Imaginary interview

Kids interview Joan Sutherland

by Charactorium · Joan Sutherland (1926 — 2010) · Music · Performing Arts · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Joan Sutherland
Wikimedia Commons, CC BY 3.0 — Rainer Leiss

Deux élèves de douze ans, en classe découverte, poussent la porte d'une loge d'opéra pleine de partitions. Une grande dame les accueille en souriant : Joan Sutherland, la soprano qu'on surnommait « La Stupenda ». Elle leur fait signe de s'asseoir tout près, et commence à raconter.

Vous aviez quel âge quand vous avez commencé à chanter, et comment c'était chez vous ?

Tu sais, mon enfant, j'ai grandi à Sydney, tout au bout du monde, très loin des grands théâtres d'Europe. Petite fille, je collais mon oreille aux disques de deux chanteuses célèbres, Galli-Curci et Tetrazzini. Puis je me plantais devant le miroir du salon et j'imitais leurs voix, en secret. Imagine une gamine seule, qui gonfle sa poitrine pour tenir une note aiguë le plus longtemps possible ! Ma mère chantait en amateur, et c'est elle qui m'a donné mes toutes premières leçons. Je n'avais pas de conservatoire, pas de maître fameux. Juste un miroir, des disques usés, et une envie immense.

Une grande voix peut naître dans un salon, très loin des grands théâtres.

Qui vous a dit que vous chantiez pas dans la bonne voix ?

C'est un jeune pianiste australien, Richard Bonynge, que j'ai épousé en 1954. Tous mes professeurs de Londres croyaient que j'étais mezzo-soprano, c'est-à-dire une voix plutôt grave. Richard, lui, m'écoutait autrement. Il m'a dit : « Ta voix monte bien plus haut que tu ne crois, tu es une soprano colorature. » Colorature, ça veut dire une voix agile, qui fait des acrobaties dans l'aigu. Imagine qu'on te dise, après des années : tu cours dans la mauvaise direction, retourne-toi ! J'ai eu peur, mais je l'ai cru. Dans mon livre, j'ai écrit que sa confiance en ma voix fut la chose la plus importante de ma carrière.

Une seule personne qui croit en toi peut retourner toute ta vie.

Ça fait quoi de découvrir qu'on peut faire un truc qu'on croyait impossible ?

C'est un vertige, mon enfant, un vertige joyeux ! Richard me faisait travailler le répertoire bel canto, ce « beau chant » italien plein d'ornements. Contre l'avis de mes maîtres de Londres, il m'a poussée vers Donizetti et Bellini, des musiques pleines de vocalises vertigineuses. Au début, je tremblais. Ces airs demandent une agilité folle, comme un funambule qui danse sur un fil. Puis, séance après séance, mes doutes fondaient. Je découvrais des notes que je n'osais même pas imaginer. Tu comprends, on ne connaît jamais vraiment ses limites tant qu'on n'a pas laissé quelqu'un nous pousser un peu plus loin.

On ne connaît ses limites qu'en osant les dépasser.

C'était comment, la soirée où tout le monde a compris que vous étiez une star ?

Ah, cette nuit-là, je ne l'oublierai jamais. Février 1959, au Royal Opera House de Londres. Je chantais Lucia, une jeune femme qui perd la raison, dans Lucia di Lammermoor de Donizetti. La mise en scène était signée Franco Zeffirelli. Imagine une salle immense qui retient son souffle, puis qui explose. Le public a applaudi debout pendant plus de vingt minutes ! Vingt minutes, mon enfant, c'est très long quand on est seule sur scène, les jambes tremblantes. Le lendemain, un grand journal de Londres écrivait que ma voix me plaçait « parmi les immortels ». À trente-deux ans, ma vie a basculé en une seule soirée.

Une seule soirée avait suffi à faire basculer toute ma vie.

Vous aviez peur avant de monter sur scène ce soir-là ?

Bien sûr que j'avais peur ! N'importe qui aurait peur. Le rôle de Lucia est terrible : elle devient folle et chante un air immense, tout en fioritures. Les fioritures, ce sont ces petites broderies de notes qui montent et descendent très vite. Avant d'entrer, j'attendais dans les coulisses, le cœur battant comme un tambour. Je me répétais les respirations que Richard et moi avions notées sur ma partition, page après page. Tu sais, la peur ne disparaît jamais tout à fait. Mais dès que la musique commençait, elle se transformait en énergie. C'est comme sauter dans l'eau froide : le pire, c'est l'instant juste avant le plongeon.

Le plus dur, c'est l'instant juste avant de se lancer.
Dame Joan Sutherland colour Allan Warren
Dame Joan Sutherland colour Allan WarrenWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Allan Warren

Vous faisiez quoi tous les matins pour garder une aussi belle voix ?

Chaque matin, sans exception, mon enfant. Je me levais et je faisais mes vocalises, ces exercices qui réchauffent la voix, avec Richard au piano. On commençait tout doucement, note par note, comme on étire ses muscles avant de courir. Une fois, à un journal, j'ai expliqué que la voix est un instrument vivant : il faut l'entretenir tous les jours, comme un sportif qui s'entraîne, quel que soit son niveau. Beaucoup croyaient que j'avais reçu un don du ciel et que tout venait tout seul. Faux ! Derrière chaque note pure, il y avait des heures de travail patient, répété mille fois.

La voix est un instrument vivant qu'il faut entretenir chaque jour.

C'est vrai que vous écriviez plein de choses sur vos partitions ?

Oui, tu aurais ri en les voyant ! Mes partitions étaient couvertes de petits signes au crayon, partout. Des notes pour dire : ici je respire, là j'adoucis, ici j'ajoute un trille. Un trille, c'est quand on fait vibrer très vite deux notes voisines, comme un oiseau. Richard et moi, on inventait même des cadences, ces passages virtuoses chantés presque seule, pour montrer tout ce que ma voix savait faire. On les composait ensemble, autour du piano, pendant des après-midi entiers. Le compositeur avait écrit la charpente ; nous, on ajoutait la dentelle. Rien n'était laissé au hasard, mon enfant, absolument rien.

Joan Sutherland (1962)
Joan Sutherland (1962)Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 nl — Jack de Nijs for Anefo

Pourquoi vous chantiez des opéras que plus personne connaissait ?

Parce que c'était comme retrouver des trésors oubliés dans un grenier ! Beaucoup d'opéras magnifiques dormaient depuis presque cent ans. Trop difficiles à chanter, alors on les avait rangés au placard. Une autre grande chanteuse, Maria Callas, avait commencé à les réveiller ; j'ai continué avec Richard. On a enregistré Norma de Bellini en 1964, puis Semiramide de Rossini, avec mon amie Marilyn Horne. Ces musiques demandent une agilité folle, des vocalises en cascade. Imagine un vieux coffre poussiéreux qu'on ouvre : à l'intérieur, des bijoux qui brillent encore. Redonner vie à ces œuvres, c'était ma plus grande fierté.

Ressusciter un opéra oublié, c'est ouvrir un vieux coffre plein de trésors.

Il y a un opéra tellement dur que presque personne ne pouvait le chanter ?

Oui ! Les Huguenots, de Meyerbeer. Un opéra français gigantesque, tombé dans l'oubli parce qu'il fallait des voix hors du commun pour le tenir. En 1969, j'ai chanté le rôle de Valentine, et crois-moi, c'était un vrai défi d'alpiniste. Il faut de la puissance et, en même temps, une agilité de danseuse. Beaucoup de théâtres n'osaient plus le monter, faute de chanteurs capables. Quand une œuvre dort trop longtemps sans personne pour la chanter, elle risque de disparaître pour toujours. Alors chaque fois que j'en ressuscitais une, j'avais l'impression de sauver un petit morceau de mémoire du monde.

C'était quoi votre plus beau souvenir, tout à la fin de votre carrière ?

Mon dernier concert, mon enfant. Le 2 octobre 1990, au Sydney Opera House, dans ma ville natale. Comprends-tu la beauté de la chose ? J'avais commencé petite fille devant un miroir à Sydney, et je finissais sur la plus grande scène de Sydney. La boucle était bouclée. Richard dirigeait l'orchestre, une dernière fois. La salle était en larmes, et moi aussi, un peu. J'avais soixante-trois ans, quarante années de chant derrière moi. J'ai voulu partir au sommet, pendant que ma voix était encore belle, plutôt que d'attendre qu'elle faiblisse. Partir en beauté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même.

Mieux vaut partir en beauté que d'attendre que la voix faiblisse.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Joan Sutherland's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.