Antonio Machado(1875 — 1939)
Antonio Machado
Espagne
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Antonio Machado est un poète espagnol né à Séville en 1875 et mort en exil à Collioure en 1939. Figure majeure de la génération de 98, il a chanté les paysages de Castille et la mémoire de l'Espagne avant de fuir le franquisme.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Voyageur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant. »
« Une des plus grandes erreurs est de croire que tout est compris quand on est jeune. »
Faits marquants
- Naît à Séville en 1875 dans une famille d'intellectuels libéraux liée à l'Institution libre d'enseignement.
- Publie Soledades (1903) puis Campos de Castilla (1912), recueil emblématique de la génération de 98.
- Devient professeur de français dans plusieurs lycées de province (Soria, Baeza, Ségovie).
- Engagé du côté républicain pendant la guerre civile espagnole (1936-1939).
- Meurt en exil à Collioure, en France, en février 1939, peu après avoir franchi la frontière.
Œuvres & réalisations
Premier recueil, intimiste et mélancolique, marqué par le symbolisme et le souvenir.
Version enrichie de Soledades, qui établit sa voix poétique intérieure et rêveuse.
Son chef-d'œuvre : il y peint les paysages et l'âme de la Castille, ouvrant la poésie sur l'Espagne et l'histoire.
Recueil de poèmes courts et de proverbes inspirés de la sagesse populaire.
Drames en vers (dont La Lola se va a los puertos) écrits à quatre mains et joués avec succès à Madrid.
Recueil en prose des réflexions ironiques et philosophiques de son professeur imaginaire, paru d'abord dans la presse.
Poème bouleversant écrit après l'assassinat de Federico García Lorca, devenu un symbole de la résistance républicaine.
Anecdotes
En février 1939, fuyant l'avancée des troupes franquistes, Antonio Machado traverse à pied les Pyrénées sous la pluie avec sa vieille mère, Ana Ruiz. Épuisés, ils arrivent au petit port français de Collioure. Le poète meurt moins d'un mois plus tard, le 22 février ; sa mère s'éteint à son tour trois jours après lui.
À sa mort, on retrouva dans la poche de son manteau un bout de papier froissé portant son tout dernier vers : « Estos días azules y este sol de la infancia » (« Ces jours bleus et ce soleil de l'enfance »). C'est le souvenir lumineux de son enfance sévillane qui hantait le poète mourant en exil.
Machado inventa un poète imaginaire, Juan de Mairena, un vieux professeur philosophe à qui il prêta des aphorismes pleins d'humour et de sagesse. Ce double littéraire lui permit de glisser dans la presse, entre 1934 et 1936, des réflexions ironiques sur l'Espagne, la politique et l'éducation.
En 1907, Machado obtient un poste de professeur de français au lycée de Soria, en pleine Castille. Il y rencontre Leonor Izquierdo, qu'il épouse en 1909 alors qu'elle n'a que 15 ans. La jeune femme meurt de tuberculose en 1912, et ce deuil bouleverse durablement sa poésie.
Antonio et son frère aîné Manuel, lui aussi poète, écrivirent ensemble plusieurs pièces de théâtre à succès dans les années 1920. Mais la guerre civile les sépara dans des camps opposés : Manuel resta du côté franquiste tandis qu'Antonio défendit la République jusqu'à l'exil.
Sources primaires
« Je vais rêvant des chemins du soir. Les collines dorées, les pins verts, les chênes poussiéreux !... Où peut bien mener ce chemin ? »
« Voyageur, ce sont tes traces le chemin, et rien d'autre ; voyageur, il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant. »
« La vérité est ce qu'elle est, et reste vraie même si on pense le contraire. »
« On l'a vu marcher entre les fusils, par une longue rue, sortir dans la campagne froide, encore avec les étoiles du petit matin. »
Lieux clés
Ville natale de Machado, où il naît en 1875 au Palais des Dueñas ; le « soleil de l'enfance » sévillane le hantera jusqu'à sa mort.
Ville de Castille où il enseigne le français, rencontre et épouse Leonor, et qui inspire Campos de Castilla.
Machado y séjourne dès 1899 comme traducteur et y découvre le symbolisme ; il y croise Rubén Darío et Oscar Wilde.
Petite ville d'Andalousie où il enseigne après la mort de Leonor, plongé dans le deuil et l'écriture.
Port français des Pyrénées-Orientales où Machado, réfugié et épuisé, meurt le 22 février 1939 ; sa tombe y est devenue un lieu de mémoire.
