Imaginary interview

Kids interview Ann Putnam

by Charactorium · Ann Putnam (1679 — 1716) · Society · Spirituality · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ann Putnam
Wikimedia Commons, Public domain — [Hunt, Thomas Franklin], 1841-1898, [from old catalog] comp Essex institute, Salem, Mass., pub. [from old catalog]

Deux élèves de douze ans poussent la porte d'une petite maison de bois du vieux Salem. Une femme en coiffe blanche les attend près de la cheminée. D'une voix douce, elle les invite à s'asseoir : elle veut bien leur raconter l'année terrible où elle avait, elle aussi, leur âge.

Vous aviez quel âge quand tout a commencé, dans la salle du tribunal ?

Tu sais, mon enfant, je n'avais que douze ans. Imagine une petite fille dans une salle glacée, pleine d'hommes graves en habits sombres. On m'appelait l'une des affligées — c'est le nom qu'on donnait aux filles qui se disaient tourmentées par les sorcières. Devant les juges, je tombais soudain à terre. Je criais qu'on me pinçait, qu'on me mordait, comme si des mains invisibles me tordaient les bras. Personne ne voyait ces mains, mais tous me croyaient. C'était en 1692, dans la Maison de réunion de Salem Village. J'étais si petite, et pourtant ma parole pesait plus lourd que celle des grandes personnes.

Comment ça se passait, quand vous tombiez en crise devant tout le monde ?

Oh, c'était effrayant, même pour moi. Mon corps se raidissait, mes membres se tordaient. Je sentais comme des épingles brûlantes me transpercer la peau. Tu sais, nous les filles, nous cousions toute la journée avec des épingles et des aiguilles ; eh bien, nous disions que les sorcières nous en plantaient d'invisibles. Je hurlais qu'une forme me pressait d'obéir. Les juges se penchaient, bouleversés. Un pasteur, monsieur Hale, écrivit plus tard que nos mouvements étranges, personne ne pouvait les comprendre. Moi non plus, peut-être, je ne les comprenais pas. Mais la peur, elle, était bien réelle au creux de mon ventre.

C'était quoi, ce fameux livre du diable dont vous parliez tout le temps ?

Imagine un grand registre, mon enfant, un livre qu'on ne montrait à personne. On disait que le diable le tendait aux gens pour qu'ils y signent leur nom. Signer, c'était se donner à lui pour toujours. Nous appelions cela un covenant, une alliance — mais à l'envers : au lieu de te promettre à Dieu, tu te promettais au mal. Les spectres, disais-je, poussaient ma main vers ce livre. Le fantôme de Rebecca Nurse me tourmentait pour que j'y appose ma marque. Je résistais, je pleurais. Dans notre monde puritain, refuser de signer, c'était rester du côté de Dieu.

Vous aviez d'autres façons de deviner qui était une sorcière ?

Oui, et certaines étaient bien étranges. Au tout début, une voisine fit cuire un gâteau de sorcière — un witch cake. On mêlait de la farine de seigle à l'urine des filles malades, puis on donnait la galette à un chien. On croyait que la bête révélerait la coupable. Cela te paraît sale et bizarre ? À nous aussi, au fond. Et puis il y avait la preuve spectrale : il suffisait qu'une fille dise voir le fantôme de quelqu'un pour l'accuser. Aucune trace visible, juste ma parole. Les juges finirent par l'interdire, car on ne pouvait rien vérifier.

Pourquoi vous accusiez souvent les mêmes familles du village ?

Ah, c'est une question que je porte lourdement. Tu sais, notre village était coupé en deux depuis longtemps. Des querelles de terres, de clôtures, et surtout de clocher : en 1672, Salem Village avait obtenu sa propre église, et cela avait réveillé les jalousies. Ma famille, les Putnam, avait ses amis et ses ennemis. Beaucoup de gens que j'ai accusés étaient justement des familles brouillées avec la mienne. Je ne mentais pas exprès, mon enfant — mais la peur du diable et les vieilles rancunes se mêlaient dans ma tête sans que je le sache.

On voit le mal plus vite chez ceux qu'on n'aime pas.
House of Ann Putnam
House of Ann PutnamWikimedia Commons, Public domain — Inconnu

Vous n'aviez pas peur d'accuser une vieille dame que tout le monde respectait ?

Rebecca Nurse avait soixante et onze ans, mon enfant. Une femme pieuse, douce, que tout le village estimait. Trente-neuf voisins signèrent même une pétition pour la défendre — imagine, trente-neuf ! Et pourtant ma parole, et celle des autres affligées, pesa plus lourd que la leur. Elle fut pendue le 19 juillet 1692, sur la colline de Gallows Hill. Avais-je peur ? Oui, d'une peur mêlée : peur des spectres, et peur de me taire. Quand une enfant est crue par des juges, elle se sent emportée par un courant plus fort qu'elle. Longtemps, ce visage-là m'a hantée.

Ça sentait quoi, chez vous, le matin, dans votre ferme ?

Le matin, ça sentait la fumée et le porridge. Nous nous levions à l'aube pour la prière — mon père lisait la Bible à voix haute, et il fallait écouter en silence. Ensuite venaient les corvées : rallumer le feu dans la grande cheminée, aller aider à traire les vaches. Notre maison était en bois, avec de petites fenêtres et un sol de planches. Au petit matin, on mangeait du porridge, du pain de maïs ou de seigle. Pour boire, du cidre ou de la bière légère — l'eau, on s'en méfiait. Tu vois, la vie d'une fille comme moi était faite de prière et de travail, du lever au coucher.

AnnPutnamSignature
AnnPutnamSignatureWikimedia Commons, Public domain — Inconnu

C'est vrai que vous avez élevé vos frères et sœurs toute seule ?

Oui, mon enfant. En 1699, mes deux parents moururent, à peu de temps l'un de l'autre. J'avais dix-neuf ans, et soudain neuf petits frères et sœurs à ma charge. Fini l'insouciance. Je filais la laine au rouet, je cousais, je faisais la cuisine, j'enseignais le catéchisme aux plus jeunes. Une coiffe de lin blanche sur les cheveux, un tablier sur ma robe grise — la modestie voulait qu'on ne porte aucune couleur vive. Je ne me suis jamais mariée. Toute ma jeunesse est passée dans ce travail. Mais tu sais, m'occuper des petits, cela apaisait un peu mon cœur troublé.

Pourquoi, des années après, vous avez demandé pardon devant tout le monde ?

Parce que le poids était devenu trop lourd à porter. En 1706, j'étais adulte, orpheline. Je me suis tenue debout devant toute l'assemblée de l'église, pendant que le pasteur lisait mes mots à voix haute. J'ai reconnu avoir été, en 1692, un instrument pour accuser des personnes que je crois aujourd'hui innocentes, et dont on avait ôté la vie. Je disais avoir été trompée par Satan, sans haine contre elles. Imagine cette petite église pleine de gens qui m'écoutaient, en silence. Mes jambes tremblaient. Je suis la seule des accusatrices à avoir demandé pardon ainsi.

On peut être un instrument du mal et devoir quand même demander pardon.

Qu'est-ce que vous aimeriez qu'on retienne de votre histoire ?

Que les enfants aussi peuvent faire beaucoup de mal sans le vouloir, mon enfant. J'avais douze ans, et ma parole a envoyé des innocents à la mort — dix-neuf personnes pendues sur Gallows Hill. Retiens bien ceci : quand tout le monde a peur en même temps, la peur devient une tempête, et elle emporte la raison. Plus tard, la colonie décréta un jour de jeûne pour se repentir, puis réhabilita plusieurs condamnés. Moi, j'ai porté ma faute jusqu'à ma mort, à trente-six ans. Si mon histoire t'apprend à douter avant d'accuser, alors elle n'aura pas été inutile.

Quand tout le monde a peur en même temps, la peur devient une tempête qui emporte la raison.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ann Putnam's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.