Portrait de Al-Zamakhshari, Lettres, Moyen Âge, 1075 — 1144📷 Wikidata P18
Biographie

Al-Zamakhshari est un grammairien, exégète et théologien musulman du XIIe siècle, né au Khwarezm. Surnommé « Jār Allāh » (le voisin de Dieu) pour ses longs séjours à La Mecque, il est l'auteur du célèbre commentaire coranique Al-Kashshāf, monument de la rhétorique arabe. Partisan du mouvement mu'tazilite, il défend une lecture rationnelle du texte sacré.

Al-Zamakhshari(1075 — 1144)

Al-Zamakhshari

Khwarezm

6 min de lecture

LettresSpiritualitéThéologien(ne)Écrivain(e)Religieux/seMoyen ÂgeAl-Zamakhshari vit à l'apogée de la civilisation islamique médiévale, sous les dynasties seldjoukide et khwarezm-shahide, dans une région carrefour entre Iran, Asie centrale et monde arabe. C'est une période de foisonnement intellectuel où grammaire, théologie et sciences coraniques atteignent un haut degré de raffinement.
Découvrir4 recettes

Questions fréquentes

Al-Zamakhshari (1075-1144) est un grammairien, exégète et théologien musulman né au Khwarezm, en Asie centrale. Grande figure des lettres arabes du Moyen Âge, il est surtout connu pour son commentaire du Coran, l'Al-Kashshāf, monument de la rhétorique arabe.

Faits marquants

  • Né en 1075 à Zamakhshar, dans la région du Khwarezm (actuel Ouzbékistan/Turkménistan)
  • Rédige vers 1134 son chef-d'œuvre, Al-Kashshāf, commentaire coranique centré sur la rhétorique et l'analyse linguistique du texte sacré
  • Adhère au courant mu'tazilite, qui prône le libre arbitre et la rationalité dans l'interprétation théologique
  • Séjourne longuement à La Mecque, ce qui lui vaut le surnom honorifique de Jār Allāh (« voisin de Dieu »)
  • Meurt en 1144 à Jurjaniyya (Khwarezm), laissant une œuvre majeure en grammaire, lexicographie et exégèse

Œuvres & réalisations

Al-Kashshāf ʿan ḥaqāʾiq al-tanzīl (vers 1134)

Commentaire du Coran centré sur l'analyse rhétorique et grammaticale, chef-d'œuvre étudié dans tout le monde musulman malgré ses positions mu'tazilites.

Al-Mufaṣṣal fī ṣanʿat al-iʿrāb (vers 1120)

Traité de grammaire arabe devenu un manuel de référence, commenté pendant des siècles dans les écoles.

Asās al-balāgha (XIIe siècle)

Dictionnaire novateur distinguant sens propre et sens figuré des mots, pilier de l'étude de l'éloquence arabe.

Aṭwāq al-dhahab (Les Colliers d'or) (XIIe siècle)

Recueil de cent sermons moraux d'une grande beauté stylistique, exhortant à la vertu et à la piété.

Al-Fāʾiq fī gharīb al-ḥadīth (XIIe siècle)

Lexique expliquant les mots rares des traditions prophétiques (hadiths), utile aux savants religieux.

Rabīʿ al-abrār (Le Printemps des hommes vertueux) (XIIe siècle)

Anthologie d'anecdotes, de poèmes et de sagesses thématiques, reflet de la vaste culture de l'auteur.

Al-Mustaqṣā fī amthāl al-ʿArab (XIIe siècle)

Grande collection de proverbes arabes, précieuse pour la connaissance de la langue et de la culture populaire.

Anecdotes

Al-Zamakhshari passa de si longs séjours à La Mecque qu'on le surnomma « Jār Allāh », le « voisin de Dieu ». Ce titre honorifique témoigne de sa dévotion et de son attachement à la ville sainte, où il enseigna la grammaire et le Coran à de nombreux étudiants venus de tout le monde musulman.

Selon la tradition, Al-Zamakhshari aurait perdu une jambe lors d'un voyage à travers les steppes glacées du Khwarezm, gelée par le froid intense. Il portait ensuite une jambe de bois et se munissait d'un certificat signé par des juges attestant que son handicap n'était pas la punition d'un crime, pour éviter les soupçons.

Son grand commentaire du Coran, l'Al-Kashshāf, fut si admiré pour sa finesse rhétorique que même ses adversaires théologiques l'étudiaient, tout en critiquant ses idées mu'tazilites. Des générations de savants y ajoutèrent des gloses pour expurger ou discuter ses positions rationalistes.

Al-Zamakhshari était fier de ses origines persanes et de sa maîtrise de l'arabe, langue qu'il n'avait pas apprise dès l'enfance. Il aimait rappeler qu'un non-Arabe pouvait surpasser les Arabes eux-mêmes dans la connaissance de leur langue, ce qu'il démontrait par la profondeur de ses ouvrages de grammaire.

On raconte qu'il rédigea une partie de son Al-Kashshāf en un temps remarquablement court, poussé par le désir d'expliquer les beautés stylistiques du Coran. Il ouvrait son commentaire par une louange à Dieu « qui a fait descendre le Coran », phrase qui suscita des débats théologiques sur le caractère créé ou incréé du texte sacré.

Sources primaires

Al-Kashshāf ʿan ḥaqāʾiq al-tanzīl (Le Dévoileur des vérités de la Révélation) (vers 1134)
Louange à Dieu qui a fait descendre le Coran comme une parole arabe claire, exempte de toute déviation, afin que les hommes réfléchissent et comprennent.
Al-Mufaṣṣal fī ṣanʿat al-iʿrāb (Le Traité détaillé de l'art de la déclinaison) (vers 1120)
La parole se compose du nom, du verbe et de la particule ; savoir distinguer chacun et connaître ses règles est le fondement de la science de la langue.
Asās al-balāgha (Le Fondement de l'éloquence) (XIIe siècle)
Cet ouvrage recueille les usages propres et figurés des mots arabes, afin que l'écrivain choisisse l'expression la plus juste et la plus belle.
Aṭwāq al-dhahab (Les Colliers d'or) (XIIe siècle)
Ô toi qui amasses les richesses, sache que la mort défera ce que ta main a noué : agis avec justice tant que le jour te reste.

Lieux clés

Zamakhshar (Khwarezm)

Village natal d'Al-Zamakhshari, dont il tire son surnom, dans l'oasis du Khwarezm en Asie centrale.

Gurgandj (Ourguentch)

Capitale du Khwarezm, grand centre intellectuel où il étudia et où il mourut en 1144.

La Mecque

Ville sainte où il séjourna si longuement qu'on le surnomma « Jār Allāh », le voisin de Dieu, et où il rédigea l'Al-Kashshāf.

Boukhara

Foyer de savoir de l'Asie centrale où il approfondit ses études de langue et de sciences religieuses.

Bagdad

Capitale abbasside et cœur de la vie intellectuelle musulmane qu'il fréquenta pour parfaire son savoir.

Rends-lui sa mémoireCharactorium est aussi un jeu sur Pi Network : ravive les figures oubliées de l'Histoire, une par une.Jouer dans Pi

Voir aussi