Imaginary interview

Imaginary interview with Themistocles

by Charactorium · Themistocles (523 av. J.-C. — 458 av. J.-C.) · Politics · Military · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Themistocles
Wikimedia Commons, Public domain — Musee Napoleon Filhol, Antoine Michel, 1759-1812 Caraffe, Armand Charles, 1762-1822 Lavallee, Joseph, 1747-1816

Nous retrouvons Thémistocle à Magnésie du Méandre, cité d'Asie Mineure où le roi perse l'a installé gouverneur après son exil. Le vieux stratège reçoit dans la fraîcheur du soir, entouré des collines ioniennes, loin du Pirée qu'il fit bâtir de ses mains. Il accepte, non sans un sourire amer, de revenir sur les jours de Salamine et d'ostracisme.

Comment est né en vous ce désir de gloire qui vous a conduit si loin ?

Tout jeune homme, je n'arrivais plus à fermer l'œil. Le trophée que Miltiade avait dressé après Marathon se dressait aussi dans mes nuits, comme un reproche muet. Je n'avais rien fait d'aussi grand, et cette pensée me rongeait plus sûrement qu'une blessure. On riait de moi, disant que je délaissais mes plaisirs de jeunesse pour courir l'agora du matin au soir. Qu'importe : je voulais qu'on parle de moi comme on parlait de lui. Ce n'était pas de la vanité pure, je crois — c'était la certitude que les Perses reviendraient, et qu'Athènes aurait besoin d'un homme assez ambitieux pour préparer ce jour avant qu'il n'arrive.

Je voulais qu'on parle de moi comme on parlait de lui.

Beaucoup vous ont reproché cette ambition dévorante. Comment la jugez-vous aujourd'hui ?

L'ambition est une arme à double tranchant, je l'ai appris à mes dépens. Quand je fus archonte, en 493 av. J.-C., je ne pensais qu'à une chose : donner à Athènes un port digne de son avenir. On me trouvait présomptueux de vouloir fortifier Le Pirée plutôt que d'embellir la ville elle-même. Mais un homme qui regarde la mer voit plus loin que celui qui ne regarde que ses murs. Je ne regrette pas cette ambition-là ; elle a nourri la cité avant de me nourrir moi-même. Ce que je regretterais, avec le recul des années, c'est de n'avoir pas su la déposer à temps, une fois la tâche achevée.

On raconte qu'une découverte d'argent a changé le destin d'Athènes. Que s'est-il passé ?

Les mines du Laurion avaient livré un filon si riche que chaque citoyen rêvait déjà de sa part d'argent. Dix drachmes par tête, disait-on, de quoi remplir sa bourse pour l'année. J'ai pris la parole à l'assemblée, en 483 av. J.-C., et j'ai dit une chose qui n'a pas plu à tout le monde : cet argent ne devait pas finir dans les mains des particuliers, il devait devenir des navires. Deux cents trières, pas moins. Je n'ai pas parlé des Perses ce jour-là, j'ai parlé d'un différend avec Égine, plus proche et plus commode à craindre. Mais dans mon esprit, c'était déjà contre l'Orient que je bâtissais cette flotte. L'assemblée a fini par me suivre, et cette fortune de poche est devenue la coque de notre salut.

N'avez-vous pas craint de perdre la confiance du peuple en le privant de cet argent ?

Convaincre l'Ecclésia n'est jamais chose aisée : on y parle devant des milliers d'hommes qui n'attendent qu'un prétexte pour vous huer. J'ai dû montrer patience et user de toute la ruse que je connaissais, flatter certains, effrayer les autres avec l'ombre d'Égine. Le peuple n'aime pas qu'on lui retire une part d'argent qu'il croyait déjà sienne, même petite. Mais j'ai appris de mes maîtres qu'un stratège doit parfois demander un sacrifice avant que le danger ne soit visible à tous, sans quoi il vient toujours trop tard. Ce jour-là, à la tribune de la Pnyx, j'ai gagné plus qu'un vote : j'ai gagné le temps qu'il fallait pour construire une flotte avant que Xerxès n'apparaisse à l'horizon.

Racontez-nous la bataille de Salamine, votre plus grande victoire.

Nos alliés voulaient fuir vers l'isthme, se replier derrière les murs de Corinthe. J'ai refusé. Un détroit étroit comme celui de Salamine est la seule arène où nos trières, plus légères, peuvent vaincre les lourds vaisseaux perses qui manœuvrent mal une fois serrés les uns contre les autres. Il fallait seulement que Xerxès attaque, et vite, avant que les Grecs ne se dispersent par la peur. J'ai donc envoyé de nuit un serviteur fidèle porter au roi un message trompeur : que les Grecs songeaient à fuir, qu'il fallait fermer le piège avant l'aube. Le roi a cru l'appât. Sa flotte est entrée dans le détroit en rangs si pressés qu'elle ne pouvait plus tourner, et nos éperons de bronze ont fait le reste. Ce jour-là, la mer elle-même a choisi son camp — le nôtre.

Un détroit étroit est la seule arène où nos trières peuvent vaincre les lourds vaisseaux perses.

Cette ruse envers Xerxès n'était-elle pas un pari terriblement risqué ?

Un pari, assurément — s'il avait deviné la ruse, il nous écrasait sans peine dans ce même détroit. Mais je connaissais les hommes de nos rangs et je connaissais les navires que nous avions fait construire avec l'argent du Laurion : je savais ce qu'ils valaient dans un espace resserré. Sur terre, un hoplite avec son hoplon et son casque corinthien peut tenir une ligne ; en mer, c'est la manœuvre qui décide de tout, et elle se joue à l'avance, dans la tête du stratège, bien avant le premier choc des éperons. J'ai préféré risquer ma réputation plutôt que la liberté de la Grèce entière. Le lendemain, personne ne m'a demandé si j'avais eu peur — on ne regardait que les épaves perses flottant sur l'eau.

Après la victoire, vous avez aussi songé à protéger Athènes autrement, par des murs. Pourquoi ?

Les Perses avaient réduit nos remparts en poussière, et Sparte, une fois le danger passé, ne voyait aucun intérêt à ce qu'Athènes se relève trop haute derrière de nouvelles murailles. J'ai gagné du temps en discutant avec les Spartiates pendant que nos citoyens, hommes, femmes, enfants, portaient pierres et gravats jour et nuit pour rebâtir l'enceinte avant qu'on ne puisse nous en empêcher. Une cité sans murs dépend toujours de la bonne volonté d'autrui, et je n'ai jamais aimé dépendre de la bonne volonté de qui que ce soit, pas même d'un allié. J'avais déjà en tête d'aller plus loin : relier la ville au Pirée par les Longs Murs, pour qu'un siège ne puisse jamais nous couper de la mer et de nos réserves. D'autres, après moi, ont achevé ce dessein.

Vous qui avez sauvé la Grèce, comment expliquez-vous d'avoir ensuite été banni par votre propre cité ?

La démocratie que nous avons bâtie a ceci d'étrange : elle peut couronner un homme puis le chasser de ses propres mains, avec la même assurance tranquille. On m'a banni par l'ostracisme, en 471 av. J.-C., ce vote où chaque citoyen grave un nom sur un tesson de poterie, l'ostrakon. J'en ai vu, plus tard, portant mon nom, tracés d'une même main habile — comme si quelqu'un les avait préparés d'avance pour les distribuer à qui ne savait pas écrire. Cela m'a plus blessé que l'exil lui-même : on ne m'avait pas seulement jugé, on m'avait organisé une défaite. Mais je n'ai jamais reproché à Athènes sa loi. Un peuple qui craint qu'un seul homme devienne trop grand pour la cité protège peut-être, à sa manière rude, ce que j'avais moi-même voulu sauver.

On ne m'avait pas seulement jugé, on m'avait organisé une défaite.

Avez-vous compris, à ce moment, pourquoi les Athéniens se retournaient contre vous ?

À l'agora, où j'avais passé tant de matins à discuter et à convaincre, j'ai senti le vent tourner bien avant le vote lui-même. On me trouvait trop présent, trop écouté, trop habile aussi peut-être — un stratège qui devine toujours l'avenir finit par inquiéter ceux qui préfèrent ne pas le connaître. La gloire d'un homme dure le temps que dure le danger qu'il a écarté ; une fois Salamine remportée et les Perses repoussés, ma présence rappelait moins la victoire que l'inconfort de devoir tant à un seul. J'ai appris, amèrement, qu'on pardonne plus facilement à un ennemi vaincu qu'à un concitoyen devenu trop grand.

Chassé par les vôtres, vous avez trouvé refuge chez l'ennemi perse. Comment avez-vous vécu ce paradoxe ?

Il y a une ironie que je n'ai jamais cherché à fuir : moi qui avais vaincu la flotte de son père à Salamine, c'est le roi Artaxerxès qui m'a accueilli quand ma propre cité ne voulait plus de moi. Je me suis présenté à sa cour, vers 465 av. J.-C., sans arme ni ruse, seulement avec les mots qu'il fallait pour qu'un roi comprenne qu'un ennemi d'hier peut devenir un serviteur utile demain. Il m'a traité avec plus d'honneur que je n'en attendais, et m'a confié le gouvernement de plusieurs cités d'Asie Mineure. Certains Grecs m'ont traité de traître pour cela. Je réponds que j'ai servi Athènes tant qu'Athènes voulait de mes services, et que je n'ai jamais levé une trière contre elle une fois exilé, quoi qu'on m'ait proposé de l'autre côté de la mer.

Aujourd'hui, à Magnésie, comment regardez-vous votre vie, entre gloire et exil ?

Je gouverne ici, à Magnésie du Méandre, loin des trières et de l'odeur de poix du Pirée. Le soir, quand je partage la coupe avec mes hôtes lors du symposion, je pense parfois que j'ai eu deux vies : celle d'un Athénien qui a sauvé sa cité, et celle d'un vieillard qui la regarde de loin, chez ceux qu'il a combattus. Je ne renie ni l'une ni l'autre. Un homme qui a construit une flotte avec l'argent des mines, qui a trompé un roi dans un détroit, puis qui a servi ce même roi vaincu — cet homme-là ne peut pas prétendre avoir suivi un chemin droit. Mais je crois avoir toujours cherché la même chose : que la cité qui m'a vu naître continue d'exister, même sans moi pour la défendre.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Themistocles's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.