Retour à Alice Neel
L'assiette new-yorkaise des temps maigres
Dans l'Amérique d'Alice Neel, le repas du petit peuple ne suit pas la grille entrée-plat-dessert. C'est l'assiette unique du boardinghouse et du comptoir de diner : un féculent qui cale (pain grillé, riz), une sauce ou une viande étirée pour nourrir beaucoup avec peu, et le café ou le soda de la fontaine à côté. La table mélange les cuisines des migrants — la débrouille blanche-anglo, le riz du Spanish Harlem portoricain, la fontaine à soda juive de Brooklyn. On mange ce qu'on a, on partage, on étire.
Signature : La sauce blanche d'économie (milk gravy)
Un peu de farine, de beurre et de lait : la technique reine de la cuisine pauvre américaine, qui transforme une poignée de viande séchée ou une tranche de pain en un repas qui tient au corps. C'est le geste qui revient sans cesse à la table d'Alice Neel pendant la Dépression.

Alice Neel à table

1900 — 1984

5 recettes d’époque