Le repas bourgeois français, du potage à l'entremets
À la table de Gide, le repas suit l'ordonnance de la bonne bourgeoisie protestante : un potage ou un œuf pour ouvrir, une pièce de viande ou de poisson avec sa garniture de saison, un fromage, puis un entremets sucré. À Cuverville on mange normand et frugal ; mais les carnets de voyage rapportent l'irruption des saveurs d'Alger et du Congo, qui bousculent cet ordre sage. On distingue ici le 'plat de famille' (quotidien, normand), la 'pièce de réception' (festif, NRF), le 'vivre de route' (voyage, Afrique du Nord) et la 'boisson de soif'.
Signature : Le beurre et la crème de Normandie, contre l'épice du Sud
Toute la cuisine de Gide tient dans cette tension : la douceur laitière de Cuverville, héritée de sa famille normande, et la sécheresse parfumée des cuisines d'Alger et de Biskra qu'il découvre en voyage. Le beurre fin est sa signature de table, la coriandre et le cumin sa signature de voyageur.
André Gide à table
1869 — 1951
5 recettes d’époque
QuotidienSole normande à la crème de Cuverville
Plat de famille (la pièce du repas quotidien)
🧂 🍄· 45 min
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FestifPoularde à la crème et aux morilles, dîner de la NRF
Pièce de réception (le plat des soirs où l'on reçoit)
🧂 🍄· 1 h 15
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VoyageTajine d'agneau aux coings et au cumin, de Biskra
Vivre de route (la nourriture du voyage, prise chez l'habitant)
🧂 🍯 🌶️· 2 h 15
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BoissonThé vert à la menthe du Sud algérien
Boisson de soif (le rite de l'hospitalité, à toute heure)
🍯 ☕· 15 min
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ConservationPommes au four à la crème, entremets de Cuverville
Entremets sucré (la douceur qui ferme le repas familial)
🍯 🍋· 50 min
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