Imaginary interview

Imaginary interview with Joan of Arc

by Charactorium · Joan of Arc (1412 — 1431) · Military · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

C'est dans un logis de bord de Loire, par un soir d'hiver de la fin de l'an 1429, que frère Jean Pasquerel retrouve Jeanne au coin du feu. L'armure blanche pend à un crochet, l'étendard roulé dort contre le mur, et l'odeur de la cire des cierges se mêle à celle du bois qui brûle. Confesseur de la Pucelle depuis les premiers jours, il a dit la messe avant ses combats, entendu ses prières du matin et l'a vue pleurer sur les morts. Les campagnes de l'été sont passées, l'assaut de Paris a échoué, et ce soir il vient en ami chercher la femme derrière la cuirasse.

Toi qui m'as ouvert ton âme en confession, dis-moi : ces Voix, depuis quand t'habitent-elles, et que te demandent-elles?

Frère Jean, tu es de ceux à qui je puis le dire sans crainte d'être moquée. J'avais treize ans, à Domrémy, dans le jardin de mon père, quand une voix m'est venue à l'heure de midi, du côté de l'église. J'ai eu grand-peur la première fois. Puis j'ai reconnu saint Michel, et après lui sainte Catherine et sainte Marguerite, qui me parlaient doucement et me disaient d'être bonne enfant et d'aller souvent à l'église. Plus tard seulement elles m'ont commandé de partir pour la France et de secourir le royaume. Je les entends clair, surtout quand sonnent les cloches. Ce ne sont point des songes : je les vois de mes yeux, je baise leurs pieds, et leur conseil ne m'a jamais trompée.

Avant que je ne te connaisse, tu es allée deux fois à Vaucouleurs réclamer une escorte à Baudricourt. D'où venait pareille audace?

Je n'avais pas le choix, frère Jean : mes Voix me pressaient d'aller vers le dauphin, et je ne pouvais désobéir à Dieu pour plaire aux hommes. La première fois, messire Robert de Baudricourt m'a raillée et m'a renvoyée chez mon père, croyant que j'étais folle ou possédée. Mais je suis revenue, car ce qui m'était commandé pesait plus lourd que sa moquerie. À force de me voir devant lui sans trembler, il a fini par me bailler des hommes et une épée. Je te le dis : ce n'est pas mon audace qui l'a vaincu, c'est qu'il a vu que je ne mentais point. Les grands cèdent toujours quand ils sentent qu'on ne craint qu'une seule chose, et que cette chose n'est pas eux.

Je ne pouvais désobéir à Dieu pour plaire aux hommes.

Lorsque tu es arrivée à Chinon, le dauphin s'était caché parmi ses gens pour t'éprouver. Comment l'as-tu reconnu sans l'avoir jamais vu?

Tu sais bien, frère Jean, que je ne puis tout dire de ce qui s'est passé en cette grande salle. Charles s'était fondu dans la foule de ses courtisans, vêtu sans apparat, et l'un d'eux portait de plus riches habits que lui pour me tromper. Pourtant je suis allée droit à lui et l'ai nommé mon gentil dauphin. Mes Voix me l'avaient montré. Ensuite je lui ai dit en secret une chose que lui seul savait, et son visage a changé : il m'a crue. Ne me demande pas ce signe, je l'ai promis. Sache seulement qu'après cela, on ne m'a plus regardée comme une bergère égarée, mais comme l'envoyée qu'on attendait.

Chaque matin je disais la messe pour toi, et je t'ai vue communier puis pleurer. Pourquoi ces larmes, Jeanne?

Parce que je vois ce que les capitaines ne veulent pas voir, frère Jean : derrière chaque victoire, il y a des corps d'hommes, français comme anglais, qui ne se relèveront pas. Je pleure pour eux, car ce sont des âmes, et je voudrais qu'ils meurent confessés. Tu sais que je te faisais lever avant l'aube pour la messe, et que je te suppliais de ne laisser aucun soldat partir au combat sans pardon. La guerre que je mène, je la voudrais sans haine. C'est pourquoi avant chaque assaut, je somme d'abord les ennemis de s'en retourner en paix. S'ils versent leur sang, qu'ils sachent que je les en ai priés.

À Orléans, aux Tourelles, je t'ai vue tomber, une flèche au-dessus du sein, puis repartir. Où as-tu trouvé cette force?

J'avais annoncé cette blessure avant qu'elle n'advînt, frère Jean — mes Voix me l'avaient dite. Le trait m'est entré entre l'épaule et le col, et de le voir saillir de ma chair, j'ai pleuré comme une enfant, car je suis femme et la douleur fut grande. On a voulu charmer la plaie avec des paroles, mais je l'ai refusé : j'ai laissé qu'on y mît de l'huile et du lard, et je me suis confessée à toi. Puis, voyant nos gens près de reculer, j'ai repris mon étendard et l'ai porté au pied du boulevard. Quand les nôtres ont vu flotter ma bannière, ils ont trouvé un second souffle, et les Anglais ont cédé. Ce n'est pas moi qui ai vaincu ce jour-là : c'est le courage rendu aux miens.

Joan of Arc
Joan of ArcWikimedia Commons, Public domain — Dante Gabriel Rossetti

En neuf jours, ce que les capitaines n'avaient pu en sept mois. On t'appelle la Pucelle d'Orléans : ce nom te plaît-il?

Le nom de Pucelle, je le porte volontiers, car il dit ce que je suis et ce que j'ai promis de rester. Mais Orléans n'est pas mon œuvre, frère Jean, c'est celle de Dieu et des braves gens qui m'ont suivie. Songe : la ville étouffait depuis l'automne, les bourgeois mangeaient leurs réserves, et nul n'osait plus rien tenter. J'y suis entrée par la porte de Bourgogne, j'ai fait passer les vivres, et j'ai dit aux capitaines qu'il fallait frapper, non attendre. Ils me trouvaient trop hardie. Mais en neuf jours, les bastilles anglaises sont tombées l'une après l'autre. Si l'on veut me donner un surnom, qu'on se souvienne surtout que la Pucelle n'a fait que ce que les Voix lui avaient commandé.

Tu portais toujours ton étendard blanc brodé du Christ. Pourquoi le tenir, dis-tu, plus cher que ton épée?

Parce que l'épée tue, frère Jean, et l'étendard rassemble. Je l'aimais quarante fois plus que mon épée, car en lui était peint Notre-Seigneur tenant le monde, et deux anges à ses côtés. Quand j'allais à l'assaut, je le portais moi-même de peur de tuer quelqu'un ; je n'ai jamais occis d'homme. Mes gens, en le voyant haut levé, savaient où était le danger et où il fallait aller. C'était un signe pour eux, et une prière pour moi. L'épée que j'avais trouvée à Sainte-Catherine-de-Fierbois était belle, mais je m'en souciais peu. L'étendard, lui, portait ma mission tout entière, et c'est pourquoi je le tenais au plus près de Dieu.

Je le portais moi-même de peur de tuer quelqu'un ; je n'ai jamais occis d'homme.
Jeanne d'Arc Joan of Arc at San Francisco's Palace of the Legion of Honor and crepuscular rays
Jeanne d'Arc Joan of Arc at San Francisco's Palace of the Legion of Honor and crepuscular raysWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Brocken Inaglory

De Fierbois à Reims, tu as mené le dauphin se faire sacrer en pays ennemi. À l'onction, qu'as-tu éprouvé?

Ce fut le plus grand jour, frère Jean — celui pour quoi Dieu m'avait envoyée. Nous avions traversé des terres tenues par l'ennemi, Troyes, Châlons, sans presque combattre, car les villes nous ouvraient leurs portes. À Reims, le 17 juillet, quand l'archevêque a oint Charles de la sainte ampoule, j'ai tenu mon étendard tout près de l'autel. On m'a demandé pourquoi ma bannière était là ; j'ai répondu qu'elle avait été à la peine, et qu'il était bien juste qu'elle fût à l'honneur. À cet instant, mon roi n'était plus le dauphin contesté : il était le roi sacré, oint comme l'ont été ses pères. J'ai pleuré, encore, mais de joie cette fois. Ma première mission était accomplie ; je sentais déjà que le reste me serait plus dur.

Avant la campagne, des clercs t'ont examinée des semaines à Poitiers. Crains-tu qu'un jour l'Église te dise hérétique?

Les docteurs de Poitiers m'ont questionnée trois semaines durant, frère Jean, et tu sais qu'ils n'ont rien trouvé en moi que de bon et de chrétien. Je ne suis qu'une pauvre fille qui ne sait ni A ni B, mais quand on me presse sur la foi, je m'en remets à Notre-Seigneur, qui parle mieux que moi. Si des hommes d'Église veulent un jour me condamner, qu'ils prennent garde : je m'en rapporte au jugement de Dieu et du Saint-Père de Rome, non à leur seule parole. Mes Voix m'ont avertie que je serais prise avant la Saint-Jean, et qu'il faudrait que cela fût ainsi. Je ne sais ni le jour ni l'heure, mais je ne renierai pas ce que j'ai vu et entendu, quand même on me mènerait au feu.

Je ne renierai pas ce que j'ai vu et entendu, quand même on me mènerait au feu.

Tu parles du feu sans trembler. Moi qui ai veillé ton sommeil, je te sais fragile — d'où te vient cette paix?

Frère Jean, je tremble comme une autre devant la mort ; je ne suis pas de fer. Mais j'ai une chose que mes juges n'auront pas : la certitude d'avoir obéi. Tant que je fais ce que mes Voix me commandent, je n'ai peur de rien d'autre que de leur déplaire. Tu m'as entendue me confesser, tu sais que je ne cache rien à Dieu ; alors que m'importe ce que les hommes décideront de mon corps? Ils peuvent l'enchaîner, le brûler même — mon âme, ils ne l'auront pas. Souviens-toi seulement, quand tout cela sera passé, de dire la vérité sur moi : que je n'ai jamais blasphémé, jamais renié ma foi, et que j'ai aimé ce royaume plus que ma propre vie. Le reste, je le laisse à Dieu.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Joan of Arc's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.