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La sufra persane (la nappe dressée)
Au temps d'Avicenne, on ne sert pas en « entrée-plat-dessert » mais on dresse la sufra, une nappe posée à même le sol ou sur une estrade basse, où tout arrive ensemble : le pain de froment qui sert de socle et de couvert, un âsh (potage épais) qui ouvre l'appétit, un khorâk de viande mijotée pour l'honneur des convives, des boissons médicinales (sharâb), et des douceurs au miel et à l'amande. L'ordre est libre : chacun pioche selon son tempérament, principe cher au médecin de Boukhara qui ajustait les mets aux humeurs de chacun.
Signature : Le murri (condiment fermenté de l'âge d'or)
Sauce sombre obtenue par longue fermentation d'orge et de farine salées, le murri est l'équivalent oriental du garum romain : quelques gouttes apportent une profondeur umami à presque tout. Il parfume les bouillons et les ragoûts de la cuisine de Bagdad à Boukhara, et figure dans les livres de cuisine du Xe siècle qu'Avicenne aurait pu consulter.

Avicenne à table

980 — 1037

5 recettes d’époque