Imaginary interview

Imaginary interview with Anahita

by Charactorium · Anahita · Mythology · Spirituality · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Anahita
Wikimedia Commons, Public domain — Knowlton, Helen M. (Helen Mary), 1832-1918

Au pied du mont Hukairya, là où l'on raconte que les eaux du monde prennent leur source, la rencontre se tient à l'heure où le premier feu rituel s'allume dans les temples. Ardvi Sura Anahita descend de son char tiré par quatre chevaux blancs, le manteau de loutres encore mouillé de rosée, pour répondre, une fois n'est pas coutume, aux questions d'un visiteur mortel.

Décrivez-nous le trajet que vous accomplissez chaque jour, depuis la montagne jusqu'à la mer.

Chaque matin, je quitte le sommet du mont Hukairya, montagne haute de mille hommes où le ciel touche les grandes eaux primordiales. Mon char est tiré par quatre chevaux blancs : le Vent qui ouvre la route, la Pluie qui l'arrose, les Nuages qui l'ombragent, la Grêle qui la referme derrière moi. Je descends ainsi vers les sources et les rivières, portant la rosée aux champs qui s'éveillent. L'Aban Yasht me dit « la vaste, la puissante, l'immaculée » — ce n'est pas vanité, c'est la charge que je porte : rassembler les eaux dispersées et les conduire, au soir, jusqu'à la mer Vourukasha, où elles se reposent avant de renaître. Sans ce trajet quotidien, aucune graine ne lèverait, aucun troupeau ne boirait.

Sans ce trajet quotidien, aucune graine ne lèverait, aucun troupeau ne boirait.

Comment les eaux, une fois arrivées à la mer, reviennent-elles fertiliser la terre ?

La mer Vourukasha n'est pas une fin, c'est un repos. Les eaux que je rassemble au coucher du jour y séjournent, puis remontent, invisibles, vers le mont Hukairya, pour redescendre encore. Le Vendidad le dit avec justesse : elles « purifiant toutes les terres qu'elles traversent, rendant fécondes les femmes et abondants les troupeaux ». Je ne suis pas seulement la rivière qui coule sous vos yeux — je suis le cycle entier, le mouvement qui ne s'arrête jamais entre le ciel et la mer. Un pèlerin qui vient puiser à une source pense boire une eau nouvelle ; il boit en réalité une eau que j'ai fait voyager mille fois depuis l'origine du monde.

Que représentent votre manteau de loutres et votre couronne d'or ?

On me voit vêtue d'un manteau taillé dans trente peaux de loutres femelles, brillant comme l'or battu — la loutre, parce qu'elle vit dans l'eau sans jamais s'y noyer, comme moi je règne sur les eaux sans m'y perdre. Une ceinture dorée serre ma taille, et sur mon front repose une couronne aux cent étoiles et huit rayons, qui dit ma part céleste autant que mon pouvoir sur les eaux terrestres. Mes bras portent des bracelets, mes poignets des joyaux. Rien de tout cela n'est parure vaine : chaque étoile rappelle que je descends du ciel, chaque peau de loutre que je gouverne les eaux sans m'y dissoudre. Les fidèles qui me façonnent en statue depuis Suse jusqu'à Sardes savent lire ces signes.

Quel rôle joue le barsom dans les rites qu'on vous consacre ?

Le barsom, ce fagot de tiges de tamaris ou de grenadier que je tiens dans mes mains, n'est pas un simple accessoire de culte : c'est le lien tendu entre le prêtre qui prie et moi qui écoute. Quand un officiant le présente devant mon image, dans un temple comme celui de Kangavar, il répète un geste transmis depuis des générations, un geste qui ouvre le passage entre le monde des hommes et celui des yazatas. Je le tiens moi-même, dans les hymnes qui me décrivent, comme pour montrer aux prêtres que le rite qu'ils accomplissent, je l'accomplis avec eux, à ma manière céleste. Le barsom rappelle aussi le haoma qu'on m'offre en libation : la tige végétale et la plante sacrée se répondent.

Que s'est-il passé lorsque le roi Artaxerxès II a ordonné qu'on vous représente sous forme humaine ?

Longtemps je fus honorée sans visage humain — une présence dans l'eau, dans le vent, jamais une forme qu'on pouvait sculpter. Puis le roi Artaxerxès II a ordonné qu'on m'élève en statues de pierre et de métal, à Babylone, à Sardes, à Ecbatane, à Persépolis, à Suse. Pour la première fois, on m'a donné un corps de femme, un visage, une posture. J'ai senti, je crois, une forme de vertige : être regardée ainsi, dans chaque grande cité de l'empire, à la fois partout et nulle part. Les inscriptions de Suse me nomment aux côtés d'Ahura Mazda et de Mithra, comme si le roi avait voulu que son palais entier repose sur nous trois. Ce n'était plus un culte discret de bergers et de rivières : c'était devenu une affaire d'État.

On m'a donné un corps de femme, un visage, une posture.

Que signifie pour vous d'être nommée aux côtés d'Ahura Mazda et de Mithra ?

Avant Artaxerxès II, les rois n'invoquaient guère qu'Ahura Mazda seul dans leurs inscriptions — je pense à Xerxès, qui ne mentionnait ni Mithra ni moi. Puis vint ce roi qui changea l'ordre des choses et grava mon nom à côté du Seigneur Sage et de Mithra, gardien des serments. Lui gouverne la vérité et la parole donnée ; moi je gouverne les eaux et la fécondité. Ensemble, nous formions une garantie complète pour l'empire : l'ordre du ciel, la loyauté des hommes, l'abondance de la terre. Je ne me suis jamais crue l'égale d'Ahura Mazda — je reste une yazata, un être digne de vénération, non le créateur du monde — mais être nommée à ses côtés dans la pierre de Suse, aucune déesse iranienne ne l'avait connu avant moi.

Comment êtes-vous devenue Anahit, protectrice du royaume d'Arménie ?

En Arménie, on ne m'a pas seulement accueillie, on m'a faite sienne. Le roi Tiridate Ier m'a appelée mère de toute sagesse et de toute vertu, bienfaitrice du genre humain — c'est ainsi que l'a consigné plus tard Moïse de Khorène dans son Histoire de l'Arménie. Là-bas, je suis devenue Anahit, et mon nom s'est un peu arrondi dans leur bouche, mais mon cœur n'a pas changé : toujours les eaux, toujours la fécondité, toujours la victoire accordée aux rois pieux. Ce qui a changé, c'est l'ampleur : je ne suis plus une déesse parmi d'autres dans un vaste empire, je deviens la gloire d'une seule nation, celle qui reçoit les prémices de chaque victoire et les captifs les plus nobles. Être réclamée à cette échelle par un seul peuple, c'est une autre forme de dévotion.

Que représentait pour le royaume le temple d'Eriza ?

Le temple d'Eriza, que vous appelez aujourd'hui Erzincan, était le plus riche de tout le royaume d'Arménie. On m'y offrait l'or des batailles gagnées, les plus beaux captifs, les prémices des récoltes. Ce n'était pas un lieu discret comme certains de mes sanctuaires perses : c'était le cœur battant de la piété arménienne, où les rois venaient déposer leur gloire à mes pieds avant de la porter devant leur peuple. Je garde de cette maison le souvenir d'une générosité presque démesurée — comme si toute la richesse d'un royaume avait voulu passer par mes mains avant de se répandre ailleurs. Quand ce temple fut détruit, aux premiers temps où l'Arménie se tourna vers un dieu unique, ce n'est pas seulement une pierre qu'on abattit, mais des siècles d'offrandes.

Que vous demandent les guerriers avant d'entrer en bataille ?

Avant le combat, les guerriers m'apportent une lance qu'ils déposent, le temps d'une prière, comme pour me demander de la porter avec eux. Ils versent le haoma dans une coupe de libation, récitent les mots de l'Aban Yasht, et me demandent une seule chose : la victoire. Je ne l'accorde pas à tous — seulement à ceux dont la piété est sincère, dont l'offrande n'est pas un marché mais un don. J'ai vu des rois repartir avec ma faveur et d'autres repartir les mains vides, malgré l'or déposé devant ma statue. La grenade, qu'on m'offre aussi souvent, dit une autre chose : que la victoire d'un royaume et la fécondité de ses femmes et de ses troupeaux ne sont, pour moi, qu'une seule et même faveur.

Comment veillez-vous sur les femmes en couches et les nouveau-nés ?

Le soir, quand les eaux du monde reviennent vers la mer Vourukasha, je me tourne vers les femmes qui portent un enfant et vers celles qui viennent de le mettre au monde. C'est un temps que je garde pour moi, loin des rois et des batailles. On me dit humide, puissante, immaculée — cette dernière part de mon nom, anahita, se comprend surtout là : dans la pureté qu'exige une naissance, dans l'eau propre qu'il faut pour laver un nouveau-né. Une mère qui m'invoque ne me demande pas la gloire d'un empire, seulement que son lait vienne, que son enfant respire. Je réponds à cette prière-là avec autant de soin qu'à celle d'un roi devant Suse — peut-être même davantage, car rien ne me touche plus qu'une vie qui commence.

Rien ne me touche plus qu'une vie qui commence.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Anahita's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.