Imaginary interview

Imaginary interview with Bartolomé de las Casas

by Charactorium · Bartolomé de las Casas (1484 — 1566) · Spirituality · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux jeunes visiteurs, douze ans chacun, sont venus en classe découverte rencontrer un vieux frère en robe blanche. Il les regarde avec douceur et les invite à s'asseoir près de lui. « Posez-moi vos questions, mes enfants », dit-il en souriant.

Vous aviez quel âge quand vous êtes arrivé en Amérique pour la première fois ?

Tu sais, j'étais un jeune homme. En 1502, j'ai débarqué à Hispaniola, cette île de l'autre côté de l'océan. Imagine un bateau de bois qui craque, des semaines sans voir la terre, et puis enfin une côte verte et chaude. J'y suis venu comme colon, mon enfant. On m'a donné des terres et des Amérindiens pour les travailler. On appelait ça une encomienda : des hommes qu'on te confie pour qu'ils peinent pour toi. À l'époque, ça me semblait normal. J'avais les yeux encore fermés. Il m'a fallu des années pour les ouvrir vraiment.

J'avais les yeux encore fermés.

Et c'est quoi qui vous a fait changer d'avis d'un coup ?

Une phrase, mon enfant. Une seule. En 1514, je préparais un sermon pour la Pentecôte. Je lisais un vieux livre saint, et je suis tombé sur un passage qui disait que faire souffrir le pauvre, c'est comme le tuer. Imagine un coup au cœur, silencieux. J'ai relevé la tête et j'ai vu ces Indiens qu'on épuisait sur mes terres. J'ai compris que je vivais dans le mal sans le voir. Alors j'ai tout rendu. Mes terres, mes hommes confiés, tout. Et j'ai décidé de passer le reste de ma vie à les défendre.

Faire souffrir le pauvre, c'est comme le tuer.

Vous avez essayé de faire les choses autrement après ça ?

Oui ! Et j'ai échoué, je te l'avoue. En 1521, à Cumaná, au Venezuela, j'ai eu une idée. Je voulais prouver qu'on pouvait vivre avec les Amérindiens sans violence, sans épée. J'ai amené des paysans espagnols simples pour cultiver la terre côte à côte avec eux, en amis. Imagine deux peuples qui partagent le même champ, le même pain. C'était mon rêve. Mais des conflits ont éclaté, et tout s'est effondré. J'étais brisé, mon enfant. Pourtant je n'ai jamais renoncé à cette idée : on n'apporte pas Dieu avec des armes, on l'apporte avec le cœur.

On n'apporte pas Dieu avec des armes, on l'apporte avec le cœur.

Pourquoi vous pensiez qu'il fallait être doux et pas forcer les gens ?

Parce que forcer quelqu'un à croire, ce n'est pas croire, mon enfant. J'ai écrit un traité là-dessus, vers 1537, le De unico vocationis modo. J'y disais une chose simple : la seule façon juste d'amener quelqu'un à la foi, c'est de le convaincre avec patience, jamais avec la peur. Imagine qu'on te mette une épée sous la gorge en te disant « aime ce livre ». Tu dirais oui, mais ton cœur, lui, dirait non. La vraie foi, ça se choisit librement. Un homme qu'on terrorise ne devient pas un croyant, il devient juste un esclave qui a peur.

Un homme qu'on terrorise ne devient pas un croyant.

C'est vrai que vous avez écrit un livre qui a fait scandale ?

Oui, et j'en porte encore le poids. En 1552, j'ai publié la Brevísima relación de la destrucción de las Indias. C'est un livre terrible, mon enfant, mais il fallait dire la vérité. J'y ai écrit que les Espagnols étaient entrés dans ces terres douces comme des loups affamés parmi de tendres agneaux. J'ai raconté les massacres que j'avais vus de mes yeux. Je tenais ma plume d'oie tard le soir, l'encrier à côté, et parfois ma main tremblait. Tout le monde en Europe a lu ce livre. On était horrifié. Je voulais qu'on n'oublie jamais ces peuples innocents.

Ils sont entrés comme des loups parmi de tendres agneaux.
Bartolomé de las Casas (1886)
Bartolomé de las Casas (1886)Wikimedia Commons, Public domain — Virgilio Mattoni (1842-1923)

Ça faisait peur d'écrire des choses pareilles contre des soldats puissants ?

Bien sûr que ça faisait peur. Ces conquistadors étaient des hommes armés, durs, riches de tout ce qu'ils volaient. Et moi, je n'avais qu'une plume et des feuilles de papier. Mais tu sais une chose, mon enfant ? Une épée tue un homme, puis se tait. Un livre, lui, continue de parler longtemps après la mort de celui qui l'a écrit. C'est pour ça que je passais mes soirées à écrire, dans ma cellule de couvent, à la lueur d'une bougie. Mes manuscrits reliés, je les transportais partout. C'étaient mes vraies armes. Et elles ne rouillent pas.

Une épée tue un homme, un livre continue de parler après la mort.

On m'a dit que vous avez fait un grand débat. C'était sur quoi ?

Ah, le plus grand combat de ma vie ! En 1550, à Valladolid, en Espagne, j'ai affronté un savant nommé Sepúlveda. On appelait ça une Controversia : un débat public devant des juges et des théologiens. Lui prétendait que les Amérindiens étaient des êtres inférieurs, qu'on pouvait les soumettre par la guerre. Imagine entendre ça ! J'ai parlé pendant des jours. Je répétais que tous les peuples du monde sont composés d'hommes, et que chaque homme possède une raison et une âme. Indiens ou Espagnols, nous sommes tous des frères. Je tremblais de colère et d'espoir en même temps.

Indiens ou Espagnols, nous sommes tous des frères.

Comment vous faisiez pour prouver qu'ils étaient aussi intelligents que nous ?

En montrant ce qu'ils avaient bâti, mon enfant ! J'ai écrit un grand livre, l'Apologética historia sumaria, où je décrivais leurs cités, leurs lois, leurs savoirs. Je comparais leurs civilisations à celles des anciens Grecs et Romains, ceux qu'on admire tant. Imagine de grandes villes, des routes, des chefs qu'on appelait des caciques, tout un monde organisé. Comment dire que des gens capables de tout ça sont des bêtes ? C'est absurde. J'avais vécu parmi eux, je les connaissais. Ils riaient, ils priaient, ils aimaient leurs enfants. Exactement comme nous. La différence, ce n'était pas la raison. C'était juste la peau.

La différence, ce n'était pas la raison, c'était juste la peau.
Fray Bartolomé de las Casas (cropped)
Fray Bartolomé de las Casas (cropped)Wikimedia Commons, Public domain — anonymous / Unidentified painter

Vous êtes allé voir le roi pour changer les lois ?

Encore et encore, mon enfant ! Je n'ai jamais lâché. Dès 1516, on m'a donné un titre : Protecteur des Indiens. Cela voulait dire veiller à ce qu'on ne maltraite pas ces peuples. Alors j'écrivais des mémoires, ces longues lettres officielles, et je les portais au Conseil des Indes, le grand bureau qui gouvernait l'Amérique pour le roi. Imagine un vieil homme qui traverse l'océan plusieurs fois, juste pour plaider. Et un jour, ça a marché ! En 1542, l'empereur Charles Quint a signé les Leyes Nuevas, les Lois nouvelles, pour limiter ces abus. J'ai pleuré de joie ce jour-là.

J'ai traversé l'océan, encore et encore, juste pour plaider.

C'était quoi le truc, l'encomienda, que vous détestiez autant ?

L'encomienda, mon enfant, c'était le cœur du mal. On confiait à un colon un groupe d'Amérindiens qui devaient travailler pour lui, soi-disant en échange d'une protection. Mais en vérité, c'était du vol et de la souffrance. Imagine qu'on te dise : « ces hommes t'appartiennent, fais-les peiner. » J'avais moi-même profité de ce système autrefois, et c'est ce qui me rongeait le plus. Alors j'ai écrit trente propositions juridiques pour prouver que c'était illégal devant la loi comme devant Dieu. On ne possède pas un être humain. Jamais. Combattre ça a été le travail de toute ma vie.

On ne possède pas un être humain. Jamais.

À votre âge, vous continuiez encore à vous battre pour eux ?

Jusqu'au dernier souffle, mon enfant. À plus de 80 ans, j'écrivais encore, je plaidais encore devant la cour. Mes mains étaient vieilles, ma vue faiblissait, mais mon cœur, lui, brûlait toujours. J'ai fini ma vie à Madrid, dans un couvent dominicain, entouré de mes manuscrits. On m'a appelé le « Protecteur universel des Indiens ». Tu sais, je ne te demande pas de retenir mon nom. Je te demande juste de retenir ceci : quand tu vois quelqu'un qu'on écrase, ne baisse pas les yeux. Parle. Écris. Défends-le. Même seul, même vieux, même fatigué. Une voix qui refuse de se taire, ça change le monde.

Quand tu vois quelqu'un qu'on écrase, ne baisse pas les yeux.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Bartolomé de las Casas's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.