Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Robert Schuman

par Charactorium · Robert Schuman (1886 — 1963) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux élèves de 12 ans visitent la maison de pierres grises de Scy-Chazelles, en Moselle. Dans le bureau resté intact, un vieux monsieur en costume sombre les accueille. Il s'appelle Robert Schuman, et il a accepté de répondre à toutes leurs questions.

Vous êtes né où, exactement ? On nous a dit que c'était compliqué.

Tu sais, mon enfant, je suis né en 1886 à Clausen, tout près de la ville de Luxembourg. Imagine un petit pays coincé entre la France et l'Allemagne, comme une maison plantée juste sur la ligne d'un jardin partagé. Ma famille était lorraine, mais à cette époque la Lorraine appartenait à l'Allemagne. Alors j'ai grandi avec deux cultures à la fois. J'ai fait toutes mes études en Allemagne, dans des écoles allemandes. Et toute ma vie, quand je parlais français, on entendait un petit accent qui venait de là. Beaucoup croyaient que c'était un défaut. Moi, j'ai fini par comprendre que c'était mon plus grand trésor.

Je suis né juste sur la ligne entre deux pays qui se détestaient.

Du coup, vous êtes devenu français à quel âge ?

Tard, très tard ! J'avais déjà 32 ans. Imagine : tu grandis, tu deviens avocat, tu travailles à Metz qui est une ville allemande... et un jour, en 1918, la guerre se termine et la Lorraine redevient française. Du jour au lendemain, je change de pays sans bouger de ma maison. C'est étrange, tu sais. J'avais appris à aimer deux peuples qu'on m'avait toujours présentés comme ennemis. Les Français se méfiaient un peu de moi à cause de mon accent. Mais moi, je connaissais le cœur des Allemands aussi bien que celui des Français. Plus tard, ça m'a beaucoup servi pour les réconcilier.

J'ai changé de pays sans bouger de ma maison.

C'est vrai que vous avez été arrêté pendant la guerre ? Vous aviez peur ?

Oui, c'est vrai. En septembre 1940, la Gestapo est venue me chercher. C'était la police secrète des nazis, des hommes qui faisaient très peur. On m'a enfermé dans une prison à Neustadt, en Allemagne, parce que je refusais d'obéir à Hitler. Bien sûr que j'avais peur, mon enfant. Mais tu sais, en 1942, j'ai réussi à m'évader. Imagine un homme déjà âgé, qui se cache dans des monastères, chez des moines, en silence, pendant des années. Je vivais comme une ombre, sans dire mon nom. Et chaque jour caché, une idée grandissait en moi : il fallait empêcher que cette horreur recommence un jour.

Je vivais comme une ombre, sans jamais dire mon nom.

Et ça vous a donné quoi, dans la tête, d'avoir vécu tout ça ?

Ça a tout changé. Quand tu te caches pendant des années à cause d'une guerre, tu te poses une question simple : pourquoi ? Pourquoi la France et l'Allemagne se font-elles la guerre encore et encore ? Tu sais, entre 1870 et 1945, elles se sont battues trois fois. Trois fois en moins de quatre-vingts ans ! Des millions de morts. Pendant ma clandestinité, j'ai compris une chose. Tant que ces deux pays resteraient ennemis, il y aurait toujours du sang. Alors je me suis juré que, si je survivais, je travaillerais à les unir. Pas avec des fusils. Avec du travail commun et de la confiance.

On ne répare pas la guerre avec des fusils, mais avec de la confiance.

On a entendu parler d'un fameux 9 mai 1950. Il s'est passé quoi ce jour-là ?

Ah, le grand jour ! Ce matin du 9 mai 1950, j'étais ministre des Affaires étrangères. J'avais préparé un texte en secret, avec mon ami Jean Monnet. Pourquoi en secret ? Parce que si les autres pays l'avaient su trop tôt, ils auraient tout fait échouer. Imagine que tu prépares une surprise énorme, et que tu retiens ton souffle jusqu'au dernier moment. Je suis entré dans une salle du ministère, le Salon de l'Horloge, devant des journalistes du monde entier. Et j'ai proposé que la France et l'Allemagne mettent en commun leur charbon et leur acier. C'était la première pierre de l'Europe unie.

J'ai retenu mon souffle jusqu'au dernier moment, comme avant une grande surprise.
Robert Schuman Plaque (Graunstrasse 31)
Robert Schuman Plaque (Graunstrasse 31)Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin

Et le chef allemand, il a réagi comment quand il a appris ça ?

Le chancelier allemand s'appelait Konrad Adenauer. On l'a prévenu seulement quelques heures avant mon discours. Tu imagines sa surprise ? Pendant des siècles, un Français qui tendait la main à un Allemand, ça n'existait presque pas. On se voyait comme des ennemis, point. Et là, un Français lui proposait de travailler ensemble, à égalité. Il aurait dit que c'était le premier geste sincère d'un Français envers l'Allemagne depuis la guerre. Le charbon et l'acier, tu sais, c'est ce qui sert à fabriquer les canons. Mon idée, c'était simple : si on partage de quoi faire la guerre, on ne peut plus se la faire.

Si on partage de quoi faire la guerre, on ne peut plus se la faire.

Mais construire l'Europe entière, c'est énorme. Vous avez fait comment ?

Petit à petit, mon enfant. Tout petit à petit. Tu sais, je n'ai jamais cru aux grands plans magiques qu'on réalise d'un coup. Dans ma déclaration, j'ai dit que l'Europe ne se ferait pas d'un seul geste, mais par des réalisations concrètes. J'appelais ça construire une solidarité de fait. Imagine que tu veux devenir ami avec quelqu'un que tu connais mal. Tu ne lui jures pas une amitié éternelle tout de suite. Tu fais d'abord un petit projet ensemble, puis un autre. La confiance pousse comme une plante. En 1951, six pays ont signé le traité créant la CECA, pour gérer ensemble le charbon et l'acier. C'était le premier pas.

La confiance entre les peuples pousse comme une plante, petit à petit.

C'est quoi la CECA, en fait ? Ça veut dire quoi ce mot bizarre ?

Bonne question ! CECA, ça veut dire Communauté européenne du charbon et de l'acier. Un nom compliqué pour une idée simple. Six pays — la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg — ont décidé de gérer ensemble leur charbon et leur acier. Et le plus nouveau, c'est qu'on a créé une Haute Autorité. Imagine un groupe de personnes placées au-dessus des gouvernements, qui décident pour le bien de tous, pas seulement pour un seul pays. Jamais dans l'histoire on n'avait fait ça. C'était comme un petit laboratoire. Et de ce petit laboratoire est née, des années plus tard, toute la grande Europe que tu connais.

D'un petit laboratoire de charbon est née toute l'Europe.
Aachen 11-11 Robert-Schuman-Strasse EinhardGymnasium
Aachen 11-11 Robert-Schuman-Strasse EinhardGymnasiumWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — A.Savin

On dit qu'on vous appelait 'le moine'. Pourquoi un surnom pareil ?

Ha ! C'est vrai, on m'appelait parfois le moine de la politique. Tu sais, je ne me suis jamais marié, je n'ai pas eu d'enfants. Je vivais seul, simplement, dans ma petite maison de Scy-Chazelles, en Lorraine. Chaque matin, je me levais avant le jour pour aller à la messe. J'avais toujours un chapelet dans ma poche. Le soir, j'arpentais mon jardin en priant tranquillement. Pas de grandes fêtes, pas de luxe. Ma maison était pleine de livres, dans plusieurs langues. Pour moi, croire en Dieu et vouloir la paix entre les peuples, c'était la même chose. La fraternité, ce n'était pas un mot. C'était un devoir.

Vouloir la paix entre les peuples, pour moi, c'était une prière.

Et vous mangiez quoi, le matin, dans votre maison ?

Oh, rien de grand, tu sais ! Du café et des tartines, voilà tout. J'étais un homme très simple à table. À midi ou le soir, une soupe, des légumes de mon potager, un peu de pain, du fromage lorrain, et un seul verre de vin de Moselle. Beaucoup d'hommes politiques de mon temps adoraient les grands dîners élégants. Moi, je mangeais souvent seul, sans cérémonie. Je portais toujours les mêmes costumes sombres, gris ou noirs. Imagine quelqu'un qu'on ne voit jamais habillé en fête, jamais en train de se vanter. Je trouvais que les choses importantes se font dans le silence et le travail, pas dans le bruit et le luxe.

Les choses importantes se font dans le silence, pas dans le bruit.

Aujourd'hui, qu'est-ce qui reste de tout ce que vous avez fait ?

Beaucoup plus que je n'osais l'espérer, mon enfant. Le 9 mai, le jour de ma déclaration, est devenu la fête de toute l'Europe. Chaque année, on s'en souvient. Les six pays du début sont devenus bien plus nombreux. Et la France et l'Allemagne, ces deux ennemies de toujours, sont aujourd'hui des amies. Tu te rends compte ? Quand j'étais enfant, c'était impensable. Dans mon livre Pour l'Europe, écrit à la fin de ma vie, j'ai dit que la démocratie doit être fraternelle, ou elle ne sera pas. Si toi et tes camarades, plus tard, gardez cette idée vivante, alors tout ce travail n'aura pas été vain.

La France et l'Allemagne amies : quand j'étais enfant, c'était impensable.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Robert Schuman. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.