Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Socrate

par Charactorium · Socrate (469 av. J.-C. — 398 av. J.-C.) · Philosophie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Athènes, un matin du printemps 399 avant notre ère. L'homme nous reçoit pieds nus sous le portique de l'agora, là où s'attardent encore les marchands et les jeunes gens. Son procès vient de s'ouvrir ; il parle pourtant sans hâte, comme s'il avait l'éternité devant lui.

On raconte qu'un oracle est à l'origine de toute votre quête. Comment cela a-t-il commencé ?

C'est mon vieux camarade Chéréphon qui a tout déclenché. Il s'en est allé à Delphes interroger la Pythie, et celle-ci a répondu que nul n'était plus sage que moi. J'ai d'abord cru à une plaisanterie des dieux, car je n'avais conscience d'aucune sagesse, ni grande ni petite. Alors j'ai entrepris de réfuter l'oracle. J'ai questionné les hommes politiques, les poètes, les artisans, tous ceux qu'on tenait pour savants. Et partout j'ai trouvé la même chose : ils croyaient savoir, et ne savaient rien. Moi, au moins, je ne prétendais pas connaître ce que j'ignore. Voilà toute ma supériorité, si supériorité il y a. Je sais que je ne sais rien, et c'est par cette fente étroite que la lumière entre.

Je sais que je ne sais rien, et c'est par cette fente étroite que la lumière entre.

Vos journées se passent ici, sur l'agora, à interroger les passants. Pourquoi ce lieu plutôt qu'une école ?

Parce que la vérité ne vit pas dans les livres ni derrière des murs : elle marche, elle achète du poisson, elle plaide ses procès. Je me lève à l'aube, un peu de pain, de l'eau coupée d'un doigt de vin, et me voici sur l'agora, vêtu de mon vieux himation, pieds nus comme toujours. Là, j'arrête un général, un cordonnier, un fils de bonne maison, et je leur demande ce qu'est le courage, ce qu'est la justice. Ils répondent avec aplomb, puis se prennent eux-mêmes en faute. Je ne leur enseigne rien — je n'ai rien à vendre, contrairement à ces sophistes qui monnaient leur science. Je me contente de tendre un miroir, et le plus souvent l'homme s'y trouve moins beau qu'il ne croyait.

Vous comparez votre art à celui d'une sage-femme. Que voulez-vous dire par là ?

Ma mère, Phénarète, était accoucheuse, et j'ai hérité de son métier, mais je délivre les esprits au lieu des corps. C'est ce que j'appelle la maïeutique. Je n'engendre aucune pensée : je suis stérile en sagesse. Mais je sais reconnaître si l'âme de mon interlocuteur porte un vrai enfant ou un fantôme, une idée féconde ou du vent. Mes questions sont les douleurs de l'enfantement ; elles font mal, je le concède. Beaucoup m'en veulent quand je leur retire l'illusion d'avoir accouché d'un savoir. Mais celui qui sait ce qu'est une chose en use mieux que celui qui l'ignore — c'est pour cette mise au monde-là que je travaille, gratuitement, sur cette place.

Je suis stérile en sagesse, mais je sais reconnaître si l'âme porte un vrai enfant ou du vent.

Beaucoup vous accusent de feindre l'ignorance pour mieux piéger vos interlocuteurs. Que répondez-vous ?

On nomme cela mon ironie, et ce n'est pas un mensonge mais une politesse envers la vérité. Quand j'aborde un homme persuadé de tout connaître, je ne peux l'attaquer de front : il se cabrerait. Alors je me fais petit, je le prie de m'instruire, moi le pauvre ignorant. Et tandis qu'il déploie sa science, je pose une question, puis une autre, et voilà ses belles certitudes qui se contredisent d'elles-mêmes. Je ne les ai pas renversées : elles ne tenaient debout que dans son imagination. Les sophistes, eux, enseignent à avoir raison contre la vérité, à faire triompher la cause la plus faible ; moi, je cherche seulement à savoir ce qu'est la justice, le bien, le courage — et je n'ai encore trouvé personne, pas même moi, qui le sache vraiment.

Avant le philosophe, il y eut le soldat. Vous souvenez-vous de la campagne de Potidée ?

On me prend pour un vieux bavard de l'agora, mais j'ai porté la lance et le bouclier d'hoplite à Potidée, voilà plus de trente ans. Le froid de Thrace était terrible ; les autres s'emmitouflaient, et moi je marchais pieds nus sur la glace, comme ici sur les pavés. Un matin, une question m'a saisi — je ne sais plus laquelle — et je suis resté planté, immobile, à la chercher. Un jour entier, puis toute une nuit. Mes compagnons, intrigués, ont sorti leurs couvertures pour m'observer dormir debout dans ma pensée. Au lever du soleil, j'ai adressé ma prière et repris ma route. Le courage, voyez-vous, ce n'est pas seulement tenir face à l'ennemi : c'est aussi ne pas lâcher une idée tant qu'on ne l'a pas regardée jusqu'au fond.

Le courage, ce n'est pas seulement tenir face à l'ennemi : c'est ne pas lâcher une idée tant qu'on ne l'a pas regardée jusqu'au fond.
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Ukrainian: Смерть Сократа title QS:P1476,uk:"Смерть Сократа "label QS:Luk,"Смерть Сократа "label QS:Lru,"Смерть Сократа"label QS:Lfr,"La mort de Socrate"Wikimedia Commons, Public domain — Taras Shevchenko

Vous avez vécu et pensé pendant que la cité s'effondrait. Comment philosopher au milieu d'une telle guerre ?

J'ai vu ma jeunesse sous Périclès, quand Athènes se croyait éternelle, puis trente années de guerre contre Sparte, la peste, la flotte engloutie, et enfin la défaite. Beaucoup en ont conclu qu'il fallait saisir le plaisir avant la fin, mentir, trahir, puisque tout s'écroulait. Je crois exactement l'inverse. C'est précisément quand la cité chancelle qu'il faut demander : qu'est-ce qu'un homme juste ? La pierre des murailles tombe, mais la question, elle, tient debout. Mes concitoyens m'en veulent parce que je les empêche de dormir dans leur malheur. Ils voudraient un consolateur ; je ne suis qu'un taon qui pique le flanc d'un cheval engourdi. Une cité qui souffre a plus besoin d'examen, non de moins.

Le régime des Trente, puis le retour de la démocratie : on vous a vu refuser d'obéir aux tyrans. Pourquoi ce procès aujourd'hui ?

Quand les Trente ont pris la cité, ils m'ont ordonné d'aller arrêter un homme, Léon de Salamine, pour le faire exécuter et confisquer ses biens. J'ai simplement rentré chez moi. Je préfère subir l'injustice que la commettre. La démocratie est revenue depuis, et c'est elle, à présent, qui me traîne devant les juges. Vous trouvez cela contradictoire ? Pas moi. Je n'ai jamais servi un parti, seulement la question. Ceux qui me jugent aujourd'hui n'osent pas dire la vraie raison : ils ont honte de leurs réponses quand je les interroge. On ne pardonne pas à un homme de vous montrer que vous ne savez pas ce que vous croyiez savoir. Mon impiété, c'est de déranger les dieux confortables qu'ils se sont fabriqués.

Alcibiade recevant les leçons de Socrate
Alcibiade recevant les leçons de SocrateWikimedia Commons, Public domain — François-André Vincent

On vous accuse d'impiété et de corrompre la jeunesse. Que diriez-vous à vos juges ?

J'ai entendu Mélétos dérouler ses griefs, et je vous assure que ses paroles ont failli me faire oublier qui je suis : à l'entendre, je serais un orateur merveilleux, alors que je ne suis rien de tout cela. Corrompre la jeunesse ? J'ai passé ma vie à exhorter chaque jeune Athénien à se soucier non de son argent ni de sa réputation, mais de son âme et de la vérité. Si c'est là corrompre, qu'on me montre le pédagogue plus honnête. Quant à l'impiété, c'est un dieu qui, par la voix de Delphes, m'a mis à ma tâche ; lui désobéir serait la vraie impiété. Je ne flatterai pas le tribunal pour sauver ma peau. Mieux vaut mourir en disant vrai que vivre en mendiant la pitié.

Vos amis préparent votre évasion. Pourquoi refuser de fuir et accepter la ciguë ?

Criton est venu ce matin, la bourse pleine, tout est prêt : un bateau, un refuge en Thessalie. Et je refuse. Songez : j'ai vécu soixante-dix ans à l'ombre des lois d'Athènes, j'ai accepté d'elles ma femme, mes enfants, mon éducation. Aujourd'hui qu'elles me condamnent, fût-ce injustement, irais-je les briser comme un esclave en fuite ? Ce serait donner raison à mes accusateurs, qui prétendent que je méprise les lois de la cité. On ne répond pas à une injustice par une autre. La coupe de ciguë ne m'effraie pas : mourir, c'est peut-être seulement que l'âme, délivrée du corps, s'en aille enfin toute seule. Pourquoi un philosophe qui a passé sa vie à s'exercer à mourir tremblerait-il au moment de réussir ?

On ne répond pas à une injustice par une autre.

Vous parlez de la mort presque avec sérénité. N'éprouvez-vous nulle crainte ?

Craindre la mort, c'est se croire savant quand on ne l'est pas, car nul ne sait si elle n'est pas le plus grand des biens, et pourtant on la redoute comme le pire des maux. De deux choses l'une : ou elle est un sommeil sans rêve, et quoi de plus doux qu'une nuit sans songe ? ou bien elle est un voyage de l'âme vers un autre lieu, et alors j'y retrouverai peut-être les héros d'autrefois pour les interroger à mon tour — imaginez le bonheur de questionner enfin ceux que je n'ai connus que par les poètes ! Aussi je dirai à ceux qui m'ont condamné que c'est moi qui les plains, eux, bien plus que je ne me plains moi-même. Ils m'ôtent quelques jours ; ils se gardent à eux-mêmes le remords de l'injustice.

C'est moi qui plains ceux qui m'ont condamné, bien plus que je ne me plains moi-même.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Socrate. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.