Imaginary interview

Imaginary interview with Ching Shih

by Charactorium · Ching Shih (1775 — 1844) · Military · Economics · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Ching Shih
Wikimedia Commons, Public domain — Cambridge University Library Giles, Herbert Allen, 1845-1935 Wade, T. F. (Thomas Francis), 1818-1895

Canton, une nuit de mousson d'hiver, vers 1840. Dans l'arrière-salle d'une maison de jeu où les dés claquent contre le bois laqué, une femme d'une soixantaine d'années fait servir le thé sans quitter des yeux la porte — vieille habitude de qui a longtemps dormi une main sur le sabre. On l'a connue sous le pavillon rouge ; elle veut bien, ce soir, parler de la mer.

Vous souvenez-vous du moment où le pirate Zheng Yi est entré dans votre vie ?

Je travaillais sur une maison flottante de Canton, amarrée dans le fatras de jonques et de sampans qui bouchent la Rivière des Perles. On m'y avait vendue enfant ; je n'attendais rien de personne. Quand Zheng Yi est venu me demander en mariage, en 1801, les autres filles auraient baissé les yeux et remercié le ciel. Moi j'ai posé une condition : une part égale du commandement de sa flotte, écrite, pas soufflée à l'oreille. Il a ri, puis il a signé. Ce jour-là je n'ai pas gagné un mari, j'ai gagné un contrat. Beaucoup ont cru épouser une gueuse des bateaux-fleurs ; ils avaient devant eux une associée. La différence tient tout entière dans un morceau de papier — et dans le fait d'avoir osé le réclamer.

Ce jour-là je n'ai pas gagné un mari, j'ai gagné un contrat.

Comment une femme née dans une telle pauvreté a-t-elle imposé son autorité à des hommes de guerre ?

On imagine que la mer se prend au sabre. Elle se prend d'abord aux comptes. Dès mon entrée dans la maison de Zheng Yi, j'ai voulu savoir où passait chaque tael d'argent, quelle jonque payait quoi, quel capitaine gardait pour lui. En 1804, quand six grandes flottes se sont réunies sous notre bannière, ce n'est pas la peur qui les a liées, c'est l'intérêt bien tenu : chacun savait sa part et savait que je la connaissais mieux que lui. Les hommes suivent qui les nourrit et qui ne les vole pas. J'étais partie du bas de l'échelle, d'une couche de bateau-fleur ; j'avais appris tôt qu'on ne survit qu'en comptant juste. Cette arithmétique-là, aucun de mes capitaines ne l'avait dans le sang comme moi.

On imagine que la mer se prend au sabre. Elle se prend d'abord aux comptes.

À la mort de Zheng Yi, en 1807, comment avez-vous tenu seule une armée de quatre-vingt mille hommes ?

Par la loi, et par le tranchant. J'ai fait proclamer un code sur toutes les jonques, du plus grand navire au moindre sampan. Piller un village qui nous payait tribut : la tête tombait. Toucher une femme captive sans son accord : la mort, sans exception, et je tiens que c'est cela qui m'a valu la fidélité de beaucoup. Déserter : on vous coupait l'oreille, et l'on vous renvoyait vivre marqué parmi les vôtres. Quatre-vingt mille hommes ne s'aiment pas ; ils obéissent ou ils coulent. Le dàdāo pendu à ma ceinture n'était pas un ornement. Mais on se trompe si l'on croit que je gouvernais par le sang seul : le sang, on le montre une fois, pour n'avoir plus à le verser. Le reste, c'est la certitude que la règle vaut pour tous.

Le sang, on le montre une fois, pour n'avoir plus à le verser.

Cette sévérité envers ceux qui maltraitaient les captives, était-ce du calcul ou une conviction ?

Les deux ne s'opposent pas. J'avais été de celles qu'on achète et qu'on écarte d'un revers ; je savais ce que valait une femme aux yeux d'un équipage lâché sans loi. Alors j'ai écrit dans mon Code que toute violence non consentie se paierait de la mort. Mes lieutenants ont grommelé — ils y voyaient un caprice. C'était une charpente. Un village qui sait que mes hommes ne toucheront ni ses filles ni ses greniers ne se défend pas : il paie et il dort tranquille. La discipline sur ce point m'a rapporté plus de ports ouverts que dix batailles. Convictions et intérêts finissent par prendre le même cap quand on regarde loin ; c'est le débutant qui les croit ennemis.

Convictions et intérêts finissent par prendre le même cap quand on regarde loin.

En 1809, trois marines se sont liguées contre vous. Que reste-t-il de ces mois dans votre mémoire ?

Le bruit, surtout. Les canons de fonte des jonques qui répondent aux bordées portugaises, la fumée collée à l'eau des jours entiers. La cour de Pékin avait fait alliance avec les navires portugais de Macao et ceux de la Compagnie des Indes anglaise — trois pavillons pour venir à bout d'un seul, le rouge. Ils croyaient nous surprendre du côté de l'île de Lantau. Ils ont trouvé une flotte qui connaissait chaque crique, chaque saute de mousson. Nous avons bloqué le port de Macao jusqu'à ce que les Portugais préfèrent parler plutôt que se battre. Repousser une marine, cela se fait ; en repousser trois liguées, aucun amiral de l'Empire n'osait s'en vanter. Moi, je n'avais pas d'empereur derrière moi — seulement le vent et des hommes qui savaient que fuir coûtait une oreille.

Trois pavillons pour venir à bout d'un seul, le rouge.
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ChingShihN01Wikimedia Commons, Public domain — AnonymousUnknown author

Qu'est-ce qui, dans votre manière de faire la guerre, échappait toujours à vos adversaires ?

Ils naviguaient contre nous ; nous naviguions avec la mer. Toute ma stratégie tenait dans les vents : la mousson de sud-ouest l'été pour remonter, celle de nord-est l'hiver pour redescendre. Un amiral impérial attendait des ordres de Pékin ; moi j'attendais le vent, qui ne trahit jamais. Et j'avais le delta de la Rivière des Perles, ce labyrinthe de bras d'eau et d'îles où une flotte lourde s'égare et se disloque. Nos jonques de guerre, plus de mille huit cents, s'y glissaient comme chez elles et en ressortaient là où on ne les guettait pas. On ne bat pas une force qui choisit et le lieu et l'heure. Les puissances comptent leurs vaisseaux ; nous, nous lisions le ciel.

Ils naviguaient contre nous ; nous naviguions avec la mer.

En 1810, vous auriez pu combattre encore. Pourquoi avoir choisi de vous rendre ?

Parce qu'on quitte une table de jeu quand on a le plus gros tas devant soi, pas quand on a tout perdu. En 1810, ma flotte tenait encore les mers ; c'est précisément pour cela que j'ai pu dicter mes conditions. Je suis allée trouver moi-même le gouverneur général du Guangdong — pas un émissaire, moi. J'ai exigé l'amnistie pour tous mes hommes, la liberté de garder une part de ma fortune et quelques navires. On m'a accordé le tout. J'ai appris plus tard que son rapport au Trône conseillait de céder : mes forces dépassaient ce que l'Empire pouvait lever dans l'instant. Un hors-la-loi qui impose sa paix à l'Empire du Milieu, cela ne s'était guère vu. Se rendre au bon moment, c'est encore vaincre.

On quitte une table de jeu quand on a le plus gros tas devant soi.

Beaucoup y ont vu une capitulation. Comment nommeriez-vous cet accord, vous qui l'avez négocié ?

Un traité, non une reddition. Le mot compte. Rendre les armes, c'est tendre les poignets aux fers ; moi j'ai posé des termes et j'ai obtenu une amnistie impériale, ce que l'on nomme dàshè — le grand pardon que l'empereur réserve d'ordinaire à qui l'a supplié. Je ne suppliais pas : je proposais la paix des côtes méridionales en échange de la mienne. Mes hommes, au lieu du billot, ont eu le choix d'entrer dans la marine impériale ou de rentrer chez eux. J'ai gardé de l'or et une flotte réduite. On ne me pendait pas, on m'achetait — voilà la vérité de ce papier-là. Et un adversaire qui vous achète a reconnu, sans le dire, qu'il ne pouvait vous vaincre.

On ne me pendait pas, on m'achetait.

On a dit de votre confédération qu'elle ressemblait à un véritable État. Est-ce exagéré ?

Regardez ce que fait un État : il lève l'impôt, il protège, il punit. Nous faisions les trois. Chaque village côtier, chaque marchand, jusqu'à certains mandarins corrompus, versait son tribut — ce que nos anciens appelaient cháogòng, l'hommage que l'on paie à plus fort que soi. En échange, ses jonques passaient sans crainte dans mes eaux, du Guangdong au Fujian. Tout se consignait dans les livres de comptes, les zhàngbù, taxe par taxe, route par route. Je ne pillais pas au hasard : le pillage affame le pilleur, car un pays saigné ne paie plus. J'ai préféré une saignée douce et régulière. Appelez cela banditisme si vous voulez ; les fonctionnaires de Pékin, eux, faisaient exactement la même chose — avec un sceau impérial pour toute différence.

Le pillage affame le pilleur, car un pays saigné ne paie plus.

Après la mer, vous avez tenu maison de jeu et négoce de sel à Canton. Le commerce ressemblait-il tant à la piraterie ?

Bien plus qu'on ne l'avoue. À Canton, dans cette maison où nous parlons, on mise des taels sur un jet de dés ; en mer, je misais des vies sur un jet de mousson. Même goût du risque calculé, même besoin de savoir compter avant que l'autre ne compte. Le sel que je faisais passer hors des gabelles impériales suivait les mêmes routes secrètes que jadis mes cargaisons — et payait les mêmes péages discrets. Je n'ai pas changé de métier en quittant le pavillon rouge ; j'ai seulement rangé le sabre et sorti les registres. La contrebande, c'est la piraterie qui a pris pied à terre et appris les bonnes manières. J'ai vécu vieille de cela, ce qu'aucun amiral qui m'a poursuivie n'aurait parié.

La contrebande, c'est la piraterie qui a pris pied à terre et appris les bonnes manières.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Ching Shih's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.