Imaginary interview

Kids interview Kiya

by Charactorium · Kiya (1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.) · Politics · Spirituality · Visual Arts · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Kiya
Wikimedia Commons, Public domain — Andō, Hiroshige, 1797-1858 Yamanaka & Company

Deux jeunes visiteurs de douze ans arrivent en classe découverte, un carnet à la main. Devant eux, l'ombre d'une reine oubliée d'Égypte se dessine sous le soleil. Kiya les accueille avec un sourire, prête à leur raconter son monde disparu.

C'est quoi votre vrai nom, et pourquoi on vous appelait la « Grande Aimée » ?

Tu sais, mon enfant, je m'appelais Kiya. Un nom court, un peu étranger aux oreilles égyptiennes. Mais on m'a donné un titre que personne n'avait jamais porté : wrt hswt, « la Grande Aimée ». Imagine une cour pleine de princesses, et un seul mot réservé à toi seule. La grande reine, elle, s'appelait « Grande Épouse Royale » — c'était Néfertiti. Moi, je n'étais ni tout à fait ça, ni une simple servante du palais. J'étais entre les deux, à une place rien qu'à moi. Quand le pharaon Akhenaton posait les yeux sur moi, ce titre disait que j'étais chère à son cœur. C'était rare. C'était précieux. Et cela n'a plus jamais existé après moi.

Un seul mot m'était réservé, à moi seule dans toute l'Égypte.

Vous veniez d'où au début ? Vous êtes née en Égypte ?

Ah, c'est là mon plus grand mystère. Certains pensent que je venais de très loin, d'un royaume qu'on appelait le Mitanni, vers les terres de l'est. Imagine une longue caravane qui traverse le désert pendant des semaines : une jeune fille envoyée chez un roi étranger pour sceller la paix entre deux peuples. On l'appelait Tadukhipa, fille du roi Tushratta. Peut-être que « Kiya » n'est que son nom transformé pour des bouches égyptiennes. Regarde ma perruque, avec ses longues boucles serrées : elle ne ressemblait pas à celle des autres femmes de la cour. Je te dis « peut-être », car même moi, je te laisse deviner. Une reine peut garder un secret, tu sais.

Une reine peut garder un secret, même pour l'éternité.

Ça devait faire peur d'arriver toute seule chez un roi que vous connaissiez pas ?

Oh oui. Imagine que tu quittes ta maison, ta langue, l'odeur de la cuisine de ta mère, pour un pays où tout est différent. À la cour d'Akhenaton, on ne priait qu'un seul dieu : Aton, le disque du soleil. Chez moi, les dieux étaient nombreux. Il fallait tout réapprendre. Des rois s'écrivaient des lettres d'argile, on y parlait de moi comme d'un cadeau entre puissants, et même de statues d'or promises ! On m'échangeait comme un trésor. Mais un trésor a un cœur, mon enfant. J'ai eu froid le soir, loin des miens. Puis, peu à peu, ce palais de sable est devenu ma maison.

On m'échangeait comme un trésor, mais un trésor a un cœur.

C'est vrai que vous aviez un temple juste pour vous toute seule ?

Oui ! Et cela, tu peux à peine imaginer combien c'était extraordinaire. On l'appelait le bit-shades, la « maison de l'ombre du soleil ». Un temple pour prier Aton, rien que pour moi. D'habitude, seule la grande reine avait droit à un tel lieu. Pas une épouse secondaire comme moi. Imagine une cour de pierre blanche, ouverte sur le ciel, où les rayons du soleil descendent en longues lignes qui se terminent par de petites mains tenant le signe de la vie, l'ankh. Le matin, j'y déposais du pain, des fleurs, des fruits. Que le pharaon m'ait offert un tel endroit, cela criait au monde entier : cette femme-là compte pour moi. C'était mon plus beau cadeau.

Un temple rien que pour moi : cela criait au monde que je comptais.

Ça sentait quoi et ça ressemblait à quoi, une journée chez vous au palais ?

Le matin sentait le lin propre et l'encens. Des servantes m'aidaient à passer une robe de lin blanc, si fine qu'elle laissait passer la lumière. Autour de mon cou, un large collier de perles bleues et dorées, l'usekh. Je priais face au soleil levant, dans ma chapelle. L'après-midi, je marchais dans les jardins du Grand Palais d'Akhetaten, le long de bassins remplis d'eau du Nil, avec des poissons peints sur les sols. Le soir, on se réunissait pour des banquets : des musiciennes secouaient le sistrum, une petite crécelle sacrée qui tinte, et un scribe chantait des hymnes au soleil. Imagine une rue sans aucun bruit de machine — juste des voix, de l'eau, et le vent du désert.

Une robe si fine qu'elle laissait passer la lumière du soleil.
Relief Depicting the Purification of Queen Kiya (?)
Relief Depicting the Purification of Queen Kiya (?)Wikimedia Commons, CC0 — Inconnu

Vous aviez des enfants ? On dit que vous étiez peut-être la maman d'un pharaon célèbre.

C'est une question qui touche mon cœur, mon enfant. Sur les murs d'une tombe royale d'Amarna, on m'a représentée avec un petit enfant royal dans les bras. Une maman, oui. Et certains murmurent que ce petit était Toutankhaton — celui que tu connais peut-être sous le nom de Toutankhamon, le jeune roi au masque d'or. Imagine : porter dans tes bras un enfant qui deviendra pharaon d'Égypte ! Je te dis « peut-être », car les pierres se sont abîmées et les noms effacés. Mais quand une mère tient son enfant, elle ne pense pas aux couronnes. Elle pense à sa petite main dans la sienne. Cela, aucune pierre ne peut me l'enlever.

Une mère ne pense pas aux couronnes, mais à la petite main dans la sienne.

Pourquoi on a effacé votre nom partout ? Qu'est-ce que vous aviez fait de mal ?

Ah, voilà le plus triste. Un jour, j'ai disparu des murs. Mon visage, mon nom : grattés, martelés, remplacés par ceux des princesses royales, surtout Méritaton. Les savants appellent cela la damnatio memoriae — de vieux mots qui veulent dire « on efface ta mémoire ». Imagine qu'on gomme ton prénom de tous tes cahiers, de toutes tes photos, comme si tu n'avais jamais existé. Pourquoi ? Je ne peux te le dire avec certitude. Peut-être une disgrâce, peut-être ma mort, peut-être la peur de ma place trop grande. On a voulu me faire taire pour toujours. Et pourtant, tu vois, tu es là aujourd'hui à prononcer mon nom. Ils ont donc échoué.

On a gratté mon nom partout — et pourtant, tu le prononces encore.
Unfinished head of Kiya from Amarna, 18th dynasty, ca. 1345-40 BCE; Pergamon Museum, Berlin (26351749138)
Unfinished head of Kiya from Amarna, 18th dynasty, ca. 1345-40 BCE; Pergamon Museum, Berlin (26351749138)Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Richard Mortel from Riyadh, Saudi Arabia

Comment les savants ont fait pour vous retrouver, alors, si tout était effacé ?

Grâce à des petites pierres, figure-toi ! On construisait les temples d'Aton avec des blocs de calcaire tous de la même taille, qu'on appelle des talatat. Quand la ville fut abandonnée, on les a réutilisés ailleurs, à Hermopolis, comme de vieilles briques. Des siècles plus tard, les savants les ont retrouvés, remontés comme un immense casse-tête, et mon nom est réapparu ! Et puis il y a mes jarres funéraires — celles qui gardaient mes organes après la mort — retrouvées en 1907 dans une tombe cachée, la KV55. Mes cartouches y étaient à moitié effacés. Imagine des détectives penchés sur de vieux cailloux, patients pendant des années. C'est ainsi qu'on m'a rendu mon visage.

Ils m'ont retrouvée en remontant de vieilles pierres, comme un casse-tête géant.

Vous étiez jalouse de Néfertiti ? Vous vous parliez, toutes les deux ?

Tu poses là une question de cœur. Néfertiti était la grande reine, celle dont le nom brillait le plus fort au royaume d'Aton. Moi, j'avais mon titre à moi, la « Grande Aimée ». Nous n'occupions pas la même place. Imagine deux fleurs dans le même jardin : l'une haute et éclatante, l'autre plus discrète mais avec un parfum rien qu'à elle. Je ne sais si nous étions amies — les pierres ne racontent pas les cœurs, seulement les titres et les prières. Mais dans un palais, on apprend vite que la vraie richesse n'est pas d'être la première. C'est d'être aimée pour de vrai. Et ce mot, « aimée », il était dans mon titre.

La vraie richesse n'est pas d'être la première, mais d'être aimée pour de vrai.

Si on pouvait vous garder un souvenir aujourd'hui, ce serait quoi le plus important ?

Que tu te souviennes qu'on a essayé de m'effacer, et que ça n'a pas marché. On a gratté mon nom, réutilisé mes jarres, donné mon visage à d'autres. On voulait que je devienne du vent. Mais des petites pierres, les talatat d'Hermopolis, et quatre jarres dans la tombe KV55 ont gardé la trace de Kiya. Imagine une bougie qu'on souffle, mais dont une braise reste allumée dans le noir. C'est moi, cette braise. Alors quand tu rentreras chez toi, raconte mon histoire. Dis qu'il y avait, sous le soleil d'Égypte, une femme au titre unique, la « Grande Aimée ». Tant qu'un enfant prononce mon nom, je ne suis pas tout à fait morte.

Tant qu'un enfant prononce mon nom, je ne suis pas tout à fait morte.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Kiya's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.