Écrivain français, figure majeure de la littérature du XXe siècle et cofondateur de La Nouvelle Revue française. Son œuvre explore la sincérité, la morale et l'émancipation individuelle. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1947.
André Gide(1869 — 1951)
André Gide
France
6 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Familles, je vous hais !»
« Il faut suivre sa pente, mais en montant.»
Faits marquants
- Publie L'Immoraliste en 1902, roman de l'affranchissement moral
- Cofonde La Nouvelle Revue française (NRF) en 1908-1909
- Publie Les Faux-Monnayeurs en 1925, son seul ouvrage qu'il qualifie de roman
- Dénonce le colonialisme dans Voyage au Congo (1927)
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1947
Œuvres & réalisations
Hymne lyrique à la ferveur, au désir et à la disponibilité, qui marquera des générations de jeunes lecteurs.
Récit où un homme cherche à se libérer des conventions morales ; un des grands textes de la sincérité gidienne.
Roman du renoncement et de l'amour sacrifié à un idéal religieux, miroir inversé de L'Immoraliste.
Œuvre où Gide invente la notion d'« acte gratuit », acte sans motif ni raison, qui fit scandale.
Court récit d'un pasteur aveuglé par sa passion, étude de l'aveuglement moral et religieux.
Son unique « roman » selon lui, construction audacieuse mêlant plusieurs intrigues et une réflexion sur l'écriture elle-même.
Autobiographie d'une grande franchise sur son enfance et sa quête de vérité personnelle.
Soixante ans de notes intimes, témoignage exceptionnel sur la vie intellectuelle et littéraire de son époque.
Anecdotes
En 1913, André Gide est lecteur pour la jeune Nouvelle Revue française. On lui soumet le manuscrit d'un certain Marcel Proust : « Du côté de chez Swann ». Gide le refuse presque sans le lire, jugeant l'auteur mondain et snob. Quand il comprend son erreur, il écrit à Proust que ce refus restera « l'une des plus cuisantes peines de ma vie ».
En 1895, lors d'un voyage en Algérie, le jeune Gide croise à Blida l'écrivain irlandais Oscar Wilde et son ami Lord Alfred Douglas. Cette rencontre, qui pousse Gide à s'interroger sur sa liberté et ses désirs, marquera profondément sa réflexion sur la sincérité, thème central de toute son œuvre.
En 1918, sa femme Madeleine, blessée par la conduite d'André, brûle toutes les lettres qu'il lui avait écrites depuis l'adolescence. Gide, qui les considérait comme ce qu'il avait écrit de plus précieux, pleura plusieurs jours : il avait l'impression d'avoir perdu « le meilleur de lui-même ».
En 1925-1926, Gide traverse l'Afrique-Équatoriale française et découvre les abus du travail forcé imposé aux populations par les grandes compagnies coloniales. Son récit « Voyage au Congo » dénonce ces violences et provoque un débat au Parlement français : la littérature devient pour lui une arme politique.
Enthousiasmé par le communisme, Gide se rend en URSS en 1936. Mais il y découvre la pauvreté, la surveillance et le culte de Staline. À son retour, il publie « Retour de l'U.R.S.S. », un livre critique qui lui vaut la rupture avec de nombreux amis de gauche, mais qui témoigne de son exigence de vérité.
Sources primaires
Familles, je vous hais ! foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur.
Je suis né le 22 novembre 1869. Mes parents occupaient alors, rue de Médicis, un appartement au quatrième ou cinquième étage.
Je doute qu'en aucun autre pays aujourd'hui, fût-ce dans l'Allemagne de Hitler, l'esprit soit moins libre, plus courbé, plus craintif, plus vassalisé.
Le plus souvent, je n'écris dans ce carnet que pour combler l'attente, dans les heures où l'œuvre véritable ne se laisse pas saisir.
Lieux clés
Gide naît rue de Médicis en 1869 et meurt rue Vaneau en 1951 ; la capitale est le centre de sa vie littéraire et de la NRF.
Château de la famille de sa femme Madeleine, en Seine-Maritime, où Gide passe de longues périodes à écrire et à lire.
Berceau de la famille protestante de son père, où Gide passe une partie de son enfance et qu'il évoque dans ses souvenirs.
Lors de séjours décisifs dès 1893-1895, Gide y découvre une autre liberté et y rencontre Oscar Wilde ; il s'y réfugiera pendant la guerre.
Étape de son voyage en Afrique-Équatoriale française en 1925-1926, qui inspire son récit dénonçant les abus coloniaux.
Objets typiques

Gide a tenu un journal intime durant plus de soixante ans, y notant ses lectures, ses doutes et ses rencontres. Ce Journal est devenu une œuvre littéraire à part entière.

Pianiste passionné, Gide jouait Chopin presque chaque jour et lui a consacré un essai. La musique rythmait sa vie d'écrivain.

Revue littéraire cofondée par Gide en 1908, devenue le cœur de la vie littéraire française et l'origine des éditions Gallimard.

Grand voyageur, Gide parcourt l'Afrique du Nord puis le Congo avec ses malles, ramenant carnets et impressions qui nourrissent ses récits.

Instruments du travail quotidien de l'écrivain, avec lesquels Gide rédigeait romans, récits et son immense correspondance.

Dans le château normand de Cuverville, Gide travaillait entouré de milliers de livres, lieu de lecture, de traduction et d'écriture.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Gide se lève tôt et consacre ses matinées à l'écriture et à la lecture, dans le silence de son cabinet de travail. Il note ses pensées dans son Journal et reprend ses traductions, notamment de Shakespeare et de Conrad.
Après-midi
L'après-midi, il marche, reçoit des amis écrivains ou s'occupe des affaires de la NRF, lisant les manuscrits que de jeunes auteurs lui adressent. Il aime aussi nager et faire de longues promenades dans la campagne normande.
Soir
Le soir, Gide se met souvent au piano pour jouer Chopin, qu'il vénère, avant de poursuivre ses lectures à la lampe. Les soirées sont consacrées à la correspondance, qu'il entretient avec de nombreux intellectuels d'Europe.
Alimentation
Issu de la bourgeoisie aisée, Gide mange simplement et sans excès, appréciant les produits frais. En voyage, en Afrique du Nord ou au Congo, il s'adapte aux nourritures locales, fidèle à son goût de la découverte.
Vêtements
Gide porte le costume sobre du bourgeois lettré du début du XXe siècle : veste de tweed, gilet, chemise à col, parfois une cape ou une pèlerine. En voyage, il adopte des tenues plus pratiques, chapeau de toile et vêtements clairs adaptés à la chaleur.
Habitat
Il partage sa vie entre Paris, où il occupe des appartements, et le château familial de Cuverville en Normandie, vaste demeure entourée de jardins. Ces maisons confortables, emplies de livres et d'un piano, sont des lieux de travail studieux.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Nourritures terrestres
1897
L'Immoraliste
1902
La Porte étroite
1909
Les Caves du Vatican
1914
La Symphonie pastorale
1919
Les Faux-Monnayeurs
1925
Si le grain ne meurt
1926






