Al-Zamakhshari est un grammairien, exégète et théologien musulman du XIIe siècle, né au Khwarezm. Surnommé « Jār Allāh » (le voisin de Dieu) pour ses longs séjours à La Mecque, il est l'auteur du célèbre commentaire coranique Al-Kashshāf, monument de la rhétorique arabe. Partisan du mouvement mu'tazilite, il défend une lecture rationnelle du texte sacré.
Al-Zamakhshari(1075 — 1144)
Al-Zamakhshari
Khwarezm
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1075 à Zamakhshar, dans la région du Khwarezm (actuel Ouzbékistan/Turkménistan)
- Rédige vers 1134 son chef-d'œuvre, Al-Kashshāf, commentaire coranique centré sur la rhétorique et l'analyse linguistique du texte sacré
- Adhère au courant mu'tazilite, qui prône le libre arbitre et la rationalité dans l'interprétation théologique
- Séjourne longuement à La Mecque, ce qui lui vaut le surnom honorifique de Jār Allāh (« voisin de Dieu »)
- Meurt en 1144 à Jurjaniyya (Khwarezm), laissant une œuvre majeure en grammaire, lexicographie et exégèse
Œuvres & réalisations
Commentaire du Coran centré sur l'analyse rhétorique et grammaticale, chef-d'œuvre étudié dans tout le monde musulman malgré ses positions mu'tazilites.
Traité de grammaire arabe devenu un manuel de référence, commenté pendant des siècles dans les écoles.
Dictionnaire novateur distinguant sens propre et sens figuré des mots, pilier de l'étude de l'éloquence arabe.
Recueil de cent sermons moraux d'une grande beauté stylistique, exhortant à la vertu et à la piété.
Lexique expliquant les mots rares des traditions prophétiques (hadiths), utile aux savants religieux.
Anthologie d'anecdotes, de poèmes et de sagesses thématiques, reflet de la vaste culture de l'auteur.
Grande collection de proverbes arabes, précieuse pour la connaissance de la langue et de la culture populaire.
Anecdotes
Al-Zamakhshari passa de si longs séjours à La Mecque qu'on le surnomma « Jār Allāh », le « voisin de Dieu ». Ce titre honorifique témoigne de sa dévotion et de son attachement à la ville sainte, où il enseigna la grammaire et le Coran à de nombreux étudiants venus de tout le monde musulman.
Selon la tradition, Al-Zamakhshari aurait perdu une jambe lors d'un voyage à travers les steppes glacées du Khwarezm, gelée par le froid intense. Il portait ensuite une jambe de bois et se munissait d'un certificat signé par des juges attestant que son handicap n'était pas la punition d'un crime, pour éviter les soupçons.
Son grand commentaire du Coran, l'Al-Kashshāf, fut si admiré pour sa finesse rhétorique que même ses adversaires théologiques l'étudiaient, tout en critiquant ses idées mu'tazilites. Des générations de savants y ajoutèrent des gloses pour expurger ou discuter ses positions rationalistes.
Al-Zamakhshari était fier de ses origines persanes et de sa maîtrise de l'arabe, langue qu'il n'avait pas apprise dès l'enfance. Il aimait rappeler qu'un non-Arabe pouvait surpasser les Arabes eux-mêmes dans la connaissance de leur langue, ce qu'il démontrait par la profondeur de ses ouvrages de grammaire.
On raconte qu'il rédigea une partie de son Al-Kashshāf en un temps remarquablement court, poussé par le désir d'expliquer les beautés stylistiques du Coran. Il ouvrait son commentaire par une louange à Dieu « qui a fait descendre le Coran », phrase qui suscita des débats théologiques sur le caractère créé ou incréé du texte sacré.
Sources primaires
Louange à Dieu qui a fait descendre le Coran comme une parole arabe claire, exempte de toute déviation, afin que les hommes réfléchissent et comprennent.
La parole se compose du nom, du verbe et de la particule ; savoir distinguer chacun et connaître ses règles est le fondement de la science de la langue.
Cet ouvrage recueille les usages propres et figurés des mots arabes, afin que l'écrivain choisisse l'expression la plus juste et la plus belle.
Ô toi qui amasses les richesses, sache que la mort défera ce que ta main a noué : agis avec justice tant que le jour te reste.
Lieux clés
Village natal d'Al-Zamakhshari, dont il tire son surnom, dans l'oasis du Khwarezm en Asie centrale.
Capitale du Khwarezm, grand centre intellectuel où il étudia et où il mourut en 1144.
Ville sainte où il séjourna si longuement qu'on le surnomma « Jār Allāh », le voisin de Dieu, et où il rédigea l'Al-Kashshāf.
Foyer de savoir de l'Asie centrale où il approfondit ses études de langue et de sciences religieuses.
Capitale abbasside et cœur de la vie intellectuelle musulmane qu'il fréquenta pour parfaire son savoir.
Objets typiques

Plume taillée dans un roseau, outil quotidien du grammairien pour rédiger ses traités et ses commentaires coraniques.

Petit récipient contenant l'encre noire ou brune, indispensable aux longues heures de copie et de composition.

Copie de son grand commentaire du Coran, recopiée et annotée par des générations d'étudiants à travers le monde musulman.

Exemplaire du texte sacré qu'Al-Zamakhshari étudiait mot à mot pour en dévoiler les beautés rhétoriques.

Prothèse qu'il portait, dit-on, après avoir perdu une jambe gelée lors d'un voyage dans les steppes du Khwarezm.

Grains égrenés pour la prière et l'invocation, compagnon du savant lors de ses longs séjours à La Mecque.

Support en bois pliant sur lequel reposait le Coran ou les manuscrits pendant la lecture et l'écriture.
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Vie quotidienne
Matin
Al-Zamakhshari se lève avant l'aube pour la prière du fajr, puis récite le Coran à la lueur d'une lampe. La matinée se passe à enseigner la grammaire et l'exégèse à ses étudiants réunis autour de lui dans la madrasa.
Après-midi
Après la prière de midi et un repas frugal, il se consacre à la rédaction de ses traités, penché sur son pupitre. Il reçoit aussi des visiteurs et des lettrés venus discuter de points de langue ou de théologie.
Soir
Le soir, il poursuit sa lecture et ses corrections tant que la lumière le permet, entouré de manuscrits. Il termine la journée par la prière et la méditation, souvent tourné vers La Mecque, qu'il chérissait tant.
Alimentation
Son alimentation reste sobre, à base de pain, de dattes, de fruits secs et de bouillie de céréales. Il boit de l'eau et du lait, et goûte parfois aux mets simples des caravanes et des marchés d'oasis.
Vêtements
Il porte une longue robe (jubba) de laine ou de coton, ceinte à la taille, et un turban de savant enroulé sur la tête. Ses vêtements, sobres, marquent son statut d'homme de religion et de lettres.
Habitat
Il loge dans les cellules d'une madrasa ou dans une modeste maison de brique crue, aux murs épais protégeant du froid et de la chaleur. Son espace est occupé par des étagères de manuscrits, un pupitre et une natte de prière.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Esthétique du manuscrit islamique médiéval : calligraphie or et noir, enluminures arabesques, madrasas aux tuiles bleues et lumière chaude d'oasis.
Ambiance sonore
L'ambiance feutrée d'une madrasa du Khwarezm : plume qui gratte, récitations coraniques et, au-dehors, l'appel du muezzin et les bruits d'une cité-oasis.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Al-Kashshāf ʿan ḥaqāʾiq al-tanzīl
vers 1134
Al-Mufaṣṣal fī ṣanʿat al-iʿrāb
vers 1120
Asās al-balāgha
XIIe siècle
Aṭwāq al-dhahab (Les Colliers d'or)
XIIe siècle
Al-Fāʾiq fī gharīb al-ḥadīth
XIIe siècle
Rabīʿ al-abrār (Le Printemps des hommes vertueux)
XIIe siècle
Al-Mustaqṣā fī amthāl al-ʿArab
XIIe siècle






