Imaginary interview

Imaginary interview with Tu Long

by Charactorium · Tu Long · Literature · Performing Arts · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Tu Long
Wikimedia Commons, Public domain — Cook, Herbert Borenius, Tancred, 1885-1948 Kronig, J. O., 1887-1984 Brockwell, Maurice W., 1869-1958

Nous retrouvons Tu Long dans son studio de Yin, sur les rives du Zhejiang, un soir d'automne après sa disgrâce du ministère des Rites. Sur la table, une pierre à encre encore humide et un brûle-parfum qui fume doucement témoignent d'une nuit de travail. C'est là, entre deux essais commandés par des voisins fortunés, qu'il accepte de répondre à nos questions.

Comment avez-vous vécu le jour où l'on vous a démis de vos fonctions au ministère des Rites ?

C'était en 1584, à Pékin. Un censeur m'a accusé d'inconduite — je ne m'étendrai pas sur les détails, ils importent moins que le vertige qui a suivi. Un shidafu passe sa vie à gravir l'échelle du keju pour, en un jugement, la voir se dérober sous lui. J'avais servi au Libu, le ministère des Rites, après avoir été magistrat à Yingshang puis à Qingpu ; du jour au lendemain, je n'étais plus rien aux yeux de la cour. Je me souviens d'avoir regardé mes pinceaux rangés sur la table et pensé qu'ils ne rédigeraient plus d'édits. Ce que je ne savais pas encore, c'est qu'ils allaient continuer d'écrire — pour d'autres raisons, et peut-être mieux.

Ce que je ne savais pas encore, c'est qu'ils allaient continuer d'écrire — pour d'autres raisons, et peut-être mieux.

Pourquoi avez-vous choisi de vivre de votre plume plutôt que de chercher à retrouver une charge officielle ?

Parce qu'on ne rentre pas deux fois dans la même rivière, et parce qu'un lettré démis reste un lettré qui sait écrire. Des familles de Yin et d'ailleurs sont venues me demander des préfaces, des éloges funèbres, des poèmes pour un mariage ou un anniversaire — j'ai accepté, et j'en ai vécu, ce que peu de gens de mon rang auraient avoué sans rougir. Mon recueil, le Baiyu ji, rassemble une part de ce travail-là, mêlé à mes vers plus personnels. On m'a parfois regardé de haut pour cela, comme si la charge officielle seule anoblissait la plume. Je réponds que l'encre ne demande pas de titre pour couler juste, et qu'un texte commandé peut valoir un texte de cour, si l'on y met le même soin.

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire Tanhua ji ?

L'udumbara, dit-on, ne fleurit qu'une fois en mille ans — c'est ainsi que j'ai voulu nommer ma pièce, Tanhua ji, achevée vers 1598. J'y montre un haut dignitaire qui abandonne les honneurs pour chercher l'éveil, et je ne cache pas que j'y ai mis beaucoup de moi-même. Depuis ma propre chute, je me suis avancé du côté du bouddhisme et du taoïsme, non par désespoir, mais parce que ces voies m'ont semblé plus honnêtes que la promesse d'une carrière restaurée. On devient un peu jushi — pratiquant laïc — sans prononcer de vœux, simplement en tournant son regard ailleurs que vers la cour. Mon personnage renonce à tout ; moi, je n'ai renoncé qu'à ce qu'on m'avait déjà retiré, ce qui est plus modeste, mais suffisant pour écrire une quête sincère.

Diriez-vous que le taoïsme et le bouddhisme se rejoignent dans votre œuvre ?

Je ne les oppose pas, et mon Xiuwen ji le montre assez : les deux voies me servent à interroger la même question, celle de savoir ce qui reste d'un homme une fois les titres retirés. Le bouddhisme m'offre l'idée d'un détachement patient, le taoïsme celle d'une nature qu'il suffit de suivre sans la forcer. Sur scène, je mêle volontiers les deux inspirations, car le public du Jiangnan ne les sépare pas non plus dans sa vie ordinaire — on brûle de l'encens devant un bouddha un matin, on cite Zhuangzi le soir. Mes pièces ne prêchent pas une doctrine unique ; elles racontent des hommes qui cherchent, avec les moyens spirituels que leur époque leur donne, et c'est cette quête-là, plus que la théologie, qui m'intéresse.

On dit que vous montiez vous-même sur scène avec votre troupe — est-ce vrai ?

C'est vrai, et je ne m'en cache pas. J'entretiens une troupe privée à Yin, et il m'arrive de jouer un rôle dans mes propres pièces, ce que certains lettrés austères trouvent indigne de mon rang. Je réponds que le théâtre chuanqi ne se comprend pas seulement sur le papier : une scène de Tanhua ji ne prend son sens que dans la voix d'un acteur, dans le silence d'une salle qui retient son souffle. Mon contemporain Tang Xianzu a donné, avec Le Pavillon aux pivoines, une œuvre qui restera plus haut que la mienne peut-être, mais nous partageons ce goût du chant et de la scène vécue. Monter sur les planches, pour moi, ce n'est pas déchoir — c'est vérifier que mes mots tiennent debout devant un public.

Monter sur les planches, pour moi, ce n'est pas déchoir — c'est vérifier que mes mots tiennent debout devant un public.

Comment choisissiez-vous les acteurs et organisiez-vous les répétitions ?

Tout part du manuscrit : je couche le livret chanté et parlé, scène après scène, puis je le confie à mes acteurs qui l'apprennent dans le style kunqu, ce chant raffiné né à Kunshan qui convient si bien à nos drames du Sud. Les répétitions se tiennent dans ma cour, parfois jusqu'au soir, avec la cithare qin et quelques instruments pour accompagner les voix. Je choisis mes interprètes moins pour leur rang que pour leur oreille et leur mémoire — un chuanqi compte des dizaines de scènes, il faut une endurance réelle pour les tenir toutes. Je corrige souvent un vers en écoutant comment il sonne dans une bouche plutôt que sur le papier, ce qui déplaît parfois aux puristes de l'écrit seul.

L'Histoire des Ming rapporte que vous composiez plusieurs textes presque en même temps. Comment expliquez-vous cette rapidité ?

Je ne sais l'expliquer autrement qu'en disant que les mots viennent chez moi sans que je les cherche longtemps. Le Mingshi dira de moi, je crois, que mes poèmes et mes proses jaillissaient sans effort, « plusieurs feuillets achevés d'un seul jet » — je ne renie pas cette image, même si elle flatte peut-être plus qu'elle ne décrit. Il m'est arrivé de dicter un éloge à un scribe tandis que je composais moi-même un poème sur une autre feuille ; les deux textes n'avaient rien à voir, et pourtant aucun n'en souffrait. Je crois que cela vient d'avoir tant lu et tant récité depuis l'enfance que les formes classiques se sont logées en moi comme une seconde respiration, prête à sortir dès qu'on lui offre un sujet.

Cette virtuosité vous a-t-elle jamais desservi, aux yeux des lettrés plus austères ?

Souvent. Ceux qui vénèrent le bagu wen, cet essai en huit jambages qu'on exige aux examens, voient dans ma facilité une légèreté suspecte — comme si un texte écrit vite ne pouvait être sérieux. J'ai passé le jinshi en 1577 comme n'importe quel candidat, en respectant ces formes rigides, donc je sais ce qu'elles valent et ce qu'elles coûtent. Mais une fois sorti de l'examen, pourquoi m'interdire d'écrire autrement, plus librement, pour un ami, pour une pièce de théâtre, pour moi-même ? Certains y voient de la vanité ; j'y vois simplement un don qu'il serait absurde de brider par principe. La rapidité n'est pas l'ennemie du soin, elle en est parfois la preuve la plus discrète.

Vous avez rédigé le Kaopan yushi, un guide du cabinet de lettré. Quel objet vous est-il le plus cher ?

Difficile de choisir parmi les wenfang sibao, les quatre trésors du cabinet — le pinceau, l'encre, le papier, la pierre à encre — mais s'il faut n'en garder qu'un, je dirais ma pierre à encre. Je la choisis avec le même soin qu'on choisirait un ami : sa texture doit retenir l'eau sans la boire, son grain doit user le bâton d'encre sans le griffer. Dans le Kaopan yushi, je passe en revue chacun de ces objets, rubrique par rubrique, parce que je crois qu'un lettré se révèle autant dans le choix de ses instruments que dans ses écrits. Une bonne pierre ne fait pas un bon texte, certes, mais elle met l'esprit dans la disposition où les mots viennent plus justes.

Que représente le thé et l'encens dans votre vie quotidienne de lettré ?

Le matin commence toujours par un thé, bu seul dans mon studio pendant que je relis un classique ou un manuscrit à corriger — c'est l'heure où l'esprit est encore net, avant que la journée ne l'encombre. Le soir, c'est plutôt l'encens du brûle-parfum qui prend le relais, quand la cithare qin résonne ou que je me retire pour lire un texte bouddhique. J'ai consacré des pages du Kaopan yushi au thé et à ses ustensiles, parce que la dégustation, chez nous, n'est jamais un simple besoin : c'est un rituel qui accompagne la pensée. Entre le thé qui ouvre la journée et l'encens qui la referme, il y a toute la respiration d'une vie de lettré — active le matin, recueillie le soir.

Entre le thé qui ouvre la journée et l'encens qui la referme, il y a toute la respiration d'une vie de lettré.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Tu Long's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.