Imaginary interview

Imaginary interview with Thutmose III

by Charactorium · Thutmose III (1480 av. J.-C. — 1424 av. J.-C.) · Military · Politics · Exploration · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Thutmose III
Wikimedia Commons, Public domain — Maspero, Gaston Camille Charles, 1846- Lee, Elizabeth, tr

La rencontre se tient dans la salle dite « jardin botanique » de l'Akh-menu, à Karnak, sous les bas-reliefs de plantes et d'animaux rapportés du Levant. Thoutmôsis III, coiffé du khépresh bleu qu'il porte encore par habitude plus que par nécessité, accepte de revenir sur cinquante ans de règne.

Comment avez-vous vécu ces vingt années où Hatchepsout portait seule les insignes pharaoniques ?

On apprend beaucoup, dans l'ombre d'un autre trône. J'étais le fils de Thoutmôsis II, mais c'est elle qui recevait les tributs et présidait les fêtes d'Amon, à Deir el-Bahari comme à Karnak. Je n'ai jamais dit que cela me convenait ; j'ai dit que la Maât exigeait la patience avant la parole. Mes maîtres de char et mes prêtres m'enseignaient pendant qu'elle gouvernait — l'arc, les annales, les rites du matin. Un pharaon qui attend n'est pas un pharaon diminué, si son attente sert à comprendre le pays qu'il dirigera. J'ai fait bâtir, plus tard, mon propre temple en surplomb du sien à Deir el-Bahari — non pour l'effacer d'abord, mais pour marquer que la maison d'Amon continuait de croître, avec ou sans elle.

Un pharaon qui attend n'est pas un pharaon diminué.

Pourquoi avez-vous attendu si longtemps avant de faire effacer les cartouches d'Hatchepsout ?

Parce que la colère n'est pas une politique. Sa mort m'a laissé seul maître, mais un royaume ne se referme pas comme une porte. J'avais des campagnes à mener — Megiddo m'attendait avant que je songe à ses images. Ce n'est que plus tard, vers la trentième année de mon propre règne, que ses noms ont commencé à disparaître des murs. On m'a demandé si c'était vengeance : je réponds que c'était ordre. Une seule lignée de rois devait apparaître sur la pierre pour les générations qui liraient après nous, sans avoir à démêler deux règnes en un. Effacer n'est pas haïr ; c'est simplifier la mémoire pour ceux qui n'auront pas connu la co-régence.

Que s'est-il passé devant Megiddo lorsque vos généraux vous ont déconseillé le col de l'Arrouna ?

Ils avaient raison d'avoir peur, et j'ai choisi quand même. Deux routes s'offraient : la large, sûre, où mes chars auraient marché à l'aise ; l'étroite, le col de l'Arrouna, où l'ennemi n'imaginait pas qu'on ose passer un homme de front. Mes officiers craignaient qu'on nous y prenne en défilé, écrasés avant même la bataille. J'ai répondu que je passerais moi-même en tête, et que celui qui craint le col peut suivre par l'autre route s'il le souhaite. Aucun n'est resté en arrière. Sur mon char d'électrum, j'ai franchi le passage le premier — mes scribes l'ont consigné ainsi dans les Annales, et je ne les ai pas corrigés, car c'est bien ce qui s'est produit.

J'ai répondu que je passerais moi-même en tête.

Que retenez-vous du siège qui a suivi votre victoire à Megiddo ?

Sept mois d'attente devant des murs qui ne cédaient pas. La bataille avait été rapide, presque trop — mes troupes se sont dispersées à piller le camp ennemi au lieu de fermer les portes de la ville, et les chefs coalisés ont pu s'y réfugier. J'ai retenu cette leçon plus que la victoire elle-même : on ne gagne pas une guerre par un seul assaut, si brillant soit-il. Nous avons construit un retranchement autour de Megiddo, coupé les vivres, attendu. La ville a fini par ouvrir ses portes, et j'ai reçu la soumission de ses princes comme on reçoit un tribut plutôt qu'une capitulation — sans humiliation inutile, car un vassal soumis vaut mieux qu'une terre en ruine.

Pourquoi avez-vous voulu que le scribe Thjaneni consigne chacune de vos dix-sept campagnes ?

Une victoire qu'on ne raconte pas s'oublie avant le corps de celui qui l'a menée. J'ai demandé à Thjaneni de graver sur les murs de Karnak ce que ses yeux avaient vu campagne après campagne, sans fioriture de poète — les jours de marche, les tributs reçus, les villes prises. D'autres souverains avant moi laissaient des noms ; je voulais laisser des faits, dans l'ordre où ils se sont produits. Un futur prêtre, un futur roi, pourra lire ces annales et savoir non seulement que j'ai vaincu, mais comment, où, et combien de temps cela m'a coûté. C'est une forme d'honnêteté envers ceux qui viendront après régner sur cette terre.

Obelisk of Thutmosis III, Istanbul, Turkey 001
Obelisk of Thutmosis III, Istanbul, Turkey 001Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Moonik

Que représente pour vous le récit qu'a laissé votre officier Amenemhab de vos batailles ?

Il complète ce que mes propres annales ne disent pas assez : la peau du soldat dans la mêlée. À Megiddo, il raconte avoir saisi de sa main une main coupée à l'ennemi, remise ensuite au scribe royal pour qu'elle soit portée au compte de sa bravoure. Ce sont des détails que ma propre gloire aurait passés sous silence, tant ils appartiennent à ceux qui combattent à mes côtés plutôt qu'à moi seul. Je l'ai récompensé, comme je récompense tout homme dont les actes servent l'Égypte plus que ses paroles. Sa tombe porte ces récits qu'il a lui-même choisi de graver — je ne les lui ai pas dictés, et c'est peut-être pour cela qu'ils sonnent plus vrai que certains de mes propres textes.

Ce sont des détails que ma propre gloire aurait passés sous silence.

Pourquoi avez-vous fait graver un jardin de plantes étrangères dans la salle des fêtes de Karnak ?

Parce que la guerre ne rapporte pas seulement des prisonniers et de l'or. De mes campagnes au Levant, mes hommes revenaient chargés de plantes que nul jardinier de Thèbes n'avait vues, d'oiseaux dont le cri n'existait pas ici. J'ai voulu qu'on les grave dans cette salle même où nous célébrons ma fête Sed — ibis, gazelles, lotus de Syrie — non comme un trophée, mais comme un témoignage pour les prêtres qui viendraient après moi. Amon règne sur toute la terre que je parcours, et il convenait que sa maison porte trace de cette étendue. Ce jardin de pierre ne fleurit jamais, mais il ne se fane pas non plus.

Cette curiosité pour les terres conquises allait-elle au-delà du butin militaire ?

Bien au-delà. Un chef qui ne regarde ses terres conquises que par le tribut qu'elles versent finit par ne plus rien apprendre d'elles. Mes scribes notaient les récoltes de Syrie, mes soldats me décrivaient les bêtes qu'ils croisaient sur la route de l'Euphrate. Je voulais savoir comment vivaient ces peuples, ce qu'ils cultivaient, quels dieux ils honoraient avant de se soumettre au mien. Cela ne fait pas de moi un sage à la manière des scribes du temple, mais un roi qui gouverne mieux ce qu'il comprend. Le jardin de Karnak n'est que la trace visible d'une curiosité qui a nourri chacune de mes dix-sept campagnes.

Que s'est-il passé lorsque vous avez franchi l'Euphrate et chassé l'éléphant près de Niya ?

J'ai porté l'Égypte plus loin qu'aucun roi avant moi, et j'ai failli m'y perdre pour une bête et non pour un ennemi. Près de Niya, en Syrie, une chasse aux éléphants a mal tourné : l'un des pachydermes a chargé droit sur moi. Mon officier Amenemhab s'est jeté entre la bête et mon char, lui tranchant la trompe avant qu'elle ne m'atteigne. Il l'a lui-même consigné dans sa tombe, et je n'ai jamais contesté son récit — un pharaon qui nierait le courage de celui qui l'a sauvé ne mériterait pas d'être sauvé deux fois. J'ai atteint l'Euphrate cette année-là ; peu de rois d'Égypte pourront dire la même chose après moi.

Un pharaon qui nierait le courage de celui qui l'a sauvé ne mériterait pas d'être sauvé deux fois.

Si vous pouviez imaginer qu'on lise vos annales dans un siècle, que souhaiteriez-vous qu'on y retienne ?

Qu'on retienne la stèle que j'ai fait dresser à Gebel Barkal, en Nubie, où j'ai fait graver que les peuples étrangers venaient à moi avec leurs tributs sur le dos et leurs enfants en avant, suppliant qu'on leur accorde le souffle de vie. Ce n'est pas seulement de la conquête que je voudrais qu'on se souvienne, mais de ce moment où la terre, de la quatrième cataracte jusqu'à l'Euphrate, obéissait à une seule Maât. Je ne sais pas quels rois viendront après Amenhotep, mon fils, ni si les cartouches qu'on grave aujourd'hui résisteront au sable et au temps. Mais tant qu'un scribe saura lire les murs de Karnak, on saura qu'un homme a mené son char en tête, dix-sept fois, et n'a pas reculé.

See the full profile of Thutmose III

This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Thutmose III's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.