Écrivain français (1840-1897), auteur de romans et de nouvelles qui peignent avec humour et tendresse la vie provençale et parisienne. Il est célèbre pour ses Lettres de mon moulin et ses personnages inoubliables comme Tartarin de Tarascon.
Alphonse Daudet(1840 — 1897)
Alphonse Daudet
France
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« On ne fait pas attention aux gens heureux.»
« La vérité est en marche et rien ne l'arrêtera.»
Faits marquants
- 1840 : naissance à Nîmes dans une famille modeste
- 1866 : publication des Lettres de mon moulin, recueil de nouvelles provençales
- 1872 : publication de L'Aventure prodigieuse de Tartarin de Tarascon
- 1884 : publication de Sapho, roman naturaliste
- 1897 : mort à Paris, laissant une œuvre abondante de romans, nouvelles et pièces de théâtre
Œuvres & réalisations
Recueil de nouvelles provençales parues d'abord dans Le Figaro. Ces textes fondateurs établissent le ton de Daudet : humour tendre, nostalgie du Midi et observation fine des hommes simples.
Roman autobiographique racontant les années de misère et de débrouillardise du jeune Daudet à Lyon puis Paris. L'un des premiers grands romans d'apprentissage réalistes de la littérature française.
Chef-d'œuvre comique immortalisant un Méridional vantard et couard parti chasser des lions en Algérie. Tartarin est devenu un mythe littéraire, symbole humoristique tendre du Midi de la France.
Recueil de nouvelles inspirées de la guerre de 1870, dont la célèbre La Dernière Classe. Ces textes mêlent patriotisme, émotion et observation réaliste des bouleversements de la défaite française.
Roman du monde des affaires et de la bourgeoisie parisienne, couronné par l'Académie française. Il marque le tournant de Daudet vers le roman réaliste à grande fresque sociale.
Portrait satirique d'un homme politique méridional sous la IIIe République, tour à tour charmeur et irresponsable. L'un des romans les plus politiquement engagés de Daudet.
Roman sur une passion amoureuse destructrice entre un jeune provincial et une femme du demi-monde parisien. L'un des textes les plus psychologiquement fouillés de Daudet, qui influencera Maupassant.
Anecdotes
Alphonse Daudet n'a jamais réellement habité le célèbre moulin de Fontvieille qui a inspiré ses Lettres de mon moulin. Ce moulin abandonné des Alpilles, découvert lors de séjours en Provence chez des amis, lui servit de cadre symbolique. La plupart de ses nouvelles provençales furent en réalité rédigées à Paris, loin des cigales et du soleil qu'il décrivait avec tant de nostalgie.
Dans les dernières années de sa vie, Daudet fut terrassé par une ataxie locomotrice progressive qui le paralysait peu à peu. Malgré d'atroces douleurs, il continua d'écrire et tint un journal intime de sa souffrance, rédigé en partie en provençal, intitulé La Doulou (« la douleur »). Ce texte bouleversant, publié après sa mort, est un témoignage exceptionnel sur la maladie vécue de l'intérieur par un écrivain.
À la parution de Tartarin de Tarascon en 1872, les habitants de la vraie ville de Tarascon protestèrent avec véhémence contre ce portrait moqueur d'un vantard du Midi. Certains boycottèrent les livres de Daudet, choqués d'être ainsi caricaturés. Pourtant, un siècle plus tard, la ville revendique fièrement ce lien littéraire et a érigé une statue de Tartarin sur sa place principale.
Daudet participait aux fameux dîners qui réunissaient chaque mois Gustave Flaubert, Émile Zola, Ivan Tourgueniev et Edmond de Goncourt dans les années 1870. Ces soirées légendaires, où les plus grands écrivains de l'époque lisaient leurs manuscrits à voix haute et débattaient de littérature, ont contribué à forger le mouvement naturaliste français. Flaubert les appelait affectueusement les « dîners des auteurs sifflés ».
La nouvelle La Dernière Classe, parue en 1873, raconte le dernier cours de français dans une école alsacienne après l'annexion par l'Allemagne. Ce texte devint l'un des plus lus dans les écoles de la République pendant des décennies, traduit dans le monde entier. Il constitue l'une des œuvres les plus emblématiques du patriotisme français de la IIIe République, même si Daudet n'avait pas été présent en Alsace durant la guerre.
Sources primaires
Mes enfants, c'est la dernière fois que je vous fais la classe. L'ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l'allemand dans les écoles de l'Alsace et de la Lorraine... Le nouveau maître arrive demain.
Toute la nuit, la chèvre blanche se battit avec le loup. De temps en temps, elle regardait les étoiles danser dans le ciel clair, et elle se disait : « Pourvu que je tienne jusqu'à l'aube... » L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent.
Tous les dimanches matin, il partait pour la chasse avec son équipement complet : son fusil, ses cartouches, sa gibecière… mais il ne tuait rien, parce qu'il n'y avait rien à tuer dans la plaine de Tarascon.
Quand mon père eut mangé sa fortune, il songea à établir ses fils. L'aîné fut envoyé chez un oncle riche. Moi, le cadet, Daniel Eyssette, on m'envoya au collège de Lyon comme pion.
La douleur s'installe, prend ses aises, devient un compagnon permanent et implacable. On apprend à vivre avec elle, ou plutôt elle vous apprend à mourir avec elle.
Lieux clés
Ville natale d'Alphonse Daudet, né en 1840. Il y passa son enfance avant que la ruine familiale ne contraigne la famille à s'en aller. Les paysages gardois et l'accent du Midi nourriront toute son imaginaire méridionale.
Ce moulin à vent abandonné des Alpilles, que Daudet visita lors de séjours chez le marquis de Barbentane, devint le cadre symbolique de ses Lettres de mon moulin, même s'il ne l'habita jamais vraiment.
Daudet s'installa définitivement à Paris où il mena sa carrière d'écrivain et fréquenta les cercles littéraires. Son appartement parisien était un salon où se retrouvaient les grands noms du naturalisme.
Maison de campagne de Daudet en forêt de Sénart, où il aimait se retirer pour écrire loin de l'agitation parisienne. Il y passa de nombreux étés et y accueillit Zola, Goncourt et d'autres amis écrivains.
Ville qui inspira le personnage de Tartarin, le fameux chasseur méridional vantard et couard. Malgré les protestations initiales de ses habitants, Tarascon est aujourd'hui fière de ce lien littéraire.
Objets typiques

Outil quotidien de l'écrivain du XIXe siècle. Daudet remplissait de nombreux carnets de notes et manuscrits à la plume, observant le monde avec précision avant de le retranscrire.

Daudet était un observateur minutieux qui consignait scènes de rue, expressions populaires et détails de la vie provençale dans des carnets, matière première de ses nouvelles.

Symbole omniprésent de la Provence dans l'œuvre de Daudet, la cigale représente la chaleur, le chant et l'insouciance du Midi qu'il opposait volontiers à la rigueur parisienne.

Dans Tartarin de Tarascon, les armes à feu envahissent la maison du héros, symbole comique de ses ambitions héroïques jamais réalisées. Cet objet incarne l'humour tendre de Daudet pour ses personnages.

Grand fumeur, Daudet ne se séparait guère de sa pipe, compagnon de ses longues heures d'écriture. Cette habitude contribua sans doute à aggraver sa santé déjà fragilisée par la maladie.

C'est dans les colonnes de ce grand quotidien parisien que Daudet publia ses premières Lettres de mon moulin dès 1866, atteignant un large public national avant toute publication en volume.
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Vie quotidienne
Matin
Daudet se levait tôt et consacrait les premières heures du jour à l'écriture, profitant du calme matinal pour travailler à ses romans ou nouvelles. Il noircissait des pages de son écriture serrée, puis relisait à voix haute pour juger du rythme de la phrase. Dans les dernières années, la maladie le contraignait parfois à dicter à sa femme Julia plutôt qu'à écrire lui-même.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré aux sorties et aux observations. Daudet arpentait Paris, notant dans son carnet les visages, les expressions et les scènes de rue qui nourriraient ses œuvres. À Champrosay ou en Provence, il se promenait dans la nature, écoutant les sons et sentant les odeurs qu'il restituait avec tant de précision dans ses écrits.
Soir
Les soirées parisiennes de Daudet étaient souvent animées : dîners littéraires avec Zola, Goncourt et Tourgueniev, réceptions dans son salon où se retrouvaient artistes et écrivains. Sa femme Julia, elle-même femme de lettres, animait ces soirées avec lui. On y lisait les nouvelles œuvres à voix haute et débattait de littérature et de politique.
Alimentation
Daudet restait attaché à la cuisine provençale de son enfance : olives, herbes de garrigue, poissons et vins du Midi. À Paris, il appréciait les bons restaurants bourgeois et les dîners copieux entre amis. Grand fumeur de pipe, ces habitudes ne favorisaient guère sa santé déclinante.
Vêtements
Comme les hommes de lettres bourgeois de son époque, Daudet portait le costume sombre à redingote et le chapeau haut-de-forme pour les sorties officielles. Sa barbe brune et abondante, qu'il conserva toute sa vie, était l'un de ses traits distinctifs et le rendait immédiatement reconnaissable dans les salons parisiens.
Habitat
Daudet connut d'abord la misère des garnis parisiens bon marché, comme il le raconte dans Le Petit Chose, dormant dans des mansardes froides et mal éclairées. Avec le succès littéraire, il s'installa dans un bel appartement parisien qu'il décora d'objets provençaux. Sa maison de Champrosay, entourée de jardins et de forêts, était son refuge estival pour écrire au calme.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Lettres de mon moulin
1866-1869 (volume : 1869)
Le Petit Chose
1868
Tartarin de Tarascon
1872
Contes du lundi
1873
Fromont et Risler
1874
Numa Roumestan
1881






