Sculpteur et plasticien américain (1898-1976), Alexander Calder est l'inventeur du « mobile », sculpture suspendue et articulée mise en mouvement par l'air. Il a aussi créé des « stabiles », grandes sculptures abstraites fixes en métal.
Alexander Calder(1898 — 1976)
Alexander Calder
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1898 à Lawnton (Pennsylvanie) dans une famille d'artistes, formé d'abord comme ingénieur mécanicien
- Crée à Paris dans les années 1920 son « Cirque » miniature en fil de fer, performance qui le rend célèbre
- Invente le « mobile » vers 1931-1932 (terme proposé par Marcel Duchamp), sculpture abstraite en mouvement
- Développe les « stabiles » (terme suggéré par Jean Arp), sculptures monumentales fixes installées dans l'espace public
- Meurt en 1976 à New York, laissant une œuvre majeure de l'art du XXe siècle
Œuvres & réalisations
Cirque miniature en fil de fer et matériaux de récupération, que Calder animait en spectacle. Œuvre fondatrice aujourd'hui conservée au Whitney Museum.
Premières sculptures abstraites mises en mouvement, certaines d'abord actionnées par des moteurs, puis par le seul courant d'air. Une invention majeure de la sculpture moderne.
Mobile commandé pour le grand escalier du Museum of Modern Art de New York, devenu une icône de l'art mobile.
Grand stabile-mobile installé devant le siège de l'UNESCO à Paris, symbole de l'art monumental d'après-guerre.
Mobile suspendu créé pour le terminal de l'aéroport international de New York, intégrant l'art à l'espace public moderne.
Stabile monumental rouge vif installé à Grand Rapids (Michigan), première sculpture publique financée par un fonds fédéral américain ; devenue l'emblème de la ville.
Stabile de 16 mètres en acier peint en rouge vermillon, dressé sur une place de Chicago en contraste avec les gratte-ciel noirs environnants.
Anecdotes
En 1926, le jeune Calder installe à Paris un cirque miniature entièrement fait de fil de fer, de bouchons, de tissu et de boutons. Pendant des soirées entières, il anime lui-même ses acrobates, fauves et trapézistes devant un public d'artistes émerveillés comme Joan Miró ou Fernand Léger.
C'est le peintre Marcel Duchamp qui, en 1931, baptise « mobiles » les sculptures suspendues et mouvantes de Calder. L'année suivante, le sculpteur Jean Arp invente en retour le mot « stabiles » pour désigner ses grandes œuvres fixes posées au sol.
Calder était ingénieur de formation : il a obtenu un diplôme d'ingénieur en mécanique avant de se tourner vers l'art. Cette formation explique son génie de l'équilibre, car ses mobiles tiennent en suspension grâce à un calcul précis des poids et des points d'appui.
En 1930, une visite à l'atelier du peintre Piet Mondrian bouleverse Calder. Devant les rectangles de couleurs primaires épinglés au mur, il imagine de les faire bouger : ce choc le pousse vers l'art abstrait et l'idée du mouvement.
Calder fabriquait aussi des bijoux à la main, des centaines de broches, colliers et bracelets en fil de laiton et d'argent martelé, qu'il offrait souvent à ses amies. Beaucoup d'artistes et de célébrités portaient fièrement ses créations uniques.
Sources primaires
« Pourquoi l'art devrait-il être statique ? La prochaine étape en sculpture, c'est le mouvement. »
« Un mobile, en quelque sorte, est une petite fête locale ; un objet défini par son mouvement et qui n'existe pas en dehors de lui. »
Duchamp propose le terme « mobile » pour nommer les sculptures animées que Calder expose à Paris.
« Les disparités de forme, de taille et de couleur, en mouvement, créent des contrastes, et c'est de ces contrastes que naît l'œuvre. »
Lieux clés
Lieu de naissance de Calder, en 1898, dans une famille où le père et le grand-père étaient sculpteurs et la mère peintre.
Ville où Calder s'installe dès 1926, crée son Cirque et invente le mobile, au contact des avant-gardes européennes.
Ferme et atelier où Calder s'installe en 1933 et conçoit nombre de ses mobiles et stabiles.
Village de Touraine où Calder établit un second atelier en 1953, produisant ses immenses stabiles dans une fonderie voisine.
École d'ingénieurs où Calder obtient en 1919 son diplôme en mécanique, formation déterminante pour son art de l'équilibre.
Ville où Calder étudie à l'Art Students League, expose au MoMA et au Whitney, et où il meurt en 1976.
Objets typiques

Sculpture suspendue faite de tiges de métal et de plaques peintes, articulée et mise en mouvement par les courants d'air. C'est l'invention majeure de Calder.

Grande sculpture abstraite fixe en tôle d'acier boulonnée, souvent peinte en noir ou en rouge vif. Posée au sol, elle dialogue avec l'architecture et l'espace public.

Matériau de prédilection des débuts de Calder, qu'il tord et plie pour « dessiner dans l'espace ». Il en fait des portraits, des animaux et les figures de son cirque.

Outils d'atelier que Calder, ingénieur de formation, manie avec virtuosité pour couper, plier et assembler le métal sans toujours recourir à la soudure.

Ensemble de figurines miniatures en fil de fer, liège, tissu et boutons représentant un cirque complet. Calder les animait lui-même lors de spectacles improvisés.

Broches, colliers et bracelets que Calder façonnait à la main en spirales de fil de laiton ou d'argent. Pièces uniques offertes ou portées par ses proches.

Peintures aux couleurs vives et aux formes simples (cercles, spirales, soleils) que Calder produisit en grand nombre, surtout à la fin de sa vie.
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Vie quotidienne
Matin
Calder commençait souvent tôt dans son vaste atelier de Roxbury ou de Saché, entouré d'outils et de plaques de métal. Vêtu d'une simple chemise, il découpait, pliait et martelait, calculant patiemment l'équilibre de chaque pièce.
Après-midi
L'après-midi, il assemblait ses mobiles, suspendant les éléments pour tester leur balancement au moindre souffle d'air. Pour les grands stabiles, il travaillait avec les ouvriers d'une fonderie voisine afin d'agrandir ses maquettes.
Soir
Le soir, Calder recevait volontiers des amis artistes, jouait de l'harmonica et animait parfois encore son cirque miniature. Sa femme Louisa et lui aimaient la convivialité et les longues conversations.
Alimentation
Vivant entre l'Amérique et la campagne tourangelle, Calder appréciait la cuisine française simple et les bons vins. Les repas chez lui étaient des moments chaleureux et généreux partagés avec ses invités.
Vêtements
On le voyait le plus souvent en chemise de travail, parfois rouge, tachée par l'atelier, sans souci d'élégance. Robuste et chaleureux, il cultivait une allure d'artisan plutôt que d'artiste mondain.
Habitat
Calder vivait dans de grandes maisons de campagne dotées de vastes ateliers, l'une à Roxbury dans le Connecticut, l'autre près de Saché en Touraine. Ces espaces lui offraient la place nécessaire pour ses œuvres de plus en plus monumentales.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Cirque Calder
1926-1931
Lobster Trap and Fish Tail
1939
Spirale (mobile de l'UNESCO)
1958
.125 (mobile de l'aéroport JFK)
1958
Flamingo
1974






