Retour à André Breton
Le repas du zinc surréaliste
Chez Breton, le repas n'obéit pas à l'ordonnance bourgeoise entrée-plat-dessert : il s'organise autour du comptoir et de la longue tablée du café. On se retrouve en fin d'après-midi au Café de la Place Blanche, on commande un plat unique du jour qu'on partage, on fait circuler les bouteilles de vin de table, on noircit des cahiers, on joue au cadavre exquis, et tout se clôt par un café serré qui prolonge la conversation jusque tard. Le rite n'est pas la succession des mets mais la durée de la table : manger est un prétexte à la rencontre et au jeu de l'esprit.
Signature : Le café noir serré du comptoir
Breton, frugal et nocturne, faisait du café fort le carburant des soirées surréalistes : un petit noir amer, sans sucre ou presque, bu debout au zinc ou attablé pendant des heures. C'est la note récurrente de toute sa table — amertume, vapeur, et l'œil ouvert sur le merveilleux.

André Breton à table

1896 — 1966

5 recettes d’époque