Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Roland

par Charactorium · Roland · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Le jour décline sur les hauteurs de Roncevaux, dans ce défilé des Pyrénées où l'arrière-garde de Charlemagne fut prise au piège. Adossé à un rocher gris, l'épée encore au poing, le plus illustre des paladins consent à parler avant que la nuit ne tombe. Sa voix est rauque, mais l'orgueil du chevalier n'a rien perdu de son tranchant.

Comment décririez-vous votre place auprès de l'empereur Charlemagne ?

Nous étions douze à former la garde rapprochée de mon seigneur, et l'on m'a fait l'honneur de me nommer le premier d'entre eux. Être paladin, ce n'est pas seulement porter le gonfalon de l'empereur dans la bataille ; c'est répondre de sa parole comme on répond d'une dette de sang. À la cour d'Aix-la-Chapelle, chaque matin je gagnais la chapelle au son des cloches, puis l'on m'attendait pour les conseils où Charlemagne pesait la guerre et la paix avec ses meilleurs hommes. Rollant est proz e Oliver est sage — ainsi nous distingue-t-on, mon compagnon et moi. Lui pèse, je tranche. Le vassal doit à son suzerain la fidélité jusqu'à la mort ; moi, je la lui devais doublement, car je suis son neveu et son bras.

Lui pèse, je tranche.

À quoi ressemblaient vos journées au palais impérial avant les campagnes ?

On croit le chevalier toujours en selle, lance baissée ; la vérité est plus rude et plus simple. Levé avant l'aube, j'entendais la messe, car nul ne porte le fer sans porter d'abord la croix. L'après-midi durcit les bras : maniement de la lance, voltige sur le destrier, ces chevaux dressés à ne craindre ni le cri ni l'acier. Le soir, dans la grande salle, nous rompions le pain blanc réservé à ceux de mon rang, et les jongleurs chantaient les hauts faits des anciens pendant que circulait le vin. La cotte de mailles pèse lourd sur les épaules d'un homme, croyez-moi ; on s'y fait comme à une seconde peau. Voilà ce qu'est la chevalerie au quotidien : moins de gloire qu'on ne l'imagine, et beaucoup de sueur offerte à Dieu et au roi.

Nul ne porte le fer sans porter d'abord la croix.

Parlez-nous de Durandal, cette épée dont on dit qu'elle ne se brise jamais.

Durandal n'est pas une lame, c'est une compagne. On la dit forgée pour ne jamais ployer ni rompre, et je l'ai éprouvée sur cent écus sans qu'elle s'ébrèche. Mais sa vraie force ne tient pas dans l'acier : dans sa garde dorée sont enchâssées des reliques saintes, parcelles arrachées à la chair des bienheureux. Quand je frappe, ce n'est pas seulement mon bras qui porte le coup, c'est le ciel qui descend avec lui. Voilà pourquoi je l'aime plus que mon destrier, plus que ma propre vie. Une épée qui ne contiendrait que du métal, n'importe quel forgeron sait la refaire ; mais une lame habitée par le sacré, on n'en forge qu'une, et elle vous est confiée comme un serment.

Durandal n'est pas une lame, c'est une compagne.

Pourquoi tenir tant à ce que cette épée renferme des reliques ?

Parce qu'un guerrier sans foi n'est qu'un boucher. Dans la garde de Durandal dorment une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, un cheveu de monseigneur saint Denis, un lambeau du vêtement de la Vierge — du moins est-ce ainsi qu'on me l'a appris et que je le crois. Lorsque je serre cette poignée, je ne suis pas seul face aux païens : toute la cour du ciel combat à mes côtés. C'est ce qui sépare le paladin du simple homme d'armes. L'honneur ne suffit pas ; il faut que l'acier lui-même soit consacré. Voilà pourquoi, quand l'heure viendra, je ne supporterai pas qu'une telle merveille tombe en main mécréante. Mieux vaudrait la rompre que la voir souillée.

Un guerrier sans foi n'est qu'un boucher.

Contre qui combattiez-vous vraiment dans ces montagnes d'Espagne ?

Contre les Sarrasins du roi Marsile, ceux de Saragosse, qui feignirent la paix pour mieux nous trahir. Sept ans durant, mon seigneur avait porté la croix au-delà des Pyrénées, et cette ville orgueilleuse restait la dernière épine. On nous promit hostages et conversions ; on nous tendit un piège. Voilà la guerre telle que je l'ai vécue : la chrétienté d'un côté, les infidèles de l'autre, et entre les deux la félonie d'un homme des nôtres qui vendit l'arrière-garde. Je sais qu'on racontera ma mort de mille façons, qu'on disputera des noms et des peuples que j'ai affrontés dans ces gorges. Qu'importe au mourant le détail des chroniques ? Ce que je sais, moi, c'est que je suis tombé la face tournée vers la terre ennemie, comme doit tomber un homme qui n'a jamais reculé.

Je suis tombé la face tournée vers la terre ennemie.
"hello" - A black and white overexposed photo portrait of a late 1930's rotary phone. Gesso & Acrylic on Canvas - painting by Roland Barrera
"hello" - A black and white overexposed photo portrait of a late 1930's rotary phone. Gesso & Acrylic on Canvas - painting by Roland BarreraWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Roland Barrera

Vous semblez deviner que votre histoire sera réécrite. Qu'en pensez-vous ?

Un haut fait n'appartient jamais tout à fait à celui qui l'accomplit. Dès que je serai froid, les clercs et les jongleurs s'empareront de Roncevaux ; ils tailleront, ils embelliront, ils feront chanter mes plaies pour échauffer le cœur des jeunes hommes. Peut-être grossiront-ils l'armée des païens, peut-être noirciront-ils davantage le traître. C'est l'office du chant que d'agrandir les ombres et les lumières. Je ne m'en plains pas : un guerrier qui meurt obscur est mort deux fois, et je préfère encore qu'on me pare de vertus que je n'eus pas plutôt qu'on m'oublie. Ce que je leur demande, à ceux qui me chanteront, c'est de ne pas mentir sur l'essentiel : que j'ai aimé mon seigneur Charlemagne plus que ma vie, et que j'ai tenu mon rang de paladin jusqu'au dernier souffle.

Un guerrier qui meurt obscur est mort deux fois.

Comment en êtes-vous venu à commander cette arrière-garde fatale ?

Quand l'armée de mon seigneur repassa les monts pour regagner la doulce France, il fallut un homme pour couvrir ses arrières dans ces défilés où vingt suffisent à arrêter mille. Je réclamai cette charge comme un honneur, non comme un fardeau — c'est le sort du premier des Douze Pairs que de tenir le poste le plus exposé. Avec mon compagnon Olivier et l'archevêque Turpin, nous étions là, à Roncevaux, en l'an de la grande campagne, lorsque les hauteurs se hérissèrent soudain de lances ennemies. La trahison avait tout vendu : l'heure, le lieu, le nombre des nôtres. J'ai compris en levant les yeux que nous ne reverrions pas la plaine. Mais reculer ? Un vassal ne recule pas. On tient, on frappe, et l'on remet son âme à Dieu.

On raconte qu'Olivier vous pressa de sonner du cor, et que vous avez d'abord refusé. Pourquoi ?

Trois fois mon compagnon Olivier me supplia d'emboucher l'Olifant pour rappeler l'empereur, et trois fois je refusai. Comprenez : sonner du cor au premier choc, c'était avouer la peur, c'était jeter une ombre sur le nom de tous mes parents et sur la doulce France. Un homme de mon rang ne crie pas à l'aide tant que son bras peut tenir Durandal. J'aimais mieux mourir que de vivre déshonoré. Olivier, lui, jugeait avec sa sagesse, et il avait raison sur le compte des choses — nous étions trop peu. Mais l'honneur n'est pas affaire de comptes. Quand enfin je portai le cor à mes lèvres, il était trop tard pour sauver mes hommes ; il n'était plus temps que de venger leur mémoire et d'appeler le châtiment sur le traître.

J'aimais mieux mourir que de vivre déshonoré.
William Orpen - Portrait of Roland Knoedler, 1922
William Orpen - Portrait of Roland Knoedler, 1922Wikimedia Commons, Public domain — William Orpen

Et ce souffle ultime dans l'olifant, dont on dit qu'il vous brisa les tempes ?

Je soufflai de toute l'âme qui me restait. Le sang battait déjà à mes oreilles, mes hommes gisaient autour de moi, et il fallait que la voix du cor franchît les crêtes et coulât dans la vallée jusqu'à l'oreille de Charlemagne, à des lieues de là. Alors j'ai soufflé comme on rend son dernier secret : si fort, dit-on, que mes tempes se rompirent et que le sang jaillit de ma bouche. L'Olifant d'ivoire en porta la fêlure. Voilà ce qu'est le sacrifice du paladin : non pas seulement tomber sous l'épée, mais se déchirer soi-même pour que l'empereur sache et venge. Mon corps n'était plus qu'un instrument au service de mon seigneur. Le cor et moi, nous nous sommes brisés du même geste.

Le cor et moi, nous nous sommes brisés du même geste.

Sentant la fin venir, qu'avez-vous voulu faire de Durandal ?

Mon premier soin de mourant ne fut pas pour mon âme, mais pour mon épée. Je ne pouvais souffrir que Durandal et ses reliques saintes tombassent aux mains des païens ; j'ai donc voulu la briser, frappant contre la pierre grise de Roncevaux de toutes mes forces défaillantes. En vain : l'acier mordait le roc et le roc cédait, mais la lame, elle, demeurait intacte, comme si le ciel refusait de la laisser périr avec moi. J'ai fini par la coucher sous mon corps, avec l'Olifant, pour que mon cadavre même les protège. Une telle merveille ne doit servir qu'un chrétien digne d'elle. Si Dieu ne veut pas que je la rompe, c'est qu'il la destine peut-être à survivre à mon nom — qu'elle aille où elle voudra, pourvu qu'elle ne serve jamais l'infidèle.

Imaginez qu'on vous vénère longtemps après votre mort : qu'aimeriez-vous que les hommes gardent de vous ?

On me dit que là-bas, à Blaye, en Gironde, on pourrait un jour conserver mon Olifant fêlé et mon épée comme des reliques, et que des pèlerins viendraient s'y recueillir. Si cela doit être, je le reçois avec gratitude — non par vanité, mais parce qu'un objet qui a touché le sacré garde un peu de sa vertu. Que les jeunes chevaliers viennent y poser la main et qu'ils y apprennent la chevalerie : tenir parole, garder son rang, mourir plutôt que trahir. Je ne demande pas qu'on m'imite dans mon orgueil — ce refus trop tardif de sonner du cor, je le paie cher. Mais qu'on retienne ceci : j'ai aimé mon seigneur et ma doulce France plus que mon propre souffle. Si l'on garde cela, alors mon olifant n'aura pas sonné en vain.

Qu'on retienne ceci : j'ai aimé ma doulce France plus que mon propre souffle.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Roland. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.