Le petit noir serré de la Place Blanche
Un café noir corsé, peu ou pas sucré, servi en petite tasse. Amertume franche, vapeur chaude : la boisson rituelle des après-midi et soirées surréalistes.
Un café noir corsé, peu ou pas sucré, servi en petite tasse. Amertume franche, vapeur chaude : la boisson rituelle des après-midi et soirées surréalistes.
Le café, mes amis, n'est pas une boisson : c'est une convocation. Chaque jour, à la Place Blanche, je le voulais noir et serré, sans qu'on l'alourdît de trop de sucre, car l'esprit doit rester en éveil quand on traque le merveilleux. Faites-le fort, versez-le brûlant, et qu'il tienne la table ouverte jusqu'à ce que la nuit nous livre ses images. Une tasse, puis une autre — c'est ainsi qu'on prolonge la conversation au-delà du raisonnable.
- •Café moulu fin, torréfaction foncée — généreusement (corps et amertume)
- •Eau — frémissante (extraction)
- •Sucre — facultatif, un demi-morceau (à peine adoucir)
Le petit noir serré de la Place Blanche
Un café noir corsé, peu ou pas sucré, servi en petite tasse. Amertume franche, vapeur chaude : la boisson rituelle des après-midi et soirées surréalistes.
Pourquoi ce plat ? Breton tenait quotidiennement salon au Café de la Place Blanche, près de la rue Fontaine : c'est là, autour de cafés serrés, que se réunissait le groupe surréaliste et que naissaient débats, jeux et exclusions. Le café était le combustible de ces séances interminables.
Le café, mes amis, n'est pas une boisson : c'est une convocation. Chaque jour, à la Place Blanche, je le voulais noir et serré, sans qu'on l'alourdît de trop de sucre, car l'esprit doit rester en éveil quand on traque le merveilleux. Faites-le fort, versez-le brûlant, et qu'il tienne la table ouverte jusqu'à ce que la nuit nous livre ses images. Une tasse, puis une autre — c'est ainsi qu'on prolonge la conversation au-delà du raisonnable.
Ingrédients (version d’époque)
- Café moulu fin, torréfaction foncée — généreusement (corps et amertume)
- Eau — frémissante (extraction)
- Sucre — facultatif, un demi-morceau (à peine adoucir)
Ingrédients
- Café en grains torréfaction foncée, fraîchement moulu — 9 g par tasse (corps et amertume)
- Eau à 92-94 °C — 30-40 ml par tasse (expresso) ou 12 cl (filtre serré) (extraction)
- Sucre de canne — facultatif, au goût (adoucir légèrement)
Préparation
- Moudre le café finement juste avant de l'utiliser pour préserver les arômes.
- Préparer un expresso court et corsé, ou un café filtre très dosé (peu d'eau, beaucoup de mouture).
- Verser dans une petite tasse préchauffée.
- Servir brûlant, sucre à part — Breton le prenait à peine adouci.
- Le boire en compagnie, attablé, en laissant la conversation s'installer.
Comment on faisait : Dans les cafés parisiens de l'entre-deux-guerres, le percolateur trônait derrière le zinc et débitait des petits noirs à la chaîne. La tasse de café donnait droit à des heures de table : pour le prix d'un café, écrivains et artistes occupaient la banquette tout l'après-midi.
Le twist contemporain : Servi avec un carré de chocolat noir amer et un verre d'eau pétillante, comme un clin d'œil au rituel des terrasses.
André Breton · Charactorium