Imaginary interview

Imaginary interview with Epictetus

by Charactorium · Epictetus (50 — 138) · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux jeunes visiteurs, à peine douze ans, ont poussé la porte d'une petite maison de Nicopolis. Un vieil homme appuyé sur une béquille les attend, le sourire patient. Il les invite à s'asseoir près de sa lampe et à poser toutes leurs questions.

C'est vrai que vous êtes né esclave ? Ça commençait comment, une vie comme ça ?

Oui, mon enfant. Je suis né à Hiérapolis, en Phrygie, et tout petit on m'a vendu comme on vend une amphore. Mon maître s'appelait Épaphrodite, un homme puissant à Rome. Imagine une grande maison de marbre où tu n'as droit à rien, pas même à ton temps. Tu obéis du matin au soir. Mais vois-tu, j'ai compris une chose très tôt : on pouvait enchaîner mon corps, jamais mes pensées. Personne ne peut entrer dans ta tête sans ta permission. C'est là que j'ai commencé, sans le savoir, à devenir un homme libre.

On pouvait enchaîner mon corps, jamais mes pensées.

Pourquoi vous boitez ? Quelqu'un vous a fait mal quand vous étiez petit ?

Tu as l'œil, toi. Oui, je marche avec cette béquille depuis longtemps. On raconte que mon maître, un jour de colère, me tordait la jambe. Moi, je le regardais sans crier, et je lui ai dit calmement : « Tu vas la casser ». Quand l'os a cédé, j'ai seulement ajouté : « Je t'avais prévenu ». Ce n'était pas de l'orgueil, tu sais. C'était ma façon de montrer que la douleur peut serrer le corps sans atteindre le cœur. Une jambe abîmée, ce n'est pas grand-chose. Une âme qui panique pour rien, voilà le vrai malheur.

La douleur serre le corps, jamais le cœur.

Ça sentait quoi, chez vous ? Vous aviez de belles choses dans votre maison ?

Viens voir, c'est vite fait ! Une natte de paille posée au sol pour dormir, une amphore d'eau, et ma lampe. Ça sent l'huile et la laine de mon vieux manteau, le tribôn, ce manteau court et râpé que portent les philosophes. Pas de tapis, pas d'or. Tu sais pourquoi ? Parce que chaque objet qu'on possède, c'est une petite peur de plus : peur qu'on te le vole, peur de le perdre. Moi, je veux dormir tranquille. Le matin, je me lave à l'eau froide, et je suis prêt. Léger comme l'air.

Chaque objet qu'on possède est une petite peur de plus.

Et votre porte n'a pas de verrou ? Vous n'avez pas peur qu'on vous vole la nuit ?

Ah, on me l'a déjà volée ! Figure-toi qu'un soir, on m'a pris ma lampe en terre cuite. La plus belle chose que j'avais. Le lendemain, j'en ai trouvé une en fer, et je me suis dit en riant : j'ai perdu ma lampe parce que je possédais quelque chose de volable ! Le voleur, lui, a gagné une lampe et perdu un peu de son honneur. Moi, je n'ai rien perdu d'important. Pour le repas, du pain d'orge, quelques olives, des figues, de l'eau. Avec si peu de besoins, mon enfant, on ne peut presque rien te prendre.

J'ai perdu ma lampe parce que je possédais quelque chose de volable.

On m'a dit que vous n'avez jamais écrit de livre. C'est vrai ? Pourquoi ?

C'est tout à fait vrai, et ça t'étonne ! Je n'ai jamais tenu la plume. Vois-tu, j'enseignais comme Socrate : en parlant, en discutant, en posant mille questions. La philosophie, pour moi, ce n'est pas de l'encre sur un papyrus, c'est une parole vivante entre toi et moi, maintenant. Mais j'ai eu de la chance. Un élève brillant, Arrien, prenait des notes sur ses tablettes de cire pendant mes leçons. Sans lui, tout aurait disparu comme la fumée. Les Entretiens, le Manuel, c'est lui qui les a sauvés. Un maître parle, un disciple écrit : voilà comment une voix traverse les siècles.

La philosophie n'est pas de l'encre, c'est une parole vivante.
Epictetus - from Voltaire's Romances translated from the French - 1889 edition
Epictetus - from Voltaire's Romances translated from the French - 1889 editionWikimedia Commons, Public domain — Drawing said to be "from a painting by Giuseppe Rossi"

Comment ça se passait, vos cours ? Vous restiez assis à parler toute la journée ?

Oh non, je bougeais beaucoup ! L'après-midi, j'arpentais le portique de mon école à Nicopolis, ma béquille à la main, et je parlais à mes élèves comme je te parle. Mais attention, je ne récitais pas des leçons. Je posais des questions, je les bousculais gentiment, je prenais des exemples de la vie de tous les jours : un voyage, un repas, une amphore qui se casse. Le matin, avant tout ça, je faisais un examen tranquille en moi-même. Et le soir, je me demandais : qu'ai-je bien fait aujourd'hui ? Où ai-je manqué ? Apprendre, mon enfant, c'est d'abord se regarder soi-même.

C'est quoi le truc le plus important que vous vouliez nous apprendre ?

Écoute bien, c'est tout simple, et ça tient en une phrase. Dans la vie, il y a des choses qui dépendent de nous, et d'autres qui n'en dépendent pas. Ce qui dépend de toi : tes jugements, tes désirs, tes choix. C'est ton trésor, on appelle ça la prohairesis, ta liberté intérieure. Ce qui ne dépend pas de toi : ton corps, l'argent, la gloire, le temps qu'il fait. Le malheur, c'est de s'agiter pour ce deuxième tas. Imagine un enfant qui pleure parce qu'il ne peut pas attraper la lune. Triste pour rien ! Occupe-toi de ce qui est à ta portée, et tu seras paisible.

Il y a ce qui dépend de toi, et tout le reste.
Discourses - Epictetus (illustration 1) (9021700938)
Discourses - Epictetus (illustration 1) (9021700938)Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — impulsenine from Tucson, AZ, USA

Mais alors, quand on a très peur de quelque chose, on fait comment ?

Belle question, vraiment. Tu sais, ce ne sont pas les choses qui te font peur, mais l'idée que tu te fais des choses. Prends un orage la nuit : le tonnerre ne te fait aucun mal, c'est l'histoire que tu te racontes dans le noir qui te terrifie. La mort elle-même n'a rien de redoutable ; c'est ce qu'on en pense qui glace le sang. Alors, quand la peur monte, arrête-toi et demande : « Est-ce que ça dépend de moi ? » Si oui, agis. Si non, lâche prise et respire. Petit à petit, mon enfant, tu deviens maître de ton propre cœur.

Ce ne sont pas les choses qui t'effraient, mais l'idée que tu t'en fais.

C'est vrai qu'on vous a chassé de Rome ? Vous étiez triste de partir ?

Chassé, oui ! L'empereur Domitien n'aimait pas les philosophes : il trouvait qu'on posait trop de questions gênantes. Vers l'an 90, il nous a tous bannis de Rome. Alors je suis parti vers la Grèce, à Nicopolis, au bord de la mer. Triste ? Pas vraiment, tu sais. On m'arrachait une ville, pas ma liberté de penser. Un tyran peut t'exiler de ton pays, jamais de toi-même. Et regarde le résultat : c'est dans cet exil que j'ai fondé mon école, et que des élèves sont venus de tout l'Empire. Parfois, ce qui ressemble à une punition devient le plus beau chemin.

Un tyran peut t'exiler de ta ville, jamais de toi-même.

Et c'est vrai qu'un empereur vous lisait ? Ça vous faisait quoi, vous l'ancien esclave ?

C'est l'une des choses les plus étonnantes de mon histoire. Bien après moi, un empereur nommé Marc Aurèle, l'homme le plus puissant du monde, a lu mes leçons. On lui en avait donné un exemplaire, et il les gardait précieusement. Imagine : un ancien esclave boiteux devenu, sans le vouloir, le maître à penser d'un empereur ! Ça prouve une chose que j'aime beaucoup. La sagesse ne regarde pas si tu es né esclave ou roi. Elle frappe à toutes les portes. Toi aussi, mon enfant, où que tu sois né, tu peux devenir libre dans ta tête. Et ça, personne ne pourra jamais te le retirer.

La sagesse ne regarde pas si tu es né esclave ou roi.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Epictetus's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.