Imaginary interview

Imaginary interview with Genmei

by Charactorium · Genmei (661 — 722) · Politics · Culture · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Genmei
Wikimedia Commons, Public domain — Published by 三英舎 (San'ei-sha)

L'entretien se tient dans une salle du palais de Heijō, sur des nattes fraîches, tandis qu'un léger parfum d'encens flotte encore des cérémonies du matin. Genmei, impératrice douairière, reçoit son visiteur avec la simplicité tranquille d'une femme qui a déjà remis le sceau du pouvoir entre d'autres mains. Elle répond posément, comme on raconte à un enfant l'histoire d'une maison qu'on a bâtie de ses propres mains.

Comment avez-vous appris que le trône vous revenait, à la mort de votre fils l'empereur Monmu ?

En l'an 707, la nouvelle me parvint au palais de Fujiwara-kyō : mon fils l'empereur Monmu venait de nous quitter, encore jeune, laissant un héritier trop enfant pour gouverner. Je n'avais pas cherché ce fardeau ; j'avais quarante-six ans et je pensais mes jours de deuil déjà comptés. Mais le Daijō-kan vint me trouver, et je compris que l'ordre du royaume ne pouvait souffrir un trône vide. J'ai accepté le sceau impérial comme on accepte une charge que les dieux imposent, non qu'on désire. Ma tâche n'était pas de régner pour moi-même, mais de tenir la maison jusqu'à ce qu'un successeur légitime puisse s'asseoir sur le trône du Soleil.

Qu'est-ce qui vous a poussée à commander la rédaction du Kojiki ?

Les scribes de la cour me rapportaient que les récits gardés par chaque grande maison commençaient à diverger les uns des autres, et que dans quelques années à peine, plus personne ne saurait démêler le vrai du faux. Cela me troublait profondément : comment la maison impériale pourrait-elle se dire une, si sa propre mémoire se déchirait ? Je me suis souvenue que Hieda no Are gardait encore en tête, intacts, les récits qu'on lui avait fait apprendre des années auparavant. J'ai donc chargé Ō no Yasumaro de recueillir cette mémoire vivante et de la fixer par l'écriture, avant qu'elle ne s'éteigne avec lui. En 712, l'ouvrage fut achevé : le Kojiki, la Chronique des faits anciens.

Comment la maison impériale pourrait-elle se dire une, si sa propre mémoire se déchirait ?

Que racontent ces récits que vous avez fait fixer par écrit ?

Le Kojiki remonte jusqu'au commencement même, lorsque le ciel et la terre n'étaient pas encore séparés, et que les premières divinités naquirent seules dans la Plaine du Haut-Ciel avant de se retirer de la vue des hommes. Il conte ensuite comment les îles de notre archipel furent enfantées par les dieux, puis comment la lignée impériale descend d'eux, génération après génération, jusqu'à mon propre sang. Ce n'est pas un simple recueil de légendes pour amuser les veillées : c'est la preuve écrite que le trône du Yamato n'est pas né du hasard des armes, mais d'une origine céleste que nul ne peut contester. En le faisant consigner, je voulais que mes descendants sachent d'où ils viennent, et que les provinces les plus lointaines n'oublient jamais à quelle maison elles doivent obéissance.

Pourquoi avez-vous décidé de quitter Fujiwara-kyō pour bâtir une nouvelle capitale ?

Fujiwara-kyō avait servi la cour de l'impératrice Jitō, mais ses rues et ses palais ne suffisaient plus à la dignité d'un empire qui voulait se mesurer à la Chine des Tang. J'ai voulu une cité digne de ce nom, bâtie selon le plan de Chang'an, avec de larges avenues tracées au cordeau et le palais impérial tourné vers le sud, comme il convient à la demeure d'un souverain céleste. En 710, la cour s'est transportée à Heijō-kyō. Ce n'était pas seulement déplacer des coffres et des tentures : c'était affirmer devant les ambassadeurs étrangers que le Japon savait, lui aussi, ordonner le monde selon les principes du ciel et de la terre. Nara devait durer ; elle a duré quatre-vingt-quatre ans.

À quoi ressemble une journée de la cour au palais de Heijō ?

Je me lève avant que le soleil ne soit haut, et mes dames m'habillent de robes de soie superposées dont les bordures de couleurs se devinent aux poignets et à l'encolure — ce que nous appelons le kasane no irome. Des moines récitent des sûtras pour la prospérité de l'empire pendant que je préside la cérémonie du matin. L'après-midi appartient au Daijō-kan : je reçois mes ministres, j'écoute les comptes du riz perçu en koku dans chaque province, j'appose mon sceau sur les édits qu'on me présente. Le soir, la musique du gagaku — koto, biwa, flûtes — accompagne nos banquets, et je me retire enfin devant les lampes à huile de ma chapelle privée pour une dernière prière. Ainsi s'écoulent mes journées à Heijō-kyō.

Mausoleum of Empress Genmei
Mausoleum of Empress GenmeiWikimedia Commons, CC BY 3.0 — Takanuka

Que s'est-il passé lorsqu'on a découvert du cuivre dans la province de Musashi ?

On m'annonça qu'un gisement de cuivre venait d'être trouvé dans la province de Musashi, et j'y vis aussitôt un présage favorable envoyé par le ciel. J'ai fait renommer l'ère « Wadō », ce qui signifie cuivre harmonieux, pour marquer cette faveur. Mais je ne voulais pas seulement célébrer un métal : je voulais que le royaume tout entier échange autre chose que du riz et des étoffes pour compter sa richesse. J'ai donc ordonné qu'on frappe des pièces rondes percées d'un trou carré, à l'image de celles que frappent les Tang, et qu'on les mette en circulation dans tout l'archipel. Un royaume qui ne connaît qu'un troc dispersé ne peut se dire uni ; une monnaie commune, elle, circule jusque dans les provinces les plus reculées et y porte, avec elle, l'autorité du trône.

Un royaume qui ne connaît qu'un troc dispersé ne peut se dire uni.

Cette monnaie, les Wadō kaichin, a-t-elle vraiment changé la vie de vos sujets ?

Je ne me fais pas d'illusion : dans les campagnes les plus lointaines, le riz reste la vraie mesure des choses, et beaucoup de paysans n'ont jamais tenu une seule pièce de Wadō kaichin entre leurs doigts. Mais dans les marchés de Heijō-kyō, j'ai vu des marchands accepter ce cuivre frappé de bon cœur, parce qu'il pèse le même poids d'une main à l'autre et qu'il porte la garantie du trône. C'est peu de chose, dira-t-on, qu'une pièce ronde percée d'un trou carré ; mais c'est aussi la preuve tangible que l'État peut fixer une valeur commune et la faire respecter jusque dans les échoppes. Je considère cela comme une pierre de plus posée à l'édifice que mon père et mon fils avant moi ont commencé de bâtir avec le Code Taihō.

The Tomb of Empress Genmei
The Tomb of Empress GenmeiWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Horocassi234

Pourquoi avez-vous ordonné à chaque province de rédiger un Fudoki ?

J'ai voulu savoir ce que je gouvernais au-delà des murs de Heijō-kyō. Un souverain qui ne connaît de son royaume que les rapports des collecteurs d'impôts gouverne à moitié aveugle. J'ai donc fait porter un édit à chaque province, en 713, pour qu'on y consigne les ressources du sol, l'origine des noms de districts et de villages, la qualité des terres, et les légendes que les anciens se transmettent depuis des temps que nul ne mesure plus. Ce n'était pas curiosité oisive : une terre dont on connaît les récits et les richesses se gouverne mieux qu'une terre qu'on ne fait que taxer. Les Fudoki d'Izumo et de quelques autres provinces me sont déjà revenus ; j'y ai lu des choses que mes propres scribes de cour ignoraient.

Craigniez-vous que ces récits locaux ne contredisent la chronique officielle que vous aviez fait rédiger ?

On pourrait croire qu'un souverain redoute que les légendes d'un village s'opposent à la généalogie sacrée que j'ai fait consigner dans le Kojiki. Il n'en est rien : les récits des provinces n'ont pas la même charge que celui des dieux et du trône, ils parlent d'une source, d'une pierre, d'un nom de rivière qu'on a oublié d'où il vient. Ce sont deux mémoires différentes, et je voulais garder l'une et l'autre, comme on garde le grain et la paille sans les confondre. Les Fudoki enrichissent l'image de mon royaume sans jamais menacer la vérité que porte la lignée impériale depuis Izanagi et Izanami. Un bon gouvernement, je crois, sait écouter la rumeur des villages autant que la voix du Daijō-kan.

Comment avez-vous vécu le moment de remettre le trône à votre fille Genshō ?

En 715, j'ai senti que ma tâche de régente touchait à sa fin : j'avais tenu la maison le temps qu'il fallait, et ma fille était assez mûre pour porter à son tour le sceau impérial. Ce n'est pas un geste ordinaire qu'une mère transmette ainsi le trône à sa propre fille ; je ne sais d'aucune autre maison où cela se soit vu de cette manière. J'ai pensé, en quittant le palais de Heijō pour mes appartements de retraite, que si le Kojiki garde la mémoire de nos origines divines, c'est à Genshō et à ceux qui viendront après elle de garder vivante la mémoire de ce que nous avons bâti ensemble — la capitale, la monnaie, les chroniques des provinces. Je n'ai jamais gouverné pour laisser mon nom, seulement pour que la maison tienne debout.

Je n'ai jamais gouverné pour laisser mon nom, seulement pour que la maison tienne debout.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Genmei's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.