le nord. Imagine une forteresse avec des passages secrets et des galeries souterraines, comme un terrier mais en plus grand. Quand mes ennemis venaient m'attraper, je filais dans mes tunnels et personne ne me trouvait. C'était mon refuge, mon repaire de fauteur de troubles. J'y rapportais mon butin le soir, des poules, des restes volés aux fermes, et je préparais déjà mes ruses du lendemain. Les grands seigneurs avaient leurs hautes tours. Moi, le petit goupil, j'avais mes trous bien malins.
Les seigneurs avaient leurs tours, moi j'avais mes trous bien malins.
—Vous mangiez quoi, et ça sentait quoi le matin chez vous ?
Ah, le matin à Maupertuis ! Ça sentait la terre humide, la mousse et la plume de poule. Car au réveil, je pensais déjà à mon ventre. Je mange de la viande, moi : des volailles que je dérobe aux fermiers, du gibier, des œufs, parfois quelques fruits. Mais attention, presque jamais par la chasse honnête. Toujours par la ruse ! Imagine te lever chaque matin en te demandant : « Quel bon tour vais-je jouer pour mon déjeuner ? » Je guettais les fermes au loin, je repérais mes proies. Et le soir, content, je dégustais mon butin dans ma tanière. Voilà ma journée de goupil affamé et rusé.
Quel bon tour vais-je jouer aujourd'hui pour mon déjeuner ?
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Renart. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.

