La carte de André Breton
Café du comptoir

Le petit noir serré de la Place Blanche

BoissonDocumentéefacile5 min

Un café noir corsé, peu ou pas sucré, servi en petite tasse. Amertume franche, vapeur chaude : la boisson rituelle des après-midi et soirées surréalistes.

Café du comptoir

Un café noir corsé, peu ou pas sucré, servi en petite tasse. Amertume franche, vapeur chaude : la boisson rituelle des après-midi et soirées surréalistes.

Le café, mes amis, n'est pas une boisson : c'est une convocation. Chaque jour, à la Place Blanche, je le voulais noir et serré, sans qu'on l'alourdît de trop de sucre, car l'esprit doit rester en éveil quand on traque le merveilleux. Faites-le fort, versez-le brûlant, et qu'il tienne la table ouverte jusqu'à ce que la nuit nous livre ses images. Une tasse, puis une autre — c'est ainsi qu'on prolonge la conversation au-delà du raisonnable.
André Breton
Ingrédients
  • Café moulu fin, torréfaction foncéegénéreusement (corps et amertume)
  • Eaufrémissante (extraction)
  • Sucrefacultatif, un demi-morceau (à peine adoucir)
Comment on faisait : Dans les cafés parisiens de l'entre-deux-guerres, le percolateur trônait derrière le zinc et débitait des petits noirs à la chaîne. La tasse de café donnait droit à des heures de table : pour le prix d'un café, écrivains et artistes occupaient la banquette tout l'après-midi.