Pain perdu du poète sans le sou
Tranches de pain rassis trempées dans un mélange d'œuf, de lait et de sucre, dorées à la poêle dans le beurre et saupoudrées de sucre. Tiède, moelleux et caramélisé : la douceur économe des fins de semaine.
Tranches de pain rassis trempées dans un mélange d'œuf, de lait et de sucre, dorées à la poêle dans le beurre et saupoudrées de sucre. Tiède, moelleux et caramélisé : la douceur économe des fins de semaine.
On disait pain perdu, mais rien ne se perd vraiment pour qui sait regarder : la croûte la plus dure renferme encore un festin. Dans nos années maigres, je trempais ces tranches oubliées dans le lait et l'œuf, et la poêle me les rendait dorées, transfigurées — n'est-ce pas là le plus humble des merveilleux ? Mangez-les tièdes, sous un voile de sucre, à l'heure incertaine où l'on n'a plus faim de dîner mais où la nuit commence.
- •Pain rassis — les tranches qui restent (base récupérée)
- •Œufs — un ou deux (liant)
- •Lait — un bol (trempage)
- •Sucre — à volonté (douceur)
- •Beurre — une noix (cuisson dorée)
Pain perdu du poète sans le sou
Tranches de pain rassis trempées dans un mélange d'œuf, de lait et de sucre, dorées à la poêle dans le beurre et saupoudrées de sucre. Tiède, moelleux et caramélisé : la douceur économe des fins de semaine.
Pourquoi ce plat ? Breton connut des années de gêne matérielle à Montmartre, où l'on ne jetait rien. Le pain perdu — pain rassis ressuscité dans l'œuf, le lait et le sucre — est le dessert-en-cas du pauvre par excellence, une petite douceur improvisée qui transforme le rebut en festin, geste presque surréaliste.
On disait pain perdu, mais rien ne se perd vraiment pour qui sait regarder : la croûte la plus dure renferme encore un festin. Dans nos années maigres, je trempais ces tranches oubliées dans le lait et l'œuf, et la poêle me les rendait dorées, transfigurées — n'est-ce pas là le plus humble des merveilleux ? Mangez-les tièdes, sous un voile de sucre, à l'heure incertaine où l'on n'a plus faim de dîner mais où la nuit commence.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain rassis — les tranches qui restent (base récupérée)
- Œufs — un ou deux (liant)
- Lait — un bol (trempage)
- Sucre — à volonté (douceur)
- Beurre — une noix (cuisson dorée)
Ingrédients
- Pain rassis (baguette ou brioche) — 8 tranches (base récupérée)
- Œufs — 2 (liant)
- Lait — 25 cl (trempage)
- Sucre — 3 c. à soupe (+ pour saupoudrer) (douceur)
- Beurre — 30 g (cuisson dorée)
- Vanille ou cannelle — facultatif, une pincée (parfum)
Préparation
- Battre les œufs avec le lait, le sucre et éventuellement la vanille.
- Tremper chaque tranche de pain rassis dans le mélange jusqu'à ce qu'elle s'imbibe sans se déliter.
- Faire fondre le beurre dans une poêle chaude.
- Dorer les tranches 2 à 3 min de chaque côté jusqu'à belle couleur caramélisée.
- Saupoudrer de sucre et servir tiède.
Comment on faisait : Le pain perdu est un plat d'économie immémorial : on ne jetait jamais le pain, denrée presque sacrée. Cuit au beurre ou au saindoux sur le coin du fourneau, il servait de goûter aux enfants comme de dessert improvisé dans les foyers modestes.
Le twist contemporain : Présenté en petites bouchées empilées, arrosées d'un filet de miel — un cadavre exquis sucré à partager autour de la table.
André Breton · Charactorium